ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 10, N°001/Avril 2024 - 48
Aziagbe et al au CHU Sylvanus Olympio de Lomé
en 2020 [14]. Notre prévalence est supérieure à celle
rapportée par Tamini et al au Burkina Faso en 2017
[15]. Le sexe masculin prédominait avec 57,04 %
des cas. Ce résultat est superposable à ceux de
plusieurs auteurs africains [15-17]. D’autres auteurs
ont retrouvé une prédominance féminine [18,19]. La
prédominance masculine pourrait s’expliquer par la
susceptibilité masculine aux infections [20,21].
L’âge moyen des enfants dans notre série était de
8,34 ans. Ce résultat est proche de celui rapporté par
Segbedji et al au Togo (8,1 ans) [22], mais supérieur
à ceux décrits par plusieurs auteurs, notamment
34,34 mois chez Randriatsarafara [17] et 17,5 mois
chez Mabiala-Babela et al [23]. En revanche, Ba et
al ont trouvé un âge moyen plus élevé (12,54 ans)
[22]. Ces différences s’expliquent essentiellement
par les variations méthodologiques et la composition
des populations étudiées, certains auteurs ayant
inclus uniquement des nourrissons ou des
adolescents. A l’échelle internationale, la
tuberculose pédiatrique touche principalement les
enfants de moins de 5 ans, avec une vulnérabilité
élevée chez ceux âgés de 12 à 23 mois. Cette tranche
d’âge représente une part importante des cas non
diagnostiqués ou non traités, et les formes cliniques
y sont souvent plus sévères en raison de l’immaturité
du système immunitaire [24,25]. La proportion
d’enfants non vaccinés ou ayant un BCG non à jour
était de 88,06%. Cette constatation confirme la
tendance nationale observée dans d’autres études à
Bangui [7,12]. Par contre, Mabiala-Babela et al ont
trouvé au Congo, une couverture vaccinale de 75,2
% [23]. Bien qu’il soit établi que le vaccin BCG
protège principalement contre les formes graves de
tuberculose chez l’enfant, notamment la tuberculose
miliaire et la méningite tuberculeuse, il offre une
protection limitée contre les formes pulmonaires qui
sont les plus fréquentes. Son efficacité varie selon les
populations et les zones géographiques [26].
Certains auteurs ont relevé que les facteurs de
risques les plus importants étaient l’absence de
vaccination par le BCG, l’infection à VIH, la
malnutrition, la promiscuité et la notion de contage
tuberculeux. Ces facteurs de risque affaiblissent le
système immunitaire et favorisent la progression de
l’infection tuberculeuse [14]. La malnutrition et
l’infection par le VIH étaient respectivement
retrouvées chez 44,93 % et 18,52 % des enfants.
D’autres auteurs sont arrivés à la même conclusion,
mais, à des proportions différentes : Kombaya et al
(VIH 50,7 %), Barry et al (malnutrition 13,4 %, VIH
2,83 %), Aziagbe et al (malnutrition 67,44 %, VIH
26,74 %) [12-14]. Cela souligne l’importance de la
recherche de la tuberculose pulmonaire chez les
enfants présentant des symptômes respiratoires, en
particulier ceux présentant des facteurs de
vulnérabilité spécifiques. Chez les enfants
hospitalisés pour tuberculose pulmonaire au
CHUPB, les manifestations cliniques se regroupent
en trois principaux syndromes. Le syndrome général
d’imprégnation tuberculeuse, caractérisé par la
fièvre prolongée (88,9 %), l’amaigrissement
(72,6 %), les sueurs nocturnes (63,0 %), et l’asthénie
(59,3 %), traduisant l’inflammation chronique et
l’altération de l’état général, souvent aggravée par la
malnutrition et l’infection par le VIH. Ces données
sont cohérentes avec les travaux de Kombaya et al,
Mabiala-Babela et al [12,27], qui rapportent une
fréquence élevée des signes généraux
d’imprégnation, bien que nos proportions soient
légèrement supérieures. Ceci pouvant être lié à la
prédominance d’enfants plus âgés dans notre série.
Le syndrome respiratoire, dominé par la toux
chronique (75,6 %), la détresse respiratoire (44,4 %)
et les râles crépitants (44,7 %), reflètent l’atteinte
pulmonaire et la charge bacillaire, ce qui s’aligne
avec les observations d’autres auteurs africains
[14,23] qui notent la prévalence de la toux et des
signes respiratoires mais avec des variations liées à
l’âge et au stade de la maladie. Le syndrome
paraclinique positif se manifeste par la positivité de
la RBAAR (85,93 %), du GeneXpert (46,67 %) et
des anomalies radiographiques, principalement des
macro-opacités (68,88 %) et micro-opacités
(20,74 %). Ces résultats confirment l’importance de
combiner les arguments cliniques, microbiologiques
et radiologiques pour le diagnostic pédiatrique,
comme le suggèrent certains auteurs [7,13]. Dans
notre étude la mortalité hospitalière chez les enfants
atteints de tuberculose pulmonaire était de 12,78 %.
Cette léthalité est supérieure à celles de Barry et al,
Aziagbe et al qui ont relevé respectivement 5,41 %
et 9,3% [13,14]. Ces chiffres peuvent varier en
fonction du délai de diagnostic, de la sévérité des
formes cliniques et de la comorbidité.
CONCLUSION
La tuberculose pulmonaire demeure un problème
majeur de santé publique à Bangui en raison de sa
morbidité et mortalité élevée. La majorité des
enfants inclus n’étaient pas vaccinés. La mortalité est
élevée, particulièrement chez les enfants de moins de
cinq ans. Il est nécessaire de renforcer la couverture
vaccinale, d’améliorer le dépistage précoce, de
faciliter l’accès au diagnostic et aux traitements, de
soutenir les stratégies de promotion de l’alimentation
infantile adossées aux programmes de sensibilisation
sur la nutrition et de prévention du VIH pédiatrique.
REFERENCES
1. Organisation mondiale de la Santé. L'Union
africaine et l'Organisation mondiale de la Santé
appellent à une action rapide contre la tuberculose
chez les enfants en Afrique. Brazzaville : OMS
Bureau Régional Afrique;2022:1p. Disponible sur
https://who-africa.africa-
newsroom.com/press/african-union-and-world-
health-organization-who-urge-swift-action-
against-childhood-tuberculosis?lang=fr Consulté
le 12 Février 2023.
2. World Health Organization. Global tuberculosis
report 2023. Genève: Organisation mondiale de la