ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°001/Avril 2023 - 1
ARTICLE ORIGINAL
Identification des facteurs influençant l’état nutritionnel des élèves d’âge scolaire dans le
9ème arrondissement de la ville de N’Djamena (Tchad)
Identification of factors influencing the nutritional status of school-age students in the 9th
district of the city of N’Djamena (Chad)
Josephine Nodjitoloum Toralta1, Ildjima Ousmne Kedallah1, Adrienne Ngaringuem1, Lhangadang Foumsou2,
Abdelsalam Tidjani3
1. Service de pédiatrie, Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant N’Djamena- Tchad.
2. Service de Gynécologie Obstétrique, Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant N’Djamena-
Tchad.
3. Faculté des Sciences de la Santé Humaine, Université de Ndjamena Tchad.
Auteur correspondant : Toralta Nodjitoloum Joséphine, Service de pédiatrie, Centre Hospitalier Universitaire de
la Mère et de l’Enfant – N’Djaména ; Mail : josephinetoralta@gmail.com
Reçu le 24/11/2022 ; Accepté le 22/02/2023
RESUME
Introduction : La malnutrition affecte les enfants d’âge
scolaire dans les pays en développement en général et le
Tchad en particulier. Ce travail avait pour objectif
d’identifier les facteurs influençant l’état nutritionnel
des élèves d’âge scolaire dans le 9ème arrondissement de
N’Djamena.
Méthodes et Patients : Il s’agissait d’une étude
transversale à visée descriptive et analytique, menée
dans le mois de mai 2021, dans quatre écoles primaires
tirées au hasard dans le 9ème arrondissement de la ville
de N’Djamena. Les variables étudiées étaient les
mesures anthropométriques des élèves, les
caractéristiques socioéconomiques des parents, et les
régimes alimentaires des élèves. Ces variables ont été
analysées grâce au logiciel SPSS18.0
Résultats : La prévalence globale de la malnutrition
était de 30,8%. L’’âge moyen était de 11,6 ans, les filles
étaient les plus touchées avec 54,4% des cas. La
prévalence du retard de croissance staturale, de maigreur
et de surpoids/obésité était respectivement de 12,1%,
16,1%, et 2,6%. Les garçons étaient significativement
(p= 0,003) plus touchés par le retard de croissance que
les filles avec 18,7% contre 6,6%. Le surpoids/obésité
dans 75% et la maigreur dans 75,5% des cas ont été
observés chez les enfants ayant de mères non instruites
ou de niveau primaire (p=0,04). Le retard de croissance
était observé de manière significative (p=0,02) chez les
enfants de pères non instruits ou de niveau primaire
(37,8%).
Conclusion : La malnutrition existe en milieu scolaire
primaire du 9ème arrondissement de N’Djamena. Le
niveau d’instruction des parents influence l’état
nutritionnel des élèves. La connaissance de malnutrition
et les facteurs influençant nécessitent d'instaurer des
stratégies de lutte adéquates et ciblées chez les enfants
d'âge scolaire.
Mots clés : Etat nutritionnel, élèves, Facteurs, Neuvième
arrondissement, N’Djamena, Tchad
ABSTRACT
Introduction: Malnutrition affects school-age children
in developing countries in general and Chad in
particular. This work aimed to identify the factors
influencing the nutritional status of school-age students
in the 9th discrict of N'Djamena.
Methods and Patients: It was a cross-sectional study
for descriptive and analytical purposes, conducted
during the month of May 2021, in four randomly
selected primary schools in the 9th discrict of
N'Djamena. The variables studied were
anthropometric measures of students, socioeconomic
characteristics of parents, and students’ diets. These
variables were analyzed using SPSS18.0 software.
Results: The overall prevalence of malnutrition was
30.8%. The average age was 11.6 years, girls were the
most affected with 54.4% of cases. The prevalence of
stunted growth, thinness and overweight/obesity was
respectively 12.1%, 16.1%, and 2.6%. Boys were
significantly (p=0.003) more affected by stunted
growth than girls with 18.7% versus 6.6%.
