ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 10, N°003/Décembre 2024 - 28
ARTICLE ORIGINAL
Profils épidémio-cliniques et étiologiques des pancytopénies au service d’hématologie
clinique du Centre National de Transfusion Sanguine à Bangui
Epidemiological and clinical profile and etiology of pancytopenia in the hematology
department of the National Blood Transfusion Center in Bangui
Dieu-le-veut Saint-Cyr Sylvestre Packo1, Thierry Kouda1, Pascal Mbelesso2
1. Service d’hématologie clinique, Centre National Transfusion Sanguine, Bangui (RCA),
2. Service de neurologie, Centre National Hospitalier Universitaire Bangui (RCA).
Auteur correspondant : PACKO Dieu-le-veut Saint-Cyr Sylvestre, service d’hématologie clinique. Centre
national de transfusion sanguine, Tél : 0023672421216 ; Email : stcyrpacko@yahoo.fr
Reçu le 02/07/2024 ; Accepté le 23/10/2024
RESUME
Objectif : étudier les profils épidémiologique, clinique
et étiologique des pancytopénies à Bangui.
Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude
transversale à collecte de données antérieures, menée
au service d’hématologie clinique du Centre National
de Transfusion Sanguine du 1ᵉʳ janvier 2021 au 31
décembre 2023 (3 ans). Nous avons inclus, les patients
suivis en consultation externe ou hospitalisés, ayant
présenté simultanément une anémie, une neutropénie et
une thrombopénie. Les paramètres
sociodémographiques, cliniques et biologiques étaient
étudiés. La collecte des données était faite à l’aide
d’une fiche d’enquête. Le logiciel Epi Info 7 a permis
la saisie et l’analyse des données.
Résultats : Sur un total de 243 patients, 137 cas de
pancytopénie étaient identifiés (56,37%). Le sexe
masculin était plus représenté (50,36%) avec un sex-
ratio de 1,01. L’âge moyen des patients était de
49 ± 18,5 ans. Les pancytopénies étaient observées en
majorité dans la tranche d’âge de 26 à 45 ans (24,09%).
La plupart des patients étaient des fonctionnaires
(24,09%) et des célibataires (43,80%). La pratique de
l’automédication par la prise des décoctions
traditionnelles était fréquente (44,52%). L’état général
était altéré dans 85,40% des cas. Les signes cliniques
étaient les pâleurs des téguments (71,70%), les vertiges
(28,30%) et les ecchymoses (18,26%) L’anémie, la
neutropénie et la thrombopénie étaient modérées avec
respectivement 8-10 g/dl (45,25%) d’hémoglobine,
0,5-1 g/l (46,72%) de polynucléaires neutrophiles et 50-
100 g/l (42,34%) de plaquettes. Les étiologies centrales
étaient dominantes (59,12%). Il s’agissait
principalement d’une carence en vitamine B12
(37,50%) et des lymphomes (25,00%). Quant aux
étiologies périphériques, la tuberculose pulmonaire et
la co-infection tuberculose-VIH (TB-VIH) étaient plus
observées avec respectivement 24,56% et 14,03%.
Conclusion : La pancytopénie est fréquente en milieu
hospitalier à Bangui. Les signes d’anémies dominent
les manifestations cliniques. Les étiologies étaient la
carence en vitamine B12, les lymphomes et les
infections.
Mots clés : pancytopénies, étiologies, Bangui.
ABSTRACT
Objective: To study the epidemiological, clinical, and
etiological profiles of pancytopenia in Bangui.
Patients and Methods: This was a cross-sectional
study with retrospective data collection conducted in
the Clinical Hematology Department of the National
Blood Transfusion Center from January 1, 2021, to
December 31, 2023 (3 years). We included outpatients
and inpatients presenting simultaneously with anemia,
neutropenia, and thrombocytopenia.
Sociodemographic, clinical, and laboratory parameters
were analyzed. Data were collected using a
standardized survey form, and analysis was performed
using Epi Info 7 software.
Results: Out of a total of 243 patients, 137 cases of
pancytopenia were identified (56.37%). Males were
more represented (50.36%), with a male-to-female ratio
of 1.01. The mean age of the patients was 49 ± 25 years.
