
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°003/Décembre 2023 - 38
concordance avec les résultats de plusieurs auteurs
[11-14]. Le délai entre le diagnostic et le début de la
radiothérapie était en moyenne de 46 jours. Le délai
d’attente dans l’étude réalisée par Huchard [10] était
en moyenne de 3 mois. Le centre de radiothérapie,
étant un nouveau centre, est mal connu par les
prescripteurs et la population. Aussi l’accessibilité
est difficile pour certaines patientes pour des raisons
financières. Au Sénégal, la file d’attente des
patientes pour la radiothérapie serait plus
importante, car la radiothérapie existe depuis
plusieurs années et serait accessible pour tous, d’où
un délai d’attente plus longue que le nôtre. Si toutes
la patientes avaient bénéficié d’une radiothérapie
néoadjuvante, la radiochimiothérapie concomitante
n’avait été administrée qu’à 69,2% d’entre elles.
Ceci était dû au fait que les patientes étaient vues à
un stade tardif de la maladie. Nos constatations
rejoignent celles de Huchard au Maroc qui a aussi
rapporté une forte proportion des cancers du col au
stade avancé et soumis au même protocole
(radiochimiothérapie concomitante) dans 81% des
cas contre 8 % de radiothérapie exclusive [10]. Ces
résultats montrent que le cancer du col est souvent
diagnostiqué à un stade tardif de la maladie. Un
programme de dépistage du cancer du col doit être
développé pour favoriser le diagnostic précoce de
cette affection grave. Onze patientes (84,6%) avaient
reçu le protocole standard de 70 Gy pour un
traitement curatif, à raison de 2 Gy par fraction, pour
un étalement de 35 jours. Deux patientes (15,4%)
avaient reçu 30 Gy pour un traitement palliatif, à
raison de 3 Gy par fraction, pour un étalement de 10
jours. Dans l’étude de Khayat au Maroc, 65% des
patientes irradiées ont reçu une dose de 46 Gy en 23
fractions de 2 Gy, 26,4 % ont reçu 50 Gy en 25
fractions, tandis que 7,6% des cas ont reçu 45 Gy en
25 fractions de 1,8 Gy par fraction. Au final,
uniquement 1% des patientes a reçu une dose de 60
Gy en 30 fractions de 2 Gy. L’étalement de la RTH
externe variait entre 35 jours et 63 jours avec une
moyenne de 40 jours [11]. Les principales
complications étaient les troubles digestifs retrouvés
chez 61,5% des patientes, suivis des douleurs
pelviennes dans 23,1%. La radiodermite était
retrouvée dans 15,4% des cas. Ce même constat a été
fait dans l’étude de Huchard avec une fréquence de
45% de radiodermite [10]. Avec un recul d’un an
après la radiothérapie, 61,5% des patientes avaient
un bon contrôle locorégional (BCLR). Une patiente
était perdue de vue. Dans 30,8%, il était noté un
décès. La survie globale dans les études maliennes
[12] est de 94,8% à un an. Cependant nous
constatons que notre taux de survie (BCLR) à un an
est supérieur à celui de Huchard qui avait trouvé un
BCLR chez 47% des patientes [10]. Cela pourrait
s’expliquer par le fait que nous ayons enregistré une
faible fréquence de réalisation de la radiothérapie à
cause des difficultés sus-mentionnées.
CONCLUSION
Bien que n’ayant pas couvert une population plus
importante, cette étude a montré l’apport de la
radiothérapie dans le cancer du col de l’utérus en
améliorant la survie de plus la moitié des patientes.
Pour obtenir de meilleurs résultats, le dépistage
précoce doit constituer une priorité pour la
population et les autorités sanitaires.
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