Overweight/obesity in 75% and thinness in 75.5% of
cases were observed in children with uneducated or
primary level of education mothers (p=0.04). Stunted
growth was observed significantly (p=0.02) in
children of fathers with no education or primary level
education (37.8%).
Conclusion: Malnutrition exists in primary schools
in the 9th district of N'Djamena. The level of
education of parents influences the nutritional status
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Série D, VOL 9, N°001/Avril 2023 - 26
of students. Knowledge of malnutrition and the
influencing factors require the instauration of
adequate and targeted strategies for school-age
children.
Keywords: nutritional status, students, factors, 9th
district, N'Djamena, Chad.
INTRODUCTION
La malnutrition dans l’enfance est un grave problème
de santé publique qui contribue à une morbidité et une
mortalité accrue, freine le développement intellectuel,
amoindrit la capacité de travail à l’âge adulte, voire
entraine une augmentation du risque de maladie à
l’âge adulte [1]. Dans les pays en voie de
développement, la santé des enfants de 0 à 5 ans attire
particulièrement l’attention des autorités en vue
d’améliorer leurs conditions de vie et leur état de
santé. Cependant, les enfants de 6 à 15 ans sont très
peu présents sur la scène scientifique de ces pays [2].
Il est actuellement établi que les enfants de 6 à 15 ans
ne sont pas mieux portants que ceux de moins de 5
ans. Bien au contraire, ces enfants souffrent de
dénutrition qui peut survenir à tout âge [3]. Les
problèmes nutritionnels chez l’enfant sont
multifactoriels et peuvent être aggravés par les
facteurs environnementaux qui interagissent entre
eux, parmi lesquels l’insécurité alimentaire, les
pratiques alimentaires inappropriées, les infections et
leurs corollaires, le manque d’hygiène [4,5]. Selon
l’organisation des nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) la sous-alimentation est la plus
élevée en Afrique centrale (31,8%) et en Afrique de
l’Est 28,1% en 2021. Environ 224 millions de
personnes seraient ainsi en sous-alimentation sur le
continent, soit un peu plus de 25% des 815 millions
d’êtres humains souffrant de la faim dans le monde
[6]. Selon l’enquête SMART 2022, au niveau
national, la prévalence de la Malnutrition Aigüe
Globale (MAG) a été estimée à 8,6% comprise entre
7,9% et 9,4%. La prévalence de la malnutrition aigüe
chez les enfants de 6 à 59 mois est estimée à 5,2% au
niveau national contre 6,5% lors de la SMART 2021.
S’agissant du retard de croissance, sa prévalence est
estimée à 28,0% au niveau national contre 30,4% lors
de la SMART 2021, L’insuffisance pondérale est
estimée à 18,9% au niveau national contre 21,6% en
2021 [7]. Les séquelles de la malnutrition carentielle
provoquent un affaiblissement des défenses
immunitaires, une sensibilité accrue aux maladies, un
retard de développement physique et intellectuel qui
sont sources de maladies infectieuses. Elles
constituent aussi un obstacle au processus
d’apprentissage, résultant d’une accumulation de
difficultés scolaires et un taux élevé d’abandon [8,9].
L’autre facette de la malnutrition que sont le surpoids
et l’obésité ont pour conséquence à l’âge adulte le
diabète, les cardiopathies et les accidents vasculaires
cérébraux qui freinent le développement économique
car les enfants et les adolescents en surpoids tendent
à devenir des adultes également obèses [10]. Nous
avons ainsi voulu étudier les facteurs influençant
l’état nutritionnel des enfants d’âges scolaire dans le
9ème arrondissement de la ville de N’Djamena, et
d’identifier les obstacles socioéconomiques à une
nutrition adéquate pour cibler par la suite les
campagnes de prévention et d’éducation à la
population.
