ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°001/Avril 2023 - 29
l’éducation des enfants. Par contre le surpoids/obésité
a des conséquences néfastes sur l’état de santé,
notamment la survenue des maladies
cardiovasculaires, métaboliques et autres [15-18]. La
proportion de surpoids/obésité dans cette étude était
de 3% chez les filles contre 2,1% chez les garçons.
Cette prédominance féminine a été rapportée par
Raiah en 2012 à Oran (16,4%), Muhihi en 2013 à
Dar es Salam en Tanzanie (19,4%) et Imane et al en
2016 au Maroc (6,47%) [16,17,19]. Cette différence
entre les sexes pourrait être expliquée par le fait qu’en
général les garçons ont une plus grande disposition à
la pratique d’activité physique et sont moins
sédentaires que les filles. Il faut souligner le rôle de la
puberté dans le développement de la masse grasse et
son impact sur la surestimation de la surcharge
pondérale chez les filles durant cette période
[16,17,19,20]. La maigreur était plus élevée chez les
filles (16,8%). Une prédominance féminine a été
observée dans les études de Talhaoui [21] en 2017 à
Kenitra au nord-ouest Marocain (18,1%) et Flenon
[18] en 2018 à Cotonou au Bénin (31%). Dans notre
étude, il n'y avait pas de différence significative entre
le sexe et l’IMC des enfants étudiés. La malnutrition
sous ses deux formes surpoids/obésité (5,7%) et
maigreur (17%) était beaucoup plus observée chez les
enfants de moins de 10 ans que ceux de 10 à 15 ans
(1,4 versus 15,6%). Il existe une relation
statistiquement significative entre l’IMC et l’âge
(p=0,006). Ce double fardeau nutritionnel
s’expliquerait par l’inadéquation alimentaire. Le
surpoids/obésité plus marqué chez les enfants de
moins de 10 ans nécessite une éducation
nutritionnelle car les enfants et les adolescents en
surpoids tendent à devenir des adultes également
obèses, lesquels auront pour conséquence le diabète,
les cardiopathies et les accidents vasculaires
cérébraux qui freinent le développement économique
[10]. Le niveau d'étude de la mère constituait un
facteur influençant l'état nutritionnel de l’enfant.
Selon les résultats de la présente étude, plus le niveau
d'étude de la mère était bas, plus la proportion des
enfants en surpoids/obésité (75%) et en maigreur était
élevée (75,5%) avec une différence statiquement
significative (p=0,04). Ces proportions élevées
s’expliqueraient par la méconnaissance d’utilisation
des aliments par les mères ayant un bas niveau
d’instruction. Le déficit en taille ou le retard de
croissance staturale était de 12,1% de cas. Cette
proportion était supérieure à celle rapportée par
Imane en 2016 au Maroc (8,9%) mais superposable à
celle retrouvée par Talhaoui et al. en 2017 à Kenitra
au nord-ouest Marocain (10,9%) [16,21]. La variance
observée des taux pourrait être due à des différences
des zones d’étude, des facteurs socioéconomiques,
des habitudes alimentaires [16,21]. Le retard de
croissance staturale était plus élevé chez les garçons
que les filles (18,7% versus 6,6%) avec p = 0,003. Ce
constat a été fait par Fetralinjiva et al à Madagascar
en 2013 avec 36% des cas chez les garçons et 32%
chez les filles. La prédominance du retard de
croissance chez les garçons pourrait être due à des
différences dans les configurations domestiques, le
favoritisme du genre et les partialités parentales pour
les enfants de sexe féminins [22].
CONCLUSION
Cette étude réalisée en milieu scolaire primaire
portant sur l’identification des facteurs influençant
l’état nutritionnel des enfants d’âge scolaire dans le
neuvième arrondissement de la ville de N’Djamena a
permis de mettre en évidence des cas de malnutrition
sous toute sa forme (dénutrition ou surnutrition, aigue
ou chronique). Plusieurs facteurs socio-économiques
influençant l’état nutritionnel des élèves ont été
identifiés. La connaissance des facteurs prédictifs de
l’altération de l’état nutritionnel que ce soit le risque
de surpoids/obésité, de maigreur ou le retard de
croissance permettrait au pouvoir public d’organiser
un plan de lutte efficace contre ce fléau, car il est plus
facile de prévenir que de traiter les troubles
nutritionnels.
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