ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 45
ARTICLE ORIGINAL
Aspects épidémiologiques, cliniques, et évolutifs de la tuberculose pulmonaire chez
l’enfant au Complexe Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui
Epidemiological, clinical, and evolutionary aspects of pulmonary tuberculosis in
children at the Complexe Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui
Marie Christine Awa Sépou Yanza1.2, Brice Olivier Bogning Mejiozem1.2, Simplice Cyriaque Kango1,2, Prince
Jordan Yamande-Moulbe 1, Laurice Ngozika1, Mireille Mande-Njapou1, Yannick Wilson Henko Kinding1, Jean
Chrysostome Gody1.2.
1. Clinique Médicale Infantile Raymond Max Siopathis, Complexe Hospitalier Universitaire Pédiatrique de
Bangui (CHUPB)
2. Faculté des Sciences de la Santé (FACSS), Université de Bangui, République Centrafricaine
Auteur correspondant : Marie Christine Awa Sépou Yanza, Complexe Hospitalier Universitaire Pédiatrique de
Bangui ; BP : 911, Bangui, RCA ; Email : sepouyanzamarie@yahoo.fr
Reçu le 12/02/2024 ; Accepté le 20/03/2024
RESUME
Objectif : Décrire les aspects épidémiologiques,
cliniques, thérapeutiques et évolutifs de la
tuberculose pulmonaire chez les enfants hospitalisés
au Complexe Hospitalier Universitaire Pédiatrique
de Bangui (CHUPB).
Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude
transversale sur des données antérieures à la collecte,
menée du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023.
Etaient inclus tous les enfants de 1 mois à 15 ans
hospitalisés pour tuberculose pulmonaire dont les
dossiers étaient exploitables. L’analyse a été réalisée
à l’aide du logiciel R-Studio.
Résultats : Sur 18.257 enfants hospitalisés, 135 cas
de tuberculose pulmonaire monofocale ont été
recensés, soit une fréquence hospitalière de 0,75 %.
L’âge moyen était de 8,3 ± 3,6 ans et un sex-ratio de
1,33. La majorité des enfants résidaient en zone
urbaine (71,1%) et provenaient du domicile (86,7
%). La notion de contage tuberculeux était retrouvée
chez 63,7 %, auprès d’un parent de premier degré
(73,3 %). Les principaux symptômes étaient la fièvre
prolongée (88,9%), la toux chronique (75,6%),
l’amaigrissement (72,6%). La recherche des Bacilles
Acido-Alcolo-Résistants (BAAR) était positive dans
85,93%, le GeneXpert 46,67%. Sur le plan
radiologique, des macro-opacités étaient observées
chez 68,88%. Tous les enfants avaient reçu un
traitement antituberculeux de première ligne. La
mortalité était de 12,78%, avec une durée moyenne
d’hospitalisation de 19,4 jours. Le risque de décès
était plus élevé chez les moins de cinq ans.
Conclusion : La tuberculose pulmonaire reste
fréquente au CHUPB avec une mortalité élevée chez
les enfants de moins de 5 ans. Le non-respect du
calendrier vaccinal, la malnutrition et le retard de
consultation sont autant de facteurs de morbidité. La
prévention par le BCG, l’alimentation équilibrée, le
dépistage précoce et le traitement adapté sont des
intervention contribuant à améliorer la survie de
l’enfant.
Mots-clés : Tuberculose pulmonaire, Enfant,
Bangui.
ABSTRACT
Objective: To describe the epidemiological,
clinical, therapeutic, and outcome-related aspects of
pulmonary tuberculosis among children hospitalized
at the Pediatric University Hospital Complex of
Bangui (CHUPB).
Patients and Methods: This was a cross-sectional
study based on retrospective data, conducted from
January 1, 2022 to December 31, 2023. All children
aged 1 month to 15 years hospitalized for pulmonary
tuberculosis with exploitable medical records were
included. Data analysis was performed using R-
Studio software.
