ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 20
Figure 2 : Evolution de la fréquence (%) des
parasitoses durant les 2 années d’étude
DISCUSSION
Nous avons mené une étude rétrospective
descriptive qui avait pour objectif d’identifier les
étiologies des parasitoses intestinales chez les
enfants de moins de 5 ans adressés à l’HRUB pour
un EPS. Cette étude avait des limites du fait que les
patients malades sont en général plus nombreux
parmi les personnes qui fréquentent l’hôpital, la
fréquence des parasitoses dans notre population
sélectionnée en milieu hospitalier était donc plus
importante. En outre, l’aspect descriptif et
rétrospectif de notre étude fait que nous ne pouvons
pas identifier les facteurs de risques de parasitoses.
La prédominance des cas suspect d’infestation
parasitaire est observée dans la tranche d’âge de 48
à 57 mois, avec un taux de 96, 39%. Cette
observation est différente de celle de Mostafo au
Maroc qui objectiva un taux élevé de 39,2% dans la
tranche d’âge de 2-4 ans [4]. Guamri au Kenitra
avait prouvé que plus l’âge diminue, plus le risque
d’infestation n’augmente [5]. Cela peut s’expliquer
par le fait que leur technique de diagnostique soit
probablement plus sensible et plus spécifique que la
nôtre. Au plan sémiologique nous observons une
prédominance d’asthénie physique et diarrhée,
contrairement à Nundu Sabiti et Belkessa qui ont
montré une prédominance de douleurs abdominales
[6-7]. La différence peut s’expliquer par le fait que
les travaux de ces auteurs étaient menés chez les
enfants d’âge scolaire capables de bien décrire les
signes fonctionnels, tandis que chez les petits
enfants les symptômes sont souvent les plus
objectifs, c’est-à-dire ceux que le clinicien relève en
examinant l’enfant. Entamoeba histolytica et
Giardia lamblia était les plus fréquemment
retrouvés. Ce profil est semblable à celui retrouvé
par Adou-bryn et collaborateur à Tomoudi en 2001
et Ayadi et collaborateur en Tunisie en 2014 [8-9].
Pour ce dernier, la prédominance était en faveur de
Giardia lamblia. Aussi, il est important de
s’interroger sur les activités de lutte contre les
parasitoses intestinales basées sur l’administration
de l’Albendazole. Même si l’albendazole est actif
sur Giardia lamblia, la prise doit être répétée sur 5
jours pour obtenir une efficacité optimale [10-11].
Par ailleurs, si ce déparasitage peut être à l’origine
de la réduction des helminthes, il convient de noter
l’importance de ces protozoaires afin de susciter une
réflexion. La prévalence de 22,2% est supérieure à
celle d’Imane au Marrakech en 2016 (19,6%) [12].
La RCA est un pays à ressources limités avec une
hygiène précaire tandis que le Maroc est un pays à
revenu intermédiaire avec un niveau
d’assainissement élevé : les risque de contamination
sont réduits. Elle est cependant inférieure aux
prévalences observées en Côte d’Ivoire par Menan
et collaborateurs (36,5%). Cela s’explique par la
technique de concentration qu’il a utilisée plus
performante qu’il a utilisé (Kato) [13].
Conclusion : Les parasitoses intestinales étaient
endémiques à Bossangoa durant les années 2021 et
2022 avec une prévalence de 22,2% parmi les
enfants de 0-57 mois. La prédominance de sexe était
légèrement masculine, avec le ratio homme/femme
à 1,04 parasités. Les parasites prédominants étaient
les protozoaires (78%), le plus fréquent étant
l’amibe (44,9%). Le parasitisme constitue donc un
réel problème de santé publique à considérer dans
les actions thérapeutiques en République
centrafricaine.
REFERENCES
1. Collège des Universitaires de Maladies
Infectieuses et Tropicales. ePilly : Maladies
Infectieuses et Tropicales. 23ème Edition Alinéa
Plus 2012;928p.
2. Organisation mondiale de la Santé.
Géohelminthiases. Aide-mémoire N°366.
2015;336p. Consulté le 17/04/2022 à partir du
site :
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs366/fr/
3. Ministère de la Santé Publique et de la
Population de la RCA. Plan de transition du
secteur santé en République centrafricaine
2015-2017. MSP,2017;103p.
4. Mostafo J, Belgheyti D, El Kostali M, Fatimi S.
Prévalence des parasitoses intestinales chez les
enfants adressés pour coproculture parasitaire à
l’Hôpital Moulay Abdellah de Salé. World J
Biol Res. 2011;004(1):1-5.
5. El Guamri Y, Belghyti D, Achicha A, Tiabi M,
Aujjar N, Barkia A et al. Bilan de dix ans sur les
parasitoses intestinales au Centre Hospitalier de
Kénitra. Science Lib. Editions Mersenne.
2011;3(110601):1996-2005
6. Nundu Sabiti S, Ntetani Aloni M, Linsuke S,
Nani-Tuma Situakibanza H, Polman K,
Lutumba P. Prévalence des géohelminthiases
chez les enfants à Kinshasa. Arch Pediatr
2014;21(6):1-7.
7. Belkessa S, Elhosseyn AS, Laatamna A, Houali
K, Sönksen UW, Hakem A, et al. Prevalence
and Clinical Manifestations of Giardia