Pancytopenia was observed in the majority of cases in
the 26-45 age group (24.09%). Most patients were civil
servants (24.09%) and single (43.80%). Self-
medication with traditional decoctions was common
(44.52%). General health was impaired in 85.40% of
cases. Clinical signs pallor of the skin (71,70%),
dizziness (28,30%) and bruise (18,26%). Anemia,
neutropenia, and thrombocytopenia were moderate,
with hemoglobin levels of 8-10 g/dL (45.25%),
neutrophil counts of 0.5-1 G/L (46.72%), and platelet
counts of 50-100 G/L (42.34%), respectively. Central
etiologies were predominant (59.12%). These were
mainly vitamin B12 deficiency (37.50%) and
lymphomas (25.00%). Peripheral etiologies, such as
pulmonary tuberculosis and TB-HIV coinfection, were
more frequently observed, at 24.56% and 14.03%,
respectively.
Conclusion: Pancytopenia is common in hospital
settings in Bangui. Anemia-related symptoms
predominate among clinical manifestations. The main
etiologies include vitamin B12 deficiency, lymphomas,
and infections.
Keywords: pancytopenia, etiologies, Bangui
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Série D, VOL 10, N°003/Décembre 2024 - 29
INTRODUCTION
La pancytopénie est une baisse simultanée de
l’hémoglobine (Hb), des polynucléaires neutrophiles
(PNN) et des plaquettes, associant une anémie, une
neutropénie et une thrombopénie [1]. C’est un signe
biologique fréquent en hématologie [2]. Elle peut
être la conséquence de diverses étiologies exprimant
une atteinte primitive ou secondaire de la moelle
osseuse. Dans le monde, il n’y a pas de chiffre de
prévalence mondiale unique pour la pancytopénie.
En Europe, la prévalence des pancytopénies est
estimée à 20% [2,3]. En Afrique, elles représentent
0,5% en milieu hospitalier en Ethiopie [3] et 22,24%
au Maroc [4]. Cependant en Afrique du Sud, 673 cas
de pancytopénies étaient rapporté dans un hôpital
tertiaire sur une période de trois ans [5]. Les signes
cliniques sont dominés par les symptômes en rapport
avec le syndrome anémique [4]. Les étiologies sont
nombreuses et peuvent être d’origine centrale
lorsqu'elles sont liées à un trouble de la production
médullaire, ou d’origine périphérique par destruction
ou séquestration extramédullaire des éléments
sanguins [2]. Dans les pays développés, les
étiologies restent dominées par la carence en
vitamine B12 et les hémopathies malignes [6,7]. En
Afrique subsaharienne, les étiologies sont dominées
par les infections, en particulier le VIH et le
paludisme [1,8]. En Centrafrique, la pancytopénie
est peu documentée au milieu hospitalier. L’objectif
de ce travail était d’étudier les profils
épidémiologiques, cliniques et étiologiques des
pancytopénies afin d’améliorer leur prise en charge
à Bangui.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale à collecte de
données antérieures, menée au service d’hématologie
clinique du Centre National de Transfusion Sanguine
de Bangui. Elle a été réalisée pendant trois (03) ans,
du 1ᵉʳ janvier 2021 au 31 décembre 2023. Nous
avons inclus dans l’étude tous les patients suivis en
consultation externe ou hospitalisés ayant présenté à
la fois sur un mogramme une anémie, une
neutropénie et une thrombopénie. L’échantillon était
exhaustif, portant sur tous les cas répondant aux
critères d’inclusion. Pour la collecte des données,
une fiche d’enquête contenant différentes variables a
été élaborée, sur laquelle étaient consignées les
variables. Pour chaque patient, nous avons étudié les
paramètres sociodémographiques (âge, sexe,
profession, lieu de résidence), cliniques (antécédents
et comorbidis, intoxication médicamenteuse,
tabagisme et alcoolisme, motifs de consultation,
signes physiques), biologiques (valeurs de
l’hémoglobine, des plaquettes et des polynucléaires
neutrophiles, test de Coombs direct, goutte épaisse,
sérologie VIH, sérologie de l’hépatite B et C,
recherche de Bacille Acido-Alcolo-résistant),
morphologique (myélogramme, anatomie
pathologique des pièces de biopsies ganglionnaires,
radiographie du thorax, échographie, endoscopie
digestive). L’anémie correspondait à une valeur de
l’hémoglobine inférieur à 13 g/dl chez l’homme et
12 g/dl chez la femme ; la neutropénie lorsque le
nombre de polynucléaires neutrophile était inférieur
à 1,5 g/l ; et la Thrombopénie si le nombre de
plaquettes était inférieur à 150 g/l. Le myélogramme
a été réalipour rechercher le caractère central ou
périphérique de la pancytopénie. Cette dernière était
classée en trois (3) grades [9] :
Grade I, légère lorsque Hb=10-12g/dl ;
PNN=1-1,5 g/l et le nombre des plaquettes entre
100-150 g/l;
Grade II, modérée lorsque Hb=8-9,9g/dl ;
PNN=0,5-1,0 g/l et le nombre des plaquettes
entre 50-100 g/l;
Grade III, lorsque Hb <8 g/dl ; PNN=<0,5 g/l et
le nombre des plaquettes <50 g/l.
