ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 10, N°003/Décembre 2024 - 38
ARTICLE ORIGINAL
Diagnostic biologique de l’infection tuberculeuse latente chez les PVVIH à Bangui
Biological diagnosis of latent tuberculosis infection among PLHIV in Bangui
Gilles Stéphane Landry Ngaya1, Alain Farra2, Gaspard Tekpa3, Thierry Ouaka2, Hortense Honisset4, Brice
Martial Yambiyo5, Boris Jolly Lokoti2, Hervé Gando6, Olivia Mbitikon-Dotar7, DésiKomangoya7, Ibrahim
Bahsoun1.
1. Laboratoire d’analyses médicales, Institut Pasteur de Bangui ;
2. Laboratoire National de Référence de la Tuberculose, Institut Pasteur de Bangui ;
3. Service des maladies infectieuses, CHU de l’Amitié Sino-Centrafricaine ;
4. Centre National de Référence des Infections Sexuellement Transmissibles et de la Thérapie Anti
Rétrovirale ;
5. Faculté des sciences - Université de Bangui ;
6. Programme National de Lutte contre la Tuberculose, Ministère de la santé et de la population ;
7. Points focaux TB/VIH, Organisation Mondiale de la Santé, Bangui.
Adresse auteur correspondant : Gilles Stéphane Landry Ngaya
Laboratoire d’Analyses Médicales - Institut Pasteur de Bangui, BP 923, Bangui (République Centrafricaine).
Tel : (+236) 72 90 66 08 / 75 54 05 40. E mail : nyages77@yahoo.fr ; gilles.ngaya@pasteur-bangui.cf
Reçu le 30/07/2024 ; Accepté le 27/11/2024
RESUME
Objectif : Evaluer la prévalence des Infections
Tuberculeuses Latentes (ITL) chez les PVVIH à
Bangui.
Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude
transversale d’une durée de 6 mois (juin à décembre
2022) menée sur des PVVIH au Laboratoire
National de Référence de la Tuberculose à l’Institut
Pasteur de Bangui. Les PVVIH nouvellement
dépistés, ceux qui étaient sous ARV de moins de 6
mois et ceux en échec virologique en absence de tout
signe de tuberculose active ont été testés avec le
Quantiferon® TB Gold Plus pour le dosage par test
ELISA de l’interron-γ induite par des peptides
antigéniques simulant les protéines membranaires du
Mycobacterium du complexe tuberculosis.
Résultats : Au total 499 patients ont été inclus, la
moyenne d’âge était de 42,6 ans et le sexe-ratio était
de 0,3. Les résultats des tests Quantifero ont
montré que 56,3% (281/499) des PVVIH avaient un
test positif, 1,6% (8/499) avait une réponse
indéterminée et 42,1% (21/499) étaient négatifs. La
proportion des positifs parmi les PVVIH
nouvellement dépistés, Sous ARV depuis moins de
six mois et en échec virologique, était
respectivement de 60,6%, 57,1% et 56,9%.
Conclusion : Le diagnostic biologique de l’ITL,
permet d’orienter le traitement préventif intermittent
et d’éviter la surcharge thérapeutique chez les
PVVIH.
Mots clés : Tuberculose, Latence, PVVIH,
Quantiferon, Interféron-γ.
ABSTRACT
Objective: To assess the prevalence of latent
tuberculosis infection (LTBI) among people living
with HIV (PLHIV) in Bangui.
Patients and Methods: This was a cross-sectional
study conducted over a 6-month period (June to
December 2022) among PLHIV at the National
Tuberculosis Reference Laboratory of the Pasteur
Institute in Bangui. Newly diagnosed PLHIV, those
on antiretroviral therapy (ART) for less than 6
months, and those with virological failure, all
without clinical signs of active tuberculosis, were
tested using the QuantiFERON®-TB Gold Plus
assay. Interferon-γ levels were measured by ELISA
following stimulation with antigenic peptides
mimicking membrane proteins of the
Mycobacterium tuberculosis complex.
Results: A total of 499 patients were included. The
mean age was 42.6 years, with a sex ratio of 0.3.