MTHODES
Il s’agissait d’une étude transversale et descriptive
étalée sur une période d’un mois allant du 1er au 31
Mai 2021. L’étude s’était déroulée au 9ème
Arrondissement, qui est située au sud-Ouest de la
ville de N’Djaména. Elle est subdivisée en sept (7)
quartiers repartis dans la Commune à savoir Walia
Hadjarai, Walia Ngoumna, Ndingangali, Nguéli,
Toukra, Gardolé, Kabé et regroupe toutes les couches
sociales [11]. La population d’étude était composée
des élèves fréquentant les quatre écoles primaires
choisies dans le 9ème arrondissement de la ville de
N’Djamena. Nous avons tiré au hasard ces quatre
écoles du 9ème arrondissement. Les élèves âgés de 6 à
15 ans issus de ces écoles, présents le jour de
l’enquête et ayant consenti ont été inclus dans l’étude.
Cependant tous ceux qui n’avaient pas accepté de
participer n’ont pas été inclus. Les données ont été
collectées sur une fiche d’enquête préalablement
établie à cet effet afin d’obtenir des informations
d’ordre :
- Démographique et socio-économique notamment
: l’âge, le sexe, la fratrie. Les paramètres
anthropométriques (poids, taille), La profession
des parents, le niveau d’instruction des parents.
- Habitude de vie et alimentaire de l’enfant :
Alimentation, type d’aliment, nombre et
fréquence des repas, hygiène (la qualité d’eau,
lavage des mains avec de l’eau et du savon après
la toilette et avant le repas, fréquence de brossage
des dents).
- La balance numérique et la toise ont été utilisées
pour la prise de poids et de la taille.
- Les élèves ont été pesés pieds nus, habilles d’un
vêtement léger ou sous-vêtement.
- La taille a été prise debout, pieds-nus, cheveux
décoiffés ou dénoués.
Les indices taille/âge et IMC/âge de l’OMS ont été
utilisés [12].
L’indice de masse corporelle ou indice de Quételet
était calculé selon la formule suivante
IMC = poids
(taille)2 ;
Il s’interprète de la manière suivante :
- Le z-score < - 3 traduit la maigreur sévère
- Le z-score < - 2 traduit la maigreur modérée
- Le z-score > +1 traduit le surpoids
- Le z-score > +2 traduit l’obésité
La taille/âge, indicateur de malnutrition chronique
modérée ou sévère, permettait d’évaluer le retard de
croissance et s’interprétait de la manière suivante :
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- Z-score compris entre -2 à -3 DS ou ˂-2 DS
traduit une malnutrition chronique modérée.
- Z-score ˂-3 DS traduit une malnutrition
chronique sévère.
- -2 ˂ z-score ˂ +2 est la médiane (la norme)
- z-score est supérieur à + 2 DS, traduit la grande
taille.
Ces deux indices étaient interprétés selon les courbes
de référence de l’OMS de 5 à 19 ans [12]. Nous
avions eu l’autorisation de la commission d’éthique
de la Faculté des Sciences de la Santé Humaine de
N’Djaména et de l’inspecteur départemental de
l’éducation de base de la commune du neuvième
arrondissement de la ville de N’Djamena avant de
commencer l’étude. L’autorisation de l’Inspecteur
Départemental de l’Education a été transmise aux
Inspecteurs Pédagogiques puis aux responsables des
différents établissements scolaires concernés par
l’étude. Un formulaire de consentement éclairé a été
adressé aux parents d’élèves. Les données collectées
de l’enquête sur le terrain ont été analysées par le
logiciel SPSS 18.0.0 et Excel. Les résultats étaient
présentés sous formes de tableaux et de figures. Les
données quantitatives étaient exprimées en moyenne
± écart-type et celles qualitatives en pourcentage. Le
test Khi² de Pearson était utilisé pour la comparaison
des variables qualitatives avec un seuil de
signification à 5% (p< 0,05).
RSULTATS
Nous avons recruté 305 élèves répondant aux critères
d’inclusion. La malnutrition a été retroue chez 94
d’entre eux. La prévalence de la malnutrition était de
30,8%. L’âge moyen des élèves était de 11,69 ans
avec des extrêmes de 7 et 15 ans. La population
d’étude était composée de 139 garçons (45,6%) et 166
filles (54,4%). Le sexe ratio était de 0,84. La tranche
d’âge la plus représentée était celle de 10 à 15 ans
(71,1%). Concernant la fratrie, 283 élèves (92,8%)
avaient plus de 2 personnes dans la famille (tableau
I).
