3. Caractéristiques morphologiques
La macroscopie avait retrouvé 89% des tissus
blanchâtres friables ressemblant à du fromage et la
microscopie avait mis en évidence des territoires de
granulome épithélioïde gigantocellulaire centré par
une nécrose caséeuse dans 100% des cas, permettant
ainsi de conclure à une tuberculose.
Figure 1 (HEX20) : image histologique de
tuberculose ganglionnaire (source LNBCSP)
DISCUSSION
Au cours de notre étude la prévalence de la
tuberculose extra-pulmonaire diagnostiquée par
l’histopathologie était de 3,63%. Notre fréquence
était supérieure à celle de Koffi et al [6] qui était de
2,27% en 2017. Ceci pourrait s’expliquer par
l’augmentation du nombre des prélèvements adressés
au service d’anatomie pathologique pour analyse.
L’âge moyen de survenue était à 22,33 ± 13,6 ans
avec des extrêmes de 1 à 70 ans. Une prédominance
de tuberculose extra-pulmonaire dans la tranche
d’âge de 1 à 15 ans était observée. Par contre certains
auteurs ont retrouvé une prédominance dans les
extrêmes d’âge (enfance ≥ 5ans et la vieillesse >65
ans). Ce qui selon eux se justifiait par l’immaturité
immunitaire chez les enfants et l’immuno-senescence
chez les personnes âgées [6,7]. Ce pendant toutes ces
données ont montré que les sujets de tout âge peuvent
être atteints, ce qui marque le caractère contagieux de
cette maladie comme l’ont relevé Chahboune et al
[8]. Les sujets des 2 sexes étaient atteints, avec une
prédominance masculine et un sex-ratio de 1,47. Ces
données corroborent les travaux de certains auteurs
[8]. Par contre d’autres ont plutôt observé une
prédominance féminine de la tuberculose extra
pulmonaire [5,9]. La plupart des patients (80%)
présentaient des signes d’imprégnation tuberculeuse
qui pouvaient créer un terrain propice de
dissémination hématogène à l’origine des atteintes
extra-pulmonaires [4]. La localisation la plus
fréquente était ganglionnaire (73,68%), le même
constat a été fait par certains auteurs [5,6]. Les
localisations génitales étaient observées chez les
sujets de 15 à 44 ans, ce qui a été confirmé par les
travaux de Afalah et Bensouda [11,12]. Par contre
d’autres auteurs ont rapporté des cas en période post
ménopausique [13]. L’étude avait noté que, certaines
localisations telles que le péritoine et les organes
génitaux font suspecter un cancer, ce qui corrobore
les travaux de certains auteurs [13,14]. D’autres ont
même noté une coexistence de la tuberculose de
l’endomètre avec le cancer du col [15]. Ce qui atteste
que l’immunodépression causée par le cancer peut
créer un terrain propice à une greffe de tuberculose
qui est de nos jours considérée comme une maladie
opportuniste. Devant cette incertitude, l’histologie
demeure plus que jamais un examen qui permet
d’éliminer un éventuel cancer. Au plan histologique,
L’analyse de tous les prélèvements a mis en évidence
un granulome épithélioïde giganto-cellulaire centré
par une nécrose caséeuse dans 100% des cas. Par
contre pour d’autres auteurs, le granulome
épithélioïde giganto-cellulaire était associé à une
nécrose caséeuse que dans 75% de cas [16]. Mais
l’absence d’une nécrose caséeuse, ne doit en aucun
exclure d’emblée le diagnostic, ceci doit au contraire
inciter à des prélèvements multiples, afin d’optimiser
la probabilité de mettre en évidence la nécrose
caséeuse pour confirmer le diagnostic. Car l’absence
de la nécrose caséeuse peut faire évoquer d’autres
pathologies telle que la sarcoïdose, d’où l’intérêt de
la biologie moléculaire.
CONCLUSION
La tuberculose extra pulmonaire est une affection
fréquente dans les pays endémiques, pouvant toucher
les sujets de tout âge avec une prédominance chez
l’enfant. Les sujets des deux sexes peuvent être
atteints avec une prédominance masculine. La
localisation la plus fréquente est ganglionnaire, les
autres localisations telles que péritonéales et génitales
peuvent faire suspecter un cancer, d’où l’importance
de l’analyse histologique qui demeure dans nos
contextes un examen de certitude. Vue le taux élevé
d’infection par le VIH dans nos régions, une étude
portant sur la coïnfection tuberculose extra
pulmonaire et VIH serait nécessaire afin d’établir un
lien entre les deux pathologies.
REFERENCES
1. World Health Organisation. Global tuberculosis
report 2024. Consulté le 1er sept 2025.
2. Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Global tuberculosis report 2016. Switzerland,
WHO/HTM/TB/2016.13, 201p.
3. Mazza-Stalder J, Nicod L, Janssens JP.
Extrapulmonary tuberculosis. Rev Mal Respir
2012Apr;29(4):566-78.
4. Tékpa G, Fikouma V, Téngothi RMM, Longo
JJD, Amakadé Woyengba AP, Koffi B . Aspects
épidémiologiques et cliniques de la tuberculose