QuantiFERON® test results showed that 56.3%
(281/499) of PLHIV had a positive result, 1.6%
(8/499) had an indeterminate response, and 42.1%
(210/499) were negative. The proportion of positive
results among newly diagnosed PLHIV, those on
ART for less than 6 months, and those with
virological failure was 60.6%, 57.1%, and 56.9%,
respectively.
Conclusion: Biological diagnosis of LTBI helps
guide the initiation of preventive therapy and may
reduce unnecessary treatment burden among
PLHIV.
Keywords: Tuberculosis; latency infection; PLHIV;
QuantiFERON; interferon-γ.
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INTRODUCTION
L’infection tuberculeuse latente (ITL) est une
infection par le bacille tuberculeux sans que les
symptômes, les signes cliniques et les éléments
d’imagerie tuberculeuse ne soient visibles [1]. Elle
traduit une réponse immunitaire persistante aux
antigènes de Mycobacterium tuberculosis. Elle
affecte 23% de la population mondiale, soit environ
1,7 milliards de personnes et constitue le réservoir de
nombreux cas émergents de tuberculose active [2].
Le Sud-Est Asiatique (30%), la région du Pacifique
(28%) et l’Afrique (22%) sont les régions les plus
affectées cumulant environ 80% des cas d’ITL [3].
Dans la région Europe de l’OMS, cette prévalence
est estimée à 14%. Globalement, environ 6% des ITL
affectent les enfants de moins de 15 ans, mais cette
proportion varie selon les régions, allant de 2% dans
la région Européenne à 13% en Afrique [4]. La RCA
reste à ce jour l’un des cinq pays dont l’incidence de
la tuberculose active est supérieure à 500 cas
/100.000 habitants (540/100.000) [5]. Sur le plan
national de diagnostic biologique des ITL n’est pas
encore effectif par manque d’un test spécifique.
Selon les Directives nationales de prise en charge,
les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) n’ayant
pas de signe de tuberculose active (TBA) sont traités
systématiquement par le traitement préventif
intermittent faisant appel à l’isoniazide (INH) en
monothérapie pendant 6 mois chez l’adulte et
l’association rifampicine et INH chez l’enfant [6].
Les PVVIH atteintes d’une ITL du fait de
l’immunodépression présentent un risque accru de
développer la TBA par rapport à la population
générale [7]. Celle-ci résulte le plus souvent de la
réactivation de l’infection tuberculose latente. Par
ailleurs, la tuberculose active est souvent de
diagnostic plus difficile chez les PVVIH du fait de la
faible excrétion bacillaire, avec une fréquence
accrue de formes extra pulmonaires. Afin de
diminuer ces risques, l’OMS recommande le
dépistage et le traitement de l’ITL dans cette
population [7,8]. C’est dans ce contexte que cette
étude est menée avec pour objectifs d’évaluer la
prévalence des ITL chez les PVVIH à Bangui.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale d’une durée de
6 mois, du 1er janvier au 30 juin 2022 au laboratoire
de référence de la tuberculose à l’Institut Pasteur de
Bangui. La population de l’étude était constituée des
PVVIH recrutées dans un centre de traitement
ambulatoire à savoir le Centre National de Référence
des Infections Sexuellement Transmissibles et de la
Thérapie Antirétrovirale (CNRISTTAR) et un centre
hospitalier à savoir le service des maladies
infectieuses du CHU de l’Amit Sino-
Centrafricaine (CHU-ASC). Les critères d’inclusion
étaient les PVVIH nouvellement dépistées, mis sous
ARV depuis moins de 6 mois et les PVVIH sous
ARV de plus 6 mois en échec virologique c’est-à-
dire ayant plus de 1000 copies/ml de charge virale en
dehors de tout signe de TBA. Les critères de non-
inclusion étaient la présence des signes de TBA à
savoir une toux supérieure à 2 semaines, la sueur
nocturne, la fièvre, la perte de poids et la notion de
contage tels que définis par le Programme National
de Lutte contre la Tuberculose (PNLT). Les données
ont été collectées à l’aide d’une fiche d’enquête
prenant en compte l’âge, le sexe, l’origine des
patients et les différentes catégories des PVVIH
telles que mentionnées dans les critères d’inclusion.
