DISCUSSION
Paramètres sociodémographiques des
participants : Les professionnels de santé
interviewés dans cette étude étaient majoritairement
des adultes jeunes, de sexe féminin. Ce qui témoigne
de la jeunesse du personnel de santé en Centrafrique.
Abdoulaye et al [4] dans une étude conduite au Niger
ont trouvé des résultats similaires aux nôtres. En effet,
dans son étude, 53,3% des participants avaient un âge
inférieur à 30 ans et 60% étaient de sexe féminin.
Cependant, dans l’étude menée à Strasbourg par
Gronnwald et al. [5], l’âge moyen des participants
était de 40 ans. Aussi, Leye et al. au Sénégal [6]
avaient retrouvé plus d’homme (66,5%) dans leur
résultat. L’effectif du personnel paramédical était
dominant dans notre échantillon. Ils étaient en
majorité des infirmiers ou des Sages-femmes 53,85%.
Cela pourrait s’expliquer par le fait que le personnel
paramédical était plus disposé à participer à l’enquête
que le personnel médical. Ce même constat est fait au
Niger [4].
Connaissance des participants sur la maladie à
Covid-19 : La majorité des participants avait un «
bon » niveau de connaissances des symptômes de la
maladie (90,77%) et des mesures barrières (81,54%),
mais un niveau plus faible de connaissances du mode
de transmission de la Covid-19 (66,93%) et de
l’existence du vaccin contre Covid-19 dans le pays
(59,23%). Dans l’étude de Dara et al. [7] 94,8 % des
personnes interrogées étaient au courant de la
disponibilité d’un vaccin contre la Covid-19. Le
même constat est fait par d’autres auteurs [4]. Pour ce
qui est du niveau de connaissance des mesures
barrières, nos résultats étaient superposables à ceux
d’autres auteurs [ 6, 7].
De l’attitude des participants vis-à-vis du vaccin
contre le Covid-19 : l’acceptation du vaccin était
retrouvée chez la majorité des participants (78,46%).
Ce taux d’acceptation élevé pourrait renforcer la
confiance de la population générale vis-à-vis des
vaccins contre la Covid-19. Dans les études de Dara
et al. [7] en Inde, 89,2% des professionnels de santé
étaient favorables aux vaccins contre la Covid-19, ce
qui est confirmé par une autre étude asiatique réalisée
par Chew N et al. [8]. L’intention vaccinale chez les
professionnels de santé en France était de 75% [9]. En
revanche, cette intention se situait à 51% en Côte
d’Ivoire [10] et à 28% République Démocratique du
Congo [11]. Cependant, cette forte intention
vaccinale dans notre série contraste avec le taux de
couverture vaccinale parmi les travailleurs de santé
qui était de 44,62%. Ce faible taux de couverture
vaccinale observé dans notre série est en conformité
avec le mauvais niveau de connaissance de
l’existence du vaccin dans le pays. Une insuffisance
de sensibilisation sur les vaccins contre la Covid-19
par les services compétents pourrait être à l’origine de
cette situation. Certains auteurs ont affirmé que les
messages diffusés par les médias exercent une
influence sur l’acceptabilité vaccinale dans la
population [10,12]. Malgré ce faible taux de
couverture vaccinale dans notre étude, la quasi-
totalité des agents de santé étaient prêts à
recommander le vaccin contre la Covid-19 à leurs
entourages. Parmi ceux qui n’étaient pas vaccinés
pendant notre étude, 48,61% ont exprimé le désir de
se faire vacciner à la prochaine campagne, tandis que
38,88% étaient restés indécis.
Du niveau de confiance des participants à l’égard
du vaccin contre la Covid-19 : En raison de
l'urgence en santé publique présentée par la pandémie
à Covid-19, les vaccins anti-Covid créés n'ont pas
subi l'ensemble du processus de validation avant
d'être approuvés et autorisés à être utilisés. Cette
situation a suscité des inquiétudes quant à l'innocuité
et à l'efficacité de ces vaccins, ce qui a conduit à un
sentiment de méfiance à l’égard de ces vaccins [13].
En effet, nous avons observé dans notre série que le
manque total ou partiel de confiance était signalé par
plus de la moitié des professionnels de santé
interrogés. Cette situation pourrait être liée d’une part
à la perception qu’a le personnel soignant sur les
vaccins contre la Covid-19 et d’autre part, le manque
de conviction qui a entouré la communication autour
de cette maladie.
Recherche de l’influence du niveau de
connaissance sur la maladie et l’attitude face au
vaccin : Les connaissances sur la maladie sont un
facteur influençant l’attitude du personnel de santé
face au vaccin. En effet, les professionnels de santé
qui avaient des connaissances sur le mode de
transmission et sur l’existence du vaccin étaient ceux
qui étaient les plus vaccinés, avec une différence,
statistiquement significative (p˂0,001) dans les deux
situations. Une étude réalisée dans 12 pays sur
l’acceptation du vaccin contre le Covid-19 parmi les
travailleurs de la santé avait révélé presque la même
problématique. Bien que 69% des participants aient
accepté de se faire vacciner, il y avait une grande
hétérogénéité dans l’accord entre les travailleurs de la
santé des différents pays. Les facteurs prédictifs
potentiels de l'acceptation du vaccin comprenaient