Results: Out of 18,257 hospitalized children, 135
cases of unifocal pulmonary tuberculosis were
identified, representing a hospital frequency of
0.75%. The mean age was 8.3 ± 3.6 years, with a sex
ratio of 1.33. The majority of children lived in urban
areas (71.1%) and were admitted from home
(86.7%). A history of tuberculosis contact was found
in 63.7% of cases, mainly involving a first-degree
relative (73.3%). The main symptoms were
prolonged fever (88.9%), chronic cough (75.6%),
and weight loss (72.6%). Acid-Fast Bacilli (AFB)
testing was positive in 85.93% of cases, and
GeneXpert testing in 46.67%. Radiologically,
macro-opacities were observed in 68.88% of
patients. All children received first-line anti-
tuberculosis treatment. The mortality rate was
12.78%, with a mean hospital stay of 19.4 days. The
risk of death was higher in children under five years
of age.
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Conclusion: Pulmonary tuberculosis remains
common at CHUPB, with high mortality among
children under 5 years old. Failure to follow the
vaccination schedule, malnutrition, and delayed
consultation are all factors contributing to morbidity.
Prevention through BCG vaccination, a balanced
diet, early screening, and appropriate treatment are
interventions that help improve child survival.
Keywords: Pulmonary tuberculosis, Child, Bangui.
INTRODUCTION
La tuberculose pédiatrique constitue un enjeu majeur
de santé publique, en particulier en Afrique, la
charge de morbidité reste élevée [1]. Selon
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus
d’un million d’enfants sont touchés chaque année
dans le monde, représentant environ 10 à 12 % de
l’ensemble des cas notifiés [1-2]. Le continent
africain paie le plus lourd tribut, avec près de 322
000 enfants de moins de 15 ans atteints de
tuberculose chaque année, représentant environ un
tiers des cas pédiatriques mondiaux [2-3]. La
tuberculose pédiatrique, souvent paucibacillaire,
reste difficile à diagnostiquer et à estimer dans les
pays du Sud [3-4]. Dans la sous-région Afrique
centrale, le taux de détection des cas pédiatriques
reste faible, estimé à environ 45 % [2]. Cette
insuffisance de détection contribue à une mortalité
élevée en milieu pédiatrique la tuberculose se
manifeste le plus souvent sous forme pulmonaire
dans environ 70 à 80 % des cas [1-3]. Cette forme
souvent confondue avec d’autres infections
respiratoires fréquentes, peut évoluer vers des
formes sévères telles que la tuberculose miliaire ou
la méningite tuberculeuse, entraînant une mortalité
élevée [5,6]. En République centrafricaine, les
études hospitalières consacrées aux formes graves de
la tuberculose pulmonaire chez l’enfant demeurent
rares. Les données disponibles englobent
généralement l’ensemble des formes, y compris
celles n’ayant pas fait l’objet d’hospitalisation [7].
C’est dans ce contexte que notre étude a été initiée
afin de documenter l’ampleur de la tuberculose
pulmonaire ainsi que ses aspects cliniques,
thérapeutiques et évolutifs au CHUPB.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale analytique à
recueil rétrospectif des données couvrant la période
du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023, soit 24
mois. Etaient inclus tous les enfants de 1 mois à 15
ans hospitalisés au CHUPB pendant la période
d’étude, chez qui le diagnostic de tuberculose
pulmonaire était retenu après positivité de BAAR au
microscope, positivité de Gene-Xpert TB à partir des
expectorations ou du tubage gastrique, des signes
caractéristiques de radiographie thoracique.
N’étaient pas inclus les enfants d’âge compris entre
1 mois et 15 ans avec un dossier médical non
exploitable. Les variables étudiées étaient
sociodémographiques (âge, sexe, lieu de résidence,
provenance, niveau socioéconomique),
anamnestiques (motif d’hospitalisation, notion de
contage, cas index, terrain, traitement institué avant
l’admission, statut vaccinal, existence ou non de
pathologies), cliniques (état général et nutritionnel,
données de l’examen physique), paracliniques
(recherche microscopique de BAAR, Gene-Xpert
Tuberculose, Radiographie pulmonaire),
thérapeutiques (réponse au traitement de première
ligne : Isoniazide (H), 10 mg/kg/jour + Rifampicine
(R), 15 mg/kg/jour + Pyrazinamide (Z), 35
mg/kg/jour ± Éthambutol (E), 20 mg/kg/jour
pendant 2 mois puis Isoniazide (H), 10 mg/kg/jour +
Rifampicine (R), 15 mg/kg/jour pendant 4 mois) et
évolutif (guérison, décès, sortie contre avis médical).