L’échantillonnage exhaustif avait pris en compte
toutes les PVVIH répondant aux critères d’inclusion
sur les deux sites pendant la période de l’étude. Au
laboratoire, le diagnostic de l’ITL a été fait par les
tests Quantiferon TB Gold Plus (QTF®-Plus) de
QIAGEN® dont le principe réside dans le dosage par
le test ELISA de l’Interféron Gamma (Interferon-γ)
en réponse à la stimulation des lymphocytes T par
des peptides antigéniques dérivées des protéines
membranaires des mycobactéries du complexe
tuberculosis mais non retrouvées chez la souche
vaccinale du BCG et les mycobactéries non
tuberculeuses ou atypiques. Ces peptides sont la
ESAT-6, la CFP-10 et la TB 7.7. Le QTF®-Plus
contient quatre tubes : Un tube gris appeNIL qui
ne contient aucun des antines, servant de contrôle
négatif du test. Un tube vert et un tube jaune
respectivement dénommés TB1 et TB2 contenant la
ESAT-6, la CFP-10 qui permettent la libération de
l’Interferon-γ par les lymphocytes TCD4, le TB2
contient en plus la TB 7.7 permettant la libération de
l’Interferon-γ par les lymphocytes TCD8 en cas
d’effondrement des lymphocytes TCD4 en présence
d’une immunodépression profonde, ce qui peut se
traduire par une faible réponse à la stimulation dans
le TB1. Le dernier tube qui est un tube violet appe
tube M (ou Mitogène) contient la Phyto-
hémagglutinine A (PHA) qui permet la libération de
l’Interferon-γ par tous les lymphocytes T, qui devait
servir de contrôle positif du test [9] (figure 1).
Figure 1 : Composition des 4 tubes utilisés dans le
Quantiferon® TB Gold Plus
Source : Laboratoire de Référence de la tuberculose,
Institut Pasteur de Bangui
Pour la réalisation du test, 8 ml de sang ont é
prélevés sur tube hépariné. Après homogénéisation,
1 ml de sang est transféré dans chaque tube
Quantiferon (Nil, TB1, TB2, Mitogène). Après avoir
mélangé en inversant doucement le tube 10 fois pour
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que le sang recouvre toutes les parois internes des
tubes, les tubes sont incubés à 37°C pendant 24
heures puis centrifugés à 3000 tours/min pendant 15
mn et le plasma est aliquoà raison de 150 µl et
conserver à 4°C pendant 28 jours dans l’attente de la
réalisation du test ou à -80°C pour des longues
durées. Les tests ELISA ont ensuite été réalisés selon
le mode opératoire standardisé avec 50 µl de plasma.
Les plaques des tests ELISA ont été lues sur le
lecteur ELISA Biotek® 800 TS. Les densités
optiques ont été intégrées dans le logiciel QFT-
Plus® Analysis, ce qui a permis d’effectuer les
contrôles qualité du test, de calculer et d’interpréter
les résultats. Les résultats étaient considérés comme
positifs lorsque la concentration de l’Interféron-γ
« TB1 - NIL » ou « TB2 - NIL » était supérieure à
0,35 UI/ml et négatif lorsqu’elle était inférieure à
0,35 UI/ml. Le test était indéterminé lorsque la
concentration de l’Interféron-γ dans le tube M
contenant le PHA était inférieure à 0,5 UI/ml. Tous
les résultats ont été consigs dans une base de
données Excel et analysés avec le logiciel Stata
version 14. Pour les variables qualitatives, des
proportions ont été déterminées et le test de Khi2 a
été utilipour la comparaison des proportions au
seuil de significativité de 5%. Pour les variables
quantitatives, la moyenne, la médiane ainsi que les
extrêmes ont été calculés.
RESULTATS
Caractéristiques de la population d’étude : durant
la période de l’étude, 499 PVVIH ont été incluses.