Les données étaient saisies, traitées et analysées par
le logiciel Epi-Info7.2. La saisie des résultats et la
conception des tableaux et figures étaient faites
grâce système Word et Excel version 2016.
RESULTATS
Sur un total de 243 patients suivis au service
d’hématologie clinique, 137 étaient pris en charge
pour une pancytopénie, soit une fréquence de
56,37%. Le sexe masculin était plus représenté
(50,36%) avec un sex-ratio de 1,01. L’âge moyen des
patients était de 49 ± 37,02 ans. Les pancytopénies
étaient plus observées dans la tranche d’âge de 26 à
45 ans (24,09%). La plupart des patients étaient des
fonctionnaires (24,09%) et des célibataires
(43,80%). Le tableau I montre la répartition des
patients selon les données sociodémographiques.
Tableau I : répartition des patients selon les
données sociodémographiques.
Variables
Effectif
(n=137)
Pourcentage
Tranches d'âge
0 à 10 ans
17
12,40
11 à 25 ans
27
19,71
26 à 45 ans
33
24,09
46 à 65 ans
60
43,80
Profession
fonctionnaire
33
24,09
Elève
31
22,63
Sans emploi
22
16,06
Commerçant(e)
17
12,40
Etudiant(te)
16
11,68
Cultivateur (trice)
10
7,30
Ouvrier (ière)
8
5,84
Situation matrimoniale
Célibataires
60
43,80
Mariés
34
24,82
Divorcés
28
20,44
Veuves/veufs
15
10,94
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Selon les antécédents, plusieurs patients avaient
pratiqué une automédication par la prise des
décoctions traditionnelles (44,52%) et étaient pour la
plupart polytransfusés (32,85%). Le statut de
performance de l’OMS était au stade 3-4 dans
85,40% des cas. Les signes cliniques d'anémie
étaient dominants (38,37%) suivis des ecchymoses
(18,25%). Ces signes étaient parfois associés
(tableau II).
Tableau II : répartition des patients selon les
données cliniques.
Variables
Effectif
(n=137)
Antécédents
Prise de décoction traditionnelle
61
Transfusion sanguine
45
Aucun
22
Tabagisme
5
Ethylisme
4
Stade performance OMS
1 à 2
20
3 à 4
117
Signes cliniques
Pâleurs
38
Vertiges
15
Ecchymoses
25
Fièvre
8
Splénomégalie
3
Hépatomégalie
2
Sur le plan biologique, l’anémie, la neutropénie et la
thrombopénie étaient modérées avec respectivement
une valeur de l’hémoglobine entre 8-10 g/dl
(45,25%), le nombre des PNN entre 0,5-1 g/l
(46,72%) et le nombre des plaquettes entre 50-100
g/l (42,34%) (tableau III).
Tableau III : répartition des patients selon les
données biologiques
Variables
Effectif
Pourcentage
Hémoglobine (g/dl)
<8
26
18,98
8-10
62
45,25
>10
49
35,77
Polynucléaires (g/l)
<0,5
46
33,58
0,5-1,0
64
46,72
1,1-1,5
27
19,70
Plaquettes (g/l)
<50
33
24,08
50-100
58
42,34
101-149
46
33,58
Au plan étiologique, les causes centrales étaient
dominantes (59,12%). Il s’agissait principalement
d’une carence en vitamine B12 (37,50%) et des
lymphomes (25,00%). Quant aux étiologies
périphériques, la tuberculose pulmonaire et la co-
infection TB-VIH étaient plus observées avec
respectivement 14/57 et 8/57 cas (tableau IV).