L’analyse des données a été réalisée à l’aide du
logiciel R-Studio.
Définitions opérationnelles : Niveau
socioéconomique des parents, jugé bas si revenu
mensuel inférieur à 50.000 Frs, moyen si ce revenu
va de 50.000 à 200.000 Frs et élevé s’il est supérieur
à 200.000 Frs.
Considérations éthiques : Cette étude a été réalisée
après obtention de l’approbation et validation du
protocole de recherche par la faculté des sciences de
la santé de l’université de Bangui. Le respect de la
confidentialité était assuré. Tout conflit d’intérêt
était évité.
RESULTATS
Sur un total de 18.257 enfants hospitalisés au
CHUPB, 137 cas de tuberculose monofocale à
localisation pulmonaire ont été recensés,
représentant une fréquence hospitalière de 0,75 %.
Parmi ces cas, 135 remplissaient les critères
d’inclusion et ont été retenus pour l’étude. Selon les
tranches d’âges, nous avions 17 enfants de moins de
5 ans (12,59%), 69 de 5 à 10 ans (51,11%) et 49 de
11 à 15 ans (36,30%). L’âge moyen des enfants était
de 8,34 ans± 3,6 ans, avec des extrêmes de 11 mois
et 15 ans. Leurs lieux de résidence étaient Bangui,
dans 96 cas (71,11%) et les villes provinciales dans
39 cas (28,89%). A l’admission, 117 enfants
(86,67%) étaient venus du domicile familial et 18
(13,33%) étaient référés des formations sanitaires.
Les enfants dont les parents avaient un niveau
socioéconomique bas étaient les plus représentés, 74
(54,81%), suivis de niveau moyen, 52 (38,52%) et
niveau élevé, 9 (6,67%).
L’état vaccinal était connu pour 67 enfants. Parmi
eux, 59 (88,06) n’étaient pas à jour du vaccin BCG,
contre 11,94% qui étaient vaccinés. La notion de
contage tuberculeux était retrouvée chez 86 enfants
(63,71%), dont 63 étaient en contact direct avec un
parent de premier degré faisant la maladie. Le cas
index était de 73,26%.
Les antécédents médicaux les plus fréquemment
retrouvés étaient la dénutrition (44,93%) et
l’infection à VIH (36,23%) (figure 1).
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Figure 1 : répartition des enfants en fonction des
antécédents
Le délai moyen de la symptomatologie était de 2
semaines et 3 jours avec des extrêmes de 1,6
semaines à 2 mois. La symptomatologie était
dominée par la fièvre (88,9%), la toux chronique
(77,6%), l’anorexie (72,6%) et l’amaigrissement
(72,6%) (Tableau I).
Tableau I : répartition des enfants en fonction de la
symptomatologie
Symptomatologie
Effectif
Pourcentage
Fièvre prolongée
120
88,9
Toux chronique
102
75,6
Anorexie
98
72,6
Amaigrissement
98
72,6
Sueurs nocturnes
85
63,0
Asthénie
80
59,3
Difficulté respiratoire
50
37,0
Hémoptysie
5
3,7
Autres signes
5
3,7
A l’examen physique la dénutrition (81,5%) et la
fièvre 38°C (70,4%) étaient les signes physiques
les plus fréquents (tableau II)
Tableau II : Répartition des enfants en fonction de la
symptomatologie
Signe clinique (N=135) ⁎
Effectif
Fréquence
Amaigrissement / malnutrition
110
81,5
Fièvre (≥ 38°C)
95
70,4
Signes de détresse respiratoire
60
44,4
Râles crépitants
55
40,7
Désaturation
53
39,2
Adénopathies périphériques
40
29,6
Tachypnée (selon âge)
38
28,1
Diminution du murmure vésiculaire
30
22,2
Ronchis
18
13,3
Hépatosplénomégalie
10
7,4
Cyanose
7
5.2
La recherche des BAAR au microscope était
positive chez 116 patients (85,93%). La réponse au
Gene-expert TB positive chez 63 patients (46,67%).
La radiographie pulmonaire avait montré les macro-
opacités chez 93 patients (68,88%), les micro-
opacités chez 28 patients (20,74%) et des images non
caractéristiques chez 14 patients (10,37%).