La moyenne d’âge était de 42,6 ans et une médiane
de 42 ans avec des extrêmes de 9 à 76 ans et le sexe
féminin était le plus représenté (74,8%) avec un
sexe-ratio de 0,33. La tranche d’âge de 41 à 60 ans
était plus représentée avec 48,8%. En ce qui
concerne la provenance, 68,1% des PVVIH étaient
inclus au niveau du CHU-ASC et 31,9% du
CNRISTTAR. Les patients en échec virologique
étaient majoritairement représentés avec 91,8%
tandis que les PVVIH nouvellement dépistés et ceux
sous ARV depuis moins de 6 mois n’ont
respectivement représenque 6,8% et 1,4% (tableau
I).
Résultats des tests ELISA Interféron-γ réalisés :
Sur les 499 PVVIH inclus, 281 soit 56,3% avaient
un résultat positif, 210 soit 42,1% un résultat négatif
et 8 soit 1,6% un résultat indéterminé.
Résultats analytiques des PVVIH ayant l’ITL
Age et sexe : La proportion d’ITL positive était la
plus élevée dans chez les patients d’au moins 60 ans
(64,7%) sans différence statistiquement
significative par rapport aux autres tranches d’âge
(p=0,09) (tableau II).
Pour ce qui est du sexe, la prévalence des ITL chez
les hommes était de 58,7% et chez les femmes de
56,2% sans différence significative : p=0,44 (tableau
II).
Provenance des patients
L’ITL était retrouvé chez 58,3% des PVVIH en
provenance du CNRISTTAR, de même 56,7% des
ceux en provenance du CHU-ASC avaient
également l’ITL et la différence observée n’était pas
significative, p = 0,73 (tableau II).
Tableau I : Caractéristiques sociodémographiques
de la population d’étude
Caractéristiques
Effectif
n= 499 (%)
Tranches d’âge
< 20 ans
6 (1,2)
20 à 40 ans
214 (42,9)
41 à 60 ans
243 (48,7)
> 60 ans
36 (7,2)
Sexe
Masculin
126 (25,2)
Féminin
373 (74,8)
Provenance
*CNRISTTAR
159 (31,9)
**CHU-ASC
340 (68,1)
Types de patients
Nouvellement dépistés
34 (6,8)
< 6 mois sous ARV
7 (1,4)
Echec virologique
458 (91,8)
*CNRISTTAR : Centre National de Référence des Infections
Sexuellement Transmissibles et de la Thérapie Anti Rétrovirale
**CHU-ASC : Centre Hospitalier de l’Amitié Sino-
Centrafricaine
Tableau II : Etude analytiques des ITL enregistrées
chez les PVVIH au CNRISTTAR et au CHU-ASC
entre janvier et juin 2022
Caractéristiques
Positifs
n (%)
Négatifs
n (%)
P-value
Tranches d’âge
0,09
< 20 ans
1 (20)
4 (80)
20 à 40 ans
130 (61,3)
82 (38,7)
41 à 60 ans
128 (53,6)
111 (46,4)
> 60 ans
22 (64,7)
12 (35,3)
Sexe
0,44
Féminin
207 (56,2)
161 (43,8)
Masculin
74 (58,7)
52 (41,3)
Provenance
0,73
*CNRISTTAR
91 (58,3)
65 (41,7)
**CHU-ASC
190 (56,7)
145 (43,3)
Types de PVVIH
0,95
Nouvellement dépistés
20 (60,6)
13 (39,4)
Sous ARV < 6 mois
4 (57,1)
3 (42,9)
Echec virologique
257 (56,9)
194 (43,1)
*CNRISTTAR : Centre National de Référence des Infections
Sexuellement Transmissibles et de la Thérapie Anti Rétrovirale
**CHU-ASC : Centre Hospitalier de l’Amitié Sino-
Centrafricaine
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Types des PVVIH
Les types de patients étaient dominés par des PVVIH
en échec virologique (91,8%), la proportion d’ITL
positive était plus élevée chez patients nouvellement
dépistés (60,6%) sans différence significative entre
les groupes (p=0,95) (tableau II).
DISCUSSION
Cette étude avait pour objectif d’évaluer la
prévalence des Infections Tuberculeuses Latentes
(ITL) chez les PVVIH à Bangui qui jusque-
bénéficiaient d’un traitement par l’INH à l’aveugle
en l’absence des signes de tuberculose active (TBA).