Tableau IV : répartition des patients selon les
étiologies
Etiologies
Effectif
Pourcentage
Causes centrales (n=80)
Carence en vitamine B12
30
37,50
Lymphome
20
25
Myélome
13
16,25
Cancer primitif du foie (CPF)
5
6,25
Myome utérin
5
6,25
Aplasie médullaire
4
5
Néo de la prostate
2
2,50
Ostéosarcome osseux
1
1,25
Causes périphériques (57)
Tuberculose pulmonaire
14
24,56
Co-infection tuberculose/VIH
8
14,03
Polyarthrite rhumatoïde
7
12,28
Infection à VIH
6
10,53
Cirrhose du foie
6
10,53
Hépatite virale B
5
8,77
Septicémie
5
8,77
Pancytopénie auto-immune
4
7,02
Insuffisance rénal aigue
2
3,51
DISCUSSION
La fréquence des pancytopénies dans cette étude
était de 56,37%. Cette fréquence était supérieure à
celle trouvée par Abessolo et al. au Cameroun [10],
et Assouman-sayon et al. à Conakry [11] qui ont
obtenu respectivement 2,36% et 9,21%. Les
pancytopénies sont l’expression de la profondeur
d’une monocytopénie et d’une bicytopénie [1]. Les
patients, souvent mal informés de la création récente
du service d’hématologie clinique viennent, pour la
plupart, au stade avancé de leurs affections avec une
expression biologique sévère. Cela explique la forte
fréquence observée dans notre série. La faible
fréquence des autres auteurs est liée au fait que leurs
travaux sont menés dans les services de médecine
interne qui reçoivent les patients de plusieurs
spécialités avec une présentation clinique
polymorphe. Cette étude a révélé une prédominance
masculine (50,36%). Nous avions eu la même
tendance que plusieurs auteurs africains [2,6,7,12].
Par contre Atipo Tsiba et al [13] à Brazzaville ont
rapporté une prédominance féminine. Dans le
contexte socioculturel Centrafricain, les hommes
sont plus prompts à solliciter les services de santé
que les femmes, en cas de maladie. La pancytopénie
était plus observée dans la tranche d’âge de 26 à 45
(24,09%). L’âge moyen des patients était de 49 ans.
Ce résultat est proche de celui trouvé par Kumar et
al qui est de 44 ans [14], mais plus élevé que celui
rapporté par Achi et al. [12] à Abidjan et Assomon-
sayon et al. [11] à Conakry qui sont respectivement
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de 33,39 ans et 38 ans. L’âge moyen élevé dans notre
étude est lié au fait que les patients d’âge pédiatrique
sont pris en charge par le service d’oncologie
pédiatrique en cas de pancytopénie. Concernant la
situation matrimoniale, beaucoup des patients étaient
des célibataires (43,80%), constat fait par Assomon
et al [11]. En ce qui concerne les antécédents, la
majorité des patients avait pratiqué une
automédication par la prise des décoctions
traditionnelle (44,52%) et étaient pour la plupart
polytransfusés (32,85%). Achour et al. ont fait le
même constat [15]. La barrière financière pour
accéder aux services de santé pousse souvent les
patients à faire une automédication ou à faire recours
aux soins traditionnels. La toxicité des médicaments
traditionnels sur la moelle osseuse est décrite par
certains auteurs [2,15]. De plus, les maladies du sang
en Centrafrique sont considérées comme du domaine
des sorciers où le traitement médical serait considéré
comme dangereux. Quant aux antécédents de la
transfusion sanguine, il pourrait s’agir des mêmes
patients suivis antérieurement pour des pathologies
récidivantes. La pratique de la transfusion sanguine
est l’une des thérapies les plus courantes au service
d’hématologie. Tenant compte de nos plateaux
techniques insuffisants, la transfusion sanguine
demeure une problématique dans nos milieux du fait
des complications immunologiques qui pourraient
être responsables d’une cytopénie dont la
pancytopénie. Au plan clinique, le statut de
performance de l’OMS était au stade 3-4 dans
85,40% des cas. Ce résultat est superposable à ceux
de Malam et al. [17] à Niamey ainsi que Nafil et al.
[18] à Marrakech. Le stade 3-4 est corrélé à une
altération de l’état général. Le manque d’information
sur la maladie et la méconnaissance de la population
de se faire consulter dès l’apparition des premiers
signes d’appels pourraient contribuer au retard de
consultation. Les patients sont souvent vus au stade
de complication avec une altération de l’état général.
