ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°003/Décembre 2023 - 28
fréquennce, proche de celle de Siewert, 12,3%, était
plus faible que celle de Taourel, 47% [9,10]. Cela
peut s’expliquer par le fait que pendant environ 2
années le scanner de la clinique Saint sauveur de Kara
était tombé en panne. Le temps de la reprise avait joué
sur l’affluence des patients. La majorité des patients
provenait du CHU de Kara et du CHR de Tomde
(79%). La proximité de ces deux centres de soins de
référence explique en partie cette forte participation
associé au fait que le CHU de Kara est le seul
établissement hospitalier de la localité à disposer des
spécialistes en gastro-entérologie et en chirurgie
viscérale. La proximité d’un centre hospitalier est un
facteur de fréquentation dudit centre, constat fait par
Touré au Mali [11]. Nous avons trouvé un âge moyen
de 50,89 ans avec des extrêmes de 19 à 95 ans. Ces
âges extrêmes confirment que les pathologies
digestives non traumatiques peuvent survenir chez
tout adulte comme l’ont relevé certains auteurs [8,10].
Les femmes étaient les plus représentées dans notre
série (55,9%). Les pathologies tumorales
gynécologiques réquentes dans cette localité
expliquerait ce résultat. La principale indication de la
TDM dans notre étude était la masse abdomino-
pelvienne avec 30,7% de cas suivie de bilan
d’extension de tumeurs (22,9%). Ces résultats ne
concordent pas avec ceux de Siewert [9] qui ont mis
en évidence les occlusions intestinales aigues comme
principale indication dans 45% des cas. La différence
viendrait du fait que cet auteur a travaillé uniquement
sur les pathologies aigues de l’abdomen et du pelvis
non traumatique contrