Voie d’accouchement : Les gestantes déclenchées
avaient accouché par voie basse dans 156 cas
(92,31%). Les 13 autres (7,69%) avaient accouché
par césarienne. La césarienne a été décidée pour
dystocie de démarrage dans 8 cas (4,73%) et pour
asphyxie périnatale dans 5 cas (2,96%).
Suites du post-partum immédiat : Les suites du
post-partum étaient simples dans 161 cas (95,27%).
L’hémorragie du post-partum immédiat était
retrouvée dans 8 cas (4,73%) liée à une rétention des
débris placentaires. Aucun décès maternel ou
néonatal n’a été enregistré.
DISCUSSION
Aspects épidémiologiques
La fréquence du déclenchement artificiel du travail
d’accouchement est variable d’une région à l’autre et
d’un établissement sanitaire à l’autre. Cette
fréquence dans notre étude au CHUME était de
2,40%. Elle est proche de de la fréquence de certains
auteurs qui ont respectivement 2,49%, 2,31%, et
2,8% [7,9,10]. Le taux de déclenchement est plus
élevé dans les pays développés que dans les pays en
développements, 22,1% en 2004 aux Etats-Unis [4]
et 22,6% en 2010 en France [3]. Cela s’expliquerait
par les diagnostiques plus évolués. Concernant l’âge
la tranche d’âge la plus représentée est celle de 20-
29 ans avec 53,25% Cette forte représentation de
cette tranche de 20-29 ans est inférieure de celle de
Coulibaly [9], qui observe 56,86% pour la tranche de
28-32 ans. C’est la tranche d’âge où l’on enregistre
le plus grand nombre d’accouchements. Par rapport
à la parité des gestantes déclenchées, les nullipares
étaient les plus représentées (38,46%), tendance
retrouvée par Eriksson et al [11]. Quant au niveau
d’instruction, les gestantes déclenchées n’avaient
aucun niveau d’instruction pour 79,9% d’entre elles.
Ce taux est supérieur celui de Dolo [5] qui a trouvé
60,75% de parturientes sans niveau d’instruction. A
propos du statut matrimonial, les gestantes mariées
étaient les plus représentées (83,4%), proportion qui
était proche de celle Dolo [5] qui est de 85,1%. Cela
s’expliquerait par le fait que la culture aussi bien
Tchad qu’au Mali ne tolère pas la survenue d’une
grossesse hors mariage. Le foyer légitime apparait
comme le lieu idéal pour faire des enfants.
Aspects cliniques
En ce qui concerne le mode d’admission la majorité
des gestantes déclenchées étaient venues d’elle-
même dans le service (65,09%). Ce résultat est
inférieur à ceux d’autres auteurs qui ont rapporté
respective 75% et 80,39 de gestantes venues d’elle-
même [5,9]. Quant aux antécédents médicaux le
paludisme sur grossesse était l’affection la plus
signalée (21,89%) L’antécédent d’HTA était
retrouvé dans 2,37% des cas. Ce taux est inférieur à
ceux obtenus par Dolo et Coulibaly [5,9]
respectivement 11,11% et 19,6%. Les principales
indications du déclenchement du travail
d’accouchement dans notre étude étaient la rupture
prématurée des membranes (RPM), dans 36,09% et
la mort fœtale in utero (MFIU) dans 26,03%. Ces
indications sont pratiquement les mêmes chez
plusieurs auteurs [5,9,12-14]. Le taux de RPM de
notre étude est inférieur à celui de Coulibaly (40,2%)
[9], mais supérieur à celui de Dolo (27,15%) [5]. La
MFIU était plus enregistrée dans notre étude que
celle de Dolo (11,25%) [5]. Le score de Bishop
favorable (≥6) contribue favorablement à la réussite
du déclenchement artificiel. Ce score était mauvais
dans 97,63% des cas. Ce taux est supérieur à celui de
Dolo [5] qui a trouvé 81,25% de mauvais score de
Bishop. La maturation du col utérin était nécessaire
dans les cas de mauvais score de Bishop.
Cette tranche du score d’APGAR à priori mauvais
pour le déclenchement par contre dans les deux
études le taux d’accouchement par la voie basse est
respectivement de 92% et 98,77% de cas d’où le rôle
de la maturation cervicale dans l’amélioration du
score de Bishop.
Aspects thérapeutiques et pronostiques
La maturation du col utérin était faite plus souvent
avec le misoprostol (81,07%). La dose la plus
utilisée était celle de 50 µg, c’est-à-dire ¼ de
comprimé de 200 µg. Le misoprostol dont
l’utilisation est mentionnée par plusieurs auteurs
[15-18]. Après la maturation par le misoprostol, le
déclenchement des gestantes était souvent faite avec
la perfusion d’ocytocine (62,72%). Les gestantes qui
ont utilisées ocytocine seul pour le déclenchement
sont 2, 37% ce résultat est inférieur à celui de
Sangaré [6] qui trouve un taux de 93,6% de cas. Quel
que soit la méthode utilisée pour la maturation
cervicale, nous avons observé l’apparition des
contractions utérines dans les 5 heures pour 68,64%
des gestantes déclenchées.
A propos la durée de l’accouchement la majorité des
gestantes déclenchées avec la maturation au
misoprostol ont accouché entre 8 et 24 heures
(79,56%). Ce taux d’accouchement est comparable à
celui de Coulibaly [9] qui a eu un taux
d’accouchement de 89,22% entre 8 et 24 heures.
L’accouchement s’était fait par voie basse dans
92,31%, taux superposable à celui de Coulibaly [9],
92,16%, légèrement en dessous de celui de Dolo [5],
98,77%. Ces taux élevés pourraient s’expliquer par
le fait que les indications étaient bien posées et les
antécédents des gestantes étaient favorables.
Du point de vue du pronostic materno-fœtal il n’y a
eu pas de décès maternel ou néonatal. Cela