De plus, la mise en place récente du service
d’hématologie n’est pas connue par la population et
les praticiens hospitaliers. Les malades se font
consulter dans d’autres services dès l’apparition des
premiers signes où la mise en route de traitement non
spécifique avant leurs férences dans notre service
souvent à un stade avancé de la maladie. L’examen
physique avait trouvé principalement la leur des
téguments (71,7%), les vertiges (28,3%) et les
ecchymoses (18,26%). La pâleur et les vertiges sont
les éléments du syndrome anémique tandis que les
ecchymoses, l’élément du syndrome morragique.
Reddy al. [19] ont fait le même constat en rapportant
l’anémie et le syndrome hémorragique dans
respectivement 61% et 21% des cas. L’anémie est en
rapport avec une baisse de l’hémoglobine et les
ecchymoses sont consécutives à une thrombopénie
sévère. Au plan biologique, nous avons constaté que
62 patients (45,88%) présentaient une valeur de
l’hémoglobine entre 8-10 g/dl, corrélée à une anémie
modérée. Ce résultat est similaire à ceux rapporté par
des auteurs qui ont trouvé que l’anémie était au plan
biologique modérée [13,17,19]. Par contre, dans la
série de Nafil et al [18] à Marrakech, l’anémie ne
représentait que 11% des cas. A cette valeur de
l’hémoglobine entre 8 et 10 g/dl, apparaissent
souvent les signes neurologiques tels que l’asthénie
physique et la céphalée. Ces signes amènent souvent
les patients à consulter. La neutropénie modérée
avec un nombre de polynucléaire neutrophile entre 5
à 7 g/l était fréquent avec 46,71% des cas, plus faible
que celui de Malam et al. [17] à Niamey (56,8%).
Pour les plaquettes, nous avons constaté que 58
patients avaient un taux de plaquette modéré entre 50
à 75 g/l soit 42,34%, différents des données de Nafil
et al. [18] ainsi que Savith et al. [20] chez qui les
thrombopénies étaient sévères. La variabilité du
degré des cytopénies est fonction de l’évolution de
la maladie sous-jacente et de l’étiologie de cette
cytopénie. Dans certaines pathologies, les
cytopénies sont d’apparition lente [6]. A ce stade les
cytopénies sont souvent modérées, contrairement à
ces auteurs qui ont travaillés sur les patients
hospitalisés, ceux de notre série étant vus en
consultation externe. Ce qui pourrait expliquer la
sévérité des valeurs des plaquettes. Au plan
étiologique, les causes centrales dominaient avec
59,12%. Nos résultats sont contraires à ceux de
Savith et al [20] ainsi que Nabada et al [21] qui ont
trouvé majoritaire les causes périphériques avec
respectivement 51,23% et 47,4%. La différence
s’expliquerait par le fait que nos patients étaient
recrutés au service d’hématologie ou la majorité des
cas rés sont des hémopathies ou les carences
vitaminiques. Les causes centrales les plus
fréquentes étaient la carence en vitamine B12
(37,50%) et des lymphomes (25%). Ce résultat est
similaire à ceux rapporté par Nafil et al. [18] qui a
trouvé une dominance des carences en vitamine B12
(32,2%). Par contre Reddy et al [19] ainsi que
Boukhris et al [22] ont révélé dans la majorité de cas
les leucémies aigues. La carence en vitamine B12 est
fréquente chez les sujets de plus de 15 ans [18]. Il
s'agit de la cause la plus fréquente de pancytopénie
en Asie et en Afrique [14,22]. Sa fréquence de 49%
en Afrique [23], varie de 38 à 74 % en Asie [3,5,7-
9]. Quant aux étiologiques périphériques, la
tuberculose pulmonaire et la coinfection TB-VIH
étaient plus observés avec respectivement 24,56% et
14,03% des cas. Ces données sont superposables aux
travaux de Ansoman-Sayon et al [11]. Ceci
s’expliquerait par l’émergence des infections à VIH
en Afrique, facilipar un niveau de vie défavorable
de la population. Les infections opportunistes sont
observées dans cette affection virale et seraient la
cause de mortalité la plus fréquente.
CONCLUSION
La pancytopénie est fréquente dans le service
d’hématologie clinique à Bangui. Elles sont
retrouvées en majorité chez les hommes d’âge
adulte. Les signes d’anémies dominent les
manifestations cliniques. Les étiologies sont la
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carence en vitamine B12, les lymphomes et les
infections. La mise en place d’un système de
surveillance active des patients diagnostiqués et une
amélioration du plateau technique pourraient
contribuer à améliorer la prise en charge des patients.
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Conflit d’intérêt : aucun