Sur le plan thérapeutique, tous les patients étaient
mis sous traitement antituberculeux de première
ligne. Parmi ces patients, 2 étaient sistants à la
rifampicine, justifiant leur transfert au service de
pneumophtisiologie un traitement de deuxième
ligne devait être institué. La durée moyenne
d’hospitalisation était de 19,4 jours avec des
extrêmes de 14,6 et 63,5 jours. L’évolution pour les
133 patients suivis dans le service était marquée par
une guérison clinique et biologique dans112 cas
(84,21%), le décès dans 17 cas (12,78) et la sortie
sans avis médical dans 4 cas (3,01%). Parmi les
enfants décédés, la proportion dont l’âge est inférieur
à 5 ans était la plus élevée (58,82%) tableau III.
Tableau III : Lien entre l’âge des patients et le
risque de décès
Âge
OR [IC95 %]
p
Décès
Vivants
< 5 ans
10
7
22,2 [6,576,2]
0,01
≥ 5 ans
7
109
DISCUSSION
L’enfance représente souvent le premier contact de
l’hôte avec le bacille tuberculeux, d’où le terme de
primo-infection tuberculeuse fréquemment utilisé
pour désigner les formes pédiatriques de la
tuberculose [8]. La vulnérabilité des enfants à cette
infection est accentuée par l’immaturité de leur
système immunitaire, ce qui favorise la
dissémination du bacille et l’apparition des formes
sévères [9,11]. Chez l’enfant, la tuberculose se
manifeste le plus souvent par une atteinte
pulmonaire, mais reste paucibacillaire [8-10]. Ce
caractère paucibacillaire rend la tuberculose
pulmonaire de l’enfant atypique, ainsi son diagnostic
s’avère difficile dans les pays en voie de
développement. Cette présentation clinique non
spécifique contribue aux retards diagnostiques et
thérapeutiques [10,11]. Notre étude menée dans le
Centre Hospitalier de référence pédiatrique de
Bangui fournit des données essentielles pour orienter
les stratégies de prévention, de dépistage et de prise
en charge de la tuberculose pulmonaire chez l’enfant
en Centrafrique [10,11]. La prévalence hospitalière
de la tuberculose pulmonaire que nous avions
obtenue était de 0,75 %. Ce résultat est similaire à
celui de Kombaya et al en Centrafrique qui ont
rapporté une prévalence de 0,7 % en 2022 [12] et
proche des 1,51 % retrouvés par Barry et al à
Conakry en 2020 [13]. Il est inférieur aux 6,84 % de
31
25
75
1
0
5
10
15
20
25
30
35
Dénutrition
aigue sévère Infection à
VIH Tuberculose
pulmonaire Drépanocytose Cardiopathie
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Aziagbe et al au CHU Sylvanus Olympio de Lomé
en 2020 [14]. Notre prévalence est supérieure à celle
rapportée par Tamini et al au Burkina Faso en 2017
[15]. Le sexe masculin prédominait avec 57,04 %
des cas. Ce résultat est superposable à ceux de
plusieurs auteurs africains [15-17]. D’autres auteurs
ont retrouvé une prédominance féminine [18,19]. La
prédominance masculine pourrait s’expliquer par la
susceptibilité masculine aux infections [20,21].
L’âge moyen des enfants dans notre série était de
8,34 ans. Ce résultat est proche de celui rapporpar
Segbedji et al au Togo (8,1 ans) [22], mais supérieur
à ceux décrits par plusieurs auteurs, notamment
34,34 mois chez Randriatsarafara [17] et 17,5 mois
chez Mabiala-Babela et al [23]. En revanche, Ba et
al ont trouvé un âge moyen plus éle(12,54 ans)
[22]. Ces différences s’expliquent essentiellement
par les variations méthodologiques et la composition
des populations étudiées, certains auteurs ayant
inclus uniquement des nourrissons ou des
adolescents. A l’échelle internationale, la
tuberculose pédiatrique touche principalement les
enfants de moins de 5 ans, avec une vulnérabilité
élevée chez ceux âgés de 12 à 23 mois. Cette tranche
d’âge représente une part importante des cas non
diagnostiqués ou non traités, et les formes cliniques
y sont souvent plus sévères en raison de l’immaturité
du système immunitaire [24,25]. La proportion
d’enfants non vaccinés ou ayant un BCG non à jour
était de 88,06%. Cette constatation confirme la
tendance nationale observée dans d’autres études à
Bangui [7,12]. Par contre, Mabiala-Babela et al ont
trouvé au Congo, une couverture vaccinale de 75,2
% [23]. Bien qu’il soit établi que le vaccin BCG
protège principalement contre les formes graves de
tuberculose chez l’enfant, notamment la tuberculose
miliaire et la méningite tuberculeuse, il offre une
protection limitée contre les formes pulmonaires qui
sont les plus fréquentes. Son efficacité varie selon les
populations et les zones géographiques [26].