Tableau I : répartition des élèves selon le sexe, l’âge
et la fratrie.
Paramètres
Effectif
(n=305)
%
Sexe
Masculin
139
45,6
Féminin
166
54,4
Tranches d’âge
305
100
˂ 10
88
28,9
10-15
217
71,1
Fratrie
305
100
1 personne
6
2
2 personnes
16
5,2
> 2 personnes
283
92,8
Le retard de croissance et la maigreur étaient les
signes marquant de la malnutrition (tableau II).
Tableau II : Répartition des élèves en fonction des
mesures anthropométriques
Paramètres
Effectif
%
Retard de croissance
37
12,1
Maigreur
49
16,1
Obésité
3
1,0
Surpoids
6
1,9
Normal
210
68,9
Total
305
100
Selon le rapport IMC/âge les enfants de moins de 10
ans étaient touchés par la maigreur sévère dans
(1,1%) et maigreur modérée (15,9%) de cas, et du
surpoids/obésité dans (5,7%). Il existe une relation
statistiquement significative entre l’âge des enfants et
l’IMC (p=0,006) (Tableau III).
Tableau III : IMC selon l'âge des enfants
Score
< 10 ans
(n=88)
10 à 15 ans
(n=217)
< -3 z
1 (1,1)
12 (5,5)
< -2 z
14 (15,9)
22 (10,1)
-2 < z- < + 1
68 (77,3)
180 (83)
> +1z
5 (5,7)
1 (0,5)
> +2z
0 (0)
2 (0,9)
p
0,006
Un retard de croissance staturale (37,8%) a été
observé chez les enfants ayant des pères sans
instruction ou de niveau primaire, avec une relation
statistiquement significative (p <0,02) (Tableau IV).
Il a également été constaté chez 97,3% des enfants
dont le père et la mère exerçaient dans le secteur
informel.
L’usage des brosses à dents était rapporté dans 63%
des cas avec une fréquence journalière supérieure à 2
dans 17,2% des cas. La consommation régulière des
fruits était rapportée à 18%, celle des poissons à
10,5%, des légumes à 6,2% et de la viande à 1,3%.
Le retard de croissance staturale, 37,8%, a été observé
chez les enfants ayant des pères sans instruction ou de
niveau primaire avec relation statistiquement
significative (p <0,02).
La consommation régulière des fruits était rapportée
à (18%), celle des poissons à (10,5%), des légumes à
(6,2%) et de la viande à (1,3%).
L’état de maigreur, de surpoids/obésité étaient
observé respectivement dans 75% et 75,5% chez les
enfants ayant de mères sans instruction ou de niveau
primaire avec une différence statistiquement
significative (p<0,04).
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Tableau IV : Répartition des élèves selon rapport taille/âge et les facteurs socio-économiques des parents
Paramètres
Rapport taille/âge
p
< -3 z
-2˂z˂-3 z
-2 ˂ z- ˂ +2
˃ + 2 z
Effectif (%)
Effectif (%)
Effectif (%)
Effectif (%)
Père
Profession
Fonctionnaire
5 (50)
11 (40,7)
154 (59,2)
4 (50)
0,29
Privé
2 (20)
2 (7,4)
23 (8,8)
0 (0)
Informel
3 (30)
14 (51,9)
83 (32)
4 (50)
Niveau d’instruction
Sans instruction et primaire
5(50)
9 (33,3)
52 (19,9)
4 (50)
0,02
Secondaire
1 (10)
11(40,7)
105 (40,4)
0 (0)
Universitaire
4 (40)
7 (26)
103 (39,6)
4 (50)
Mère
Profession
Fonctionnaire
1 (10)
0 (0)
28 (10,8)
2 (25)
0,37
Privé
0 (0)
0 (0)
7 (2,7)
0 (0)
Informel
9 (90)
27 (100)
225 (86,5)
6 (75)
Niveau d’instruction
Sans instruction et primaire
8 (80)
20 (74,1)
161 (62)
5 (62,5)
0,46
Secondaire
1 (10)
7 (25,9)
85 (32,7)
2 (25)