Les PVVIH inclus dans cette étude ont été recrutés
dans deux centres, un centre de traitement
ambulatoire et un centre hospitalier. Même si la
population d’étude n’est pas représentative des
PVVIH de la ville de Bangui, les différents groupes
de PVVIH sont représentés à savoir les patients
nouvellement dépistés, ceux qui sont sous ARV
depuis moins de 6 mois et ceux qui sont en échec
virologique. Par ailleurs, le test utilisé à savoir le test
de libération de l’Interféron-γ est l’un des tests les
plus recommandées par l’OMS pour le dépistage des
ITL avec une sensibilité de 94,8% et une spécificité
de 98%. Aussi la validation interne du test, l’analyse
et l’interprétation des résultats à l’aide d’un logiciel
dédié permettent de limiter les erreurs et de
considérer les résultats comme fiables pouvant
refléter l’état des ITL chez les PVVIH.
La prévalence des ITL rapportée au cours de cette
étude était de 56,3%. Les études réalisées sur le
dépistage des ITL chez les PVVIH ont rapporté des
prévalences relativement élevées à savoir 54% et
65% en Ouganda et 67% au Burkina Faso [10-12].
Ces prévalences élevées pourraient s’expliquer par le
niveau de l’immunodépression des patients, le taux
de couverture locale en ARV et la charge élevée de
Mycobacterium tuberculosis dans les pays qui
constitue un facteur clé de risque de la tuberculose
[13]. Devant de telles prévalences, les stratégies des
pays devraient se baser sur le dépistage précoce de
l’infection à VIH et aussi l’instauration systématique
d’un traitement ARV qui pourraient avec le
rétablissement de limmuni réduire le risque de
réactivation de la tuberculose chez les PVVIH car
l’immunosuppression constitue un terrain propice
pour la progression de l’ITL vers la TBA [14].
Il n’a été constaté aucune différence significative
entre les tranches d’âge au cours de cette étude. La
faible prévalence observée dans la tranche d’âge de
moins de 20 ans pourrait s’expliquer par une
moindre exposition aux facteurs favorisants. Les ITL
étaient présentes chez 56,2% de femmes et chez
58,7% d’hommes sans différence significative par
rapport au sexe (avec p = 0,44 (Tableau II). Des
études réalisées au Maroc et au Malawi n’avaient pas
non plus rapporté de différence significative entre la
présence de l’ITL et le sexe [15,16].
La grande partie des PVVIH incluse au cours de cette
étude étaient en échec virologique (91,8%). Ceci
serait dû à la fidélisation de ces patients dans le cadre
de l’observance thérapeutique. Mais la proportion
des PVVIH qui avaient une ITL était plus élevée
parmi les nouvellement dépistées, sans différence
statistiquement significative (p = 0,95). Les ITL
pourraient probablement être uniquement modulées
par le degré d’immunodépression [17,18].
Cependant la non prise en compte du dosage des
CD4 dans le suivi des PVVIH en RCA ne nous a pas
permis d’étudier la corrélation entre le stade
d’immunosuppression et la présence des ITL, ce qui
pourrait faire l’objet d’une étude ultérieure si ce
paramètre est à nouveau pris en compte dans le
paquet minimum d’examen de suivi des PVVIH sous
ARV dans notre pays.
CONCLUSION
Le dosage de l’Interféron-γ à travers les tests
Quantiferon® TB Gold Plus au cours de cette étude
a permis de montrer que 56,3% des PVVIH avaient
une ITL. Les personnes vivant avec le VIH qui
obtiennent un résultat positif pour l’ITL tirent
davantage bénéfice d’un traitement préventif que
celles dont le résultat est négatif pour l’ITL
permettant ainsi l’utilisation rationnelle de
l’isoniazide dans le traitement préventif intermittent.
La recherche systématique des ITL par le dosage de
l’Interféron-γ est une opportunité pour le Programme
National de Lutte contre la Tuberculose pour une
meilleure prise en charge des patients afin de réduire
ces foyers infectieux qui sont des potentiels
réservoirs pour de formes de tuberculose active.
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