Certains auteurs ont relevé que les facteurs de
risques les plus importants étaient l’absence de
vaccination par le BCG, l’infection à VIH, la
malnutrition, la promiscuité et la notion de contage
tuberculeux. Ces facteurs de risque affaiblissent le
système immunitaire et favorisent la progression de
l’infection tuberculeuse [14]. La malnutrition et
l’infection par le VIH étaient respectivement
retrouvées chez 44,93 % et 18,52 % des enfants.
D’autres auteurs sont arrivés à la même conclusion,
mais, à des proportions différentes : Kombaya et al
(VIH 50,7 %), Barry et al (malnutrition 13,4 %, VIH
2,83 %), Aziagbe et al (malnutrition 67,44 %, VIH
26,74 %) [12-14]. Cela souligne l’importance de la
recherche de la tuberculose pulmonaire chez les
enfants présentant des symptômes respiratoires, en
particulier ceux présentant des facteurs de
vulnérabilité spécifiques. Chez les enfants
hospitalisés pour tuberculose pulmonaire au
CHUPB, les manifestations cliniques se regroupent
en trois principaux syndromes. Le syndrome général
d’imprégnation tuberculeuse, caractérisé par la
fièvre prolongée (88,9 %), l’amaigrissement
(72,6 %), les sueurs nocturnes (63,0 %), et l’asthénie
(59,3 %), traduisant l’inflammation chronique et
l’altération de l’état général, souvent aggravée par la
malnutrition et l’infection par le VIH. Ces données
sont cohérentes avec les travaux de Kombaya et al,
Mabiala-Babela et al [12,27], qui rapportent une
fréquence élevée des signes généraux
d’imprégnation, bien que nos proportions soient
légèrement supérieures. Ceci pouvant être lié à la
prédominance d’enfants plus âgés dans notre série.
Le syndrome respiratoire, dominé par la toux
chronique (75,6 %), la détresse respiratoire (44,4 %)
et les râles crépitants (44,7 %), reflètent l’atteinte
pulmonaire et la charge bacillaire, ce qui s’aligne
avec les observations d’autres auteurs africains
[14,23] qui notent la prévalence de la toux et des
signes respiratoires mais avec des variations liées à
l’âge et au stade de la maladie. Le syndrome
paraclinique positif se manifeste par la positivité de
la RBAAR (85,93 %), du GeneXpert (46,67 %) et
des anomalies radiographiques, principalement des
macro-opacités (68,88 %) et micro-opacités
(20,74 %). Ces résultats confirment l’importance de
combiner les arguments cliniques, microbiologiques
et radiologiques pour le diagnostic pédiatrique,
comme le suggèrent certains auteurs [7,13]. Dans
notre étude la mortalité hospitalière chez les enfants
atteints de tuberculose pulmonaire était de 12,78 %.
Cette léthalité est supérieure à celles de Barry et al,
Aziagbe et al qui ont relevé respectivement 5,41 %
et 9,3% [13,14]. Ces chiffres peuvent varier en
fonction du délai de diagnostic, de la sévérité des
formes cliniques et de la comorbidité.
CONCLUSION
La tuberculose pulmonaire demeure un problème
majeur de santé publique à Bangui en raison de sa
morbidité et mortalité élevée. La majorité des
enfants inclus n’étaient pas vaccinés. La mortalité est
élevée, particulièrement chez les enfants de moins de
cinq ans. Il est nécessaire de renforcer la couverture
vaccinale, d’améliorer le dépistage précoce, de
faciliter l’accès au diagnostic et aux traitements, de
soutenir les stratégies de promotion de l’alimentation
infantile adossées aux programmes de sensibilisation
sur la nutrition et de prévention du VIH pédiatrique.
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Conflit d’intérêt : aucun