Universitaire
1 (10)
0 (0)
14 (5,3)
1 (12,5)
Tableau V : Répartition des élèves selon IMC et les facteurs socio-économiques des parents
Paramètres
Rapport IMC/AGE
p
< -3 z
< -2 z
-2˂z˂-3 z
-2 ˂ z- ˂ +2
˃ + 2 z
Effectif (%)
Effectif (%)
Effectif (%)
Effectif (%)
Effectif (%)
Père
Profession
Fonctionnaire
7 (53,8)
19 (52,8)
145 (58,5)
2 (33,3)
1 (50)
0,73
Privé
1 (7,7)
2 (5,5)
24 (9,7)
0 (0)
0 (0)
Informel
5 (38,5)
15 (41,7)
79 (31,8)
4 (66,7)
1 (50)
Niveau d’instruction
Sans instruction et primaire
4 (30,8)
6 (16,6)
57 (23)
3 (50)
0 (0)
0,59
Secondaire
6 (46,2)
17 (47,2)
91 (36,7)
2 (33,3)
1 (50)
Universitaire
3 (23)
13 (36,1)
100 (40,3)
1 (16,7)
1 (50)
Mère
Profession
Fonctionnaire
1 (7,7)
3 (8,3)
27 (10,8)
0 (0)
0 (0)
0,93
Privé
0 (0)
0 (0)
7 (2,8)
0 (0)
0 (0)
Informel
12 (92,3)
33 (91,6)
214 (86,3)
6 (100)
2 (100)
Niveau d’instruction
Sans instruction et primaire
12 (92,3)
25 (69,4)
151 (60,8)
5 (83,3)
1 (50)
0,04
Secondaire
1 (7,7)
10 (27,8)
83 (33,5)
1 (16,7)
0 (0)
Universitaire
0 (0)
1 (2,7)
14 (5,6)
0 (0)
1 (50)
DISCUSSION
La malnutrition des enfants dans les pays en voie de
développement reste à ce jour un problème majeur de
santé publique. Les études traitant de la nutrition et
des habitudes alimentaires en milieu scolaire au
Tchad sont rares. Notre étude révèle une prévalence
globale de malnutrition de 30,8%. Les filles étaient
les plus représentées, avec un sexe ratio de 0,83. Ce
résultat est similaire à celui rapporté par Nem
Tchuenteu au Cameroun en 2009 qui note une
prédominance des filles (52,5%) avec un sexe ratio de
0,9. Par contre, Robingue au Tchad en 2019 dans une
étude menée en milieu scolaire secondaire trouve une
prédominance masculine dans 53,7% des cas. Cette
discordance par rapport au sexe, montre que les filles
sont nombreuses au niveau scolaire primaire et
finissent par abandonner les cours au niveau
secondaire au détriment du mariage et aux travaux
ménagers [11,13]. La moyenne d’âge des élèves était
de 11,69 ± 1,87 avec des extrêmes de 7 et 15 ans. Elle
est comparable à celle d’Achouri et al à Kenitra au
Maroc en 2016 qui est de 10,75 ans ± 1,40 avec des
extrêmes de 6 et 15 ans [14]. Le surpoids incluant
l’obésité a été observé dans 2,6% des cas. Ce résultat
se rapproche de ceux retrouvés par Djadou en 2010
au Togo (4,6%), Imane et al. en 2016 au Maroc
(4,76%) [15,16]. La maigreur a été rapportée chez
16,1% des enfants. Ce résultat est superposable à
celui de Muhihi en 2013 à Dar es Salam en Tanzanie
(14,5%) mais inférieur à celui Flenon en 2018 à
Cotonou au Bénin (24%) [17,18]. Ces données
laissent penser qu’il existe un double fardeau
nutritionnel. C’est une préoccupation majeure car la
dénutrition peut handicaper le développement et
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l’éducation des enfants. Par contre le surpoids/obésité
a des conséquences néfastes sur l’état de santé,
notamment la survenue des maladies
cardiovasculaires, métaboliques et autres [15-18]. La
proportion de surpoids/obésité dans cette étude était
de 3% chez les filles contre 2,1% chez les garçons.
Cette prédominance féminine a été rapportée par
Raiah en 2012 à Oran (16,4%), Muhihi en 2013 à
Dar es Salam en Tanzanie (19,4%) et Imane et al en
2016 au Maroc (6,47%) [16,17,19]. Cette différence
entre les sexes pourrait être expliquée par le fait qu’en
général les garçons ont une plus grande disposition à
la pratique d’activité physique et sont moins
sédentaires que les filles. Il faut souligner le rôle de la
puberté dans le développement de la masse grasse et
son impact sur la surestimation de la surcharge
pondérale chez les filles durant cette période
[16,17,19,20]. La maigreur était plus élevée chez les
filles (16,8%). Une prédominance féminine a été
observée dans les études de Talhaoui [21] en 2017 à
Kenitra au nord-ouest Marocain (18,1%) et Flenon
[18] en 2018 à Cotonou au nin (31%). Dans notre
étude, il n'y avait pas de différence significative entre
le sexe et l’IMC des enfants étudiés. La malnutrition
sous ses deux formes surpoids/obésité (5,7%) et
maigreur (17%) était beaucoup plus observée chez les
enfants de moins de 10 ans que ceux de 10 à 15 ans
(1,4 versus 15,6%). Il existe une relation
statistiquement significative entre l’IMC et l’âge
(p=0,006). Ce double fardeau nutritionnel
s’expliquerait par l’inadéquation alimentaire. Le
surpoids/obésité plus marqué chez les enfants de
moins de 10 ans nécessite une éducation
nutritionnelle car les enfants et les adolescents en
surpoids tendent à devenir des adultes également
obèses, lesquels auront pour conséquence le diabète,
les cardiopathies et les accidents vasculaires
cérébraux qui freinent le développement économique
[10]. Le niveau d'étude de la mère constituait un
facteur influençant l'état nutritionnel de l’enfant.
Selon les résultats de la présente étude, plus le niveau
d'étude de la mère était bas, plus la proportion des
enfants en surpoids/obésité (75%) et en maigreur était
élevée (75,5%) avec une différence statiquement
significative (p=0,04). Ces proportions élevées
s’expliqueraient par la méconnaissance d’utilisation
des aliments par les mères ayant un bas niveau
d’instruction. Le déficit en taille ou le retard de
croissance staturale était de 12,1% de cas. Cette
proportion était supérieure à celle rapportée par
Imane en 2016 au Maroc (8,9%) mais superposable à
celle retrouvée par Talhaoui et al. en 2017 à Kenitra
au nord-ouest Marocain (10,9%) [16,21]. La variance
observée des taux pourrait être due à des différences
des zones d’étude, des facteurs socioéconomiques,
des habitudes alimentaires [16,21]. Le retard de
croissance staturale était plus élevé chez les garçons
que les filles (18,7% versus 6,6%) avec p = 0,003. Ce
constat a été fait par Fetralinjiva et al à Madagascar
en 2013 avec 36% des cas chez les garçons et 32%
chez les filles. La prédominance du retard de
croissance chez les garçons pourrait être due à des
différences dans les configurations domestiques, le
favoritisme du genre et les partialités parentales pour
les enfants de sexe féminins [22].
CONCLUSION
Cette étude réalisée en milieu scolaire primaire
portant sur l’identification des facteurs influençant
l’état nutritionnel des enfants d’âge scolaire dans le
neuvième arrondissement de la ville de N’Djamena a
permis de mettre en évidence des cas de malnutrition
sous toute sa forme (dénutrition ou surnutrition, aigue
ou chronique). Plusieurs facteurs socio-économiques
influençant l’état nutritionnel des élèves ont été
identifiés. La connaissance des facteurs prédictifs de
l’altération de l’état nutritionnel que ce soit le risque
de surpoids/obésité, de maigreur ou le retard de
croissance permettrait au pouvoir public d’organiser
un plan de lutte efficace contre ce fléau, car il est plus
facile de prévenir que de traiter les troubles
nutritionnels.
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Conflit d’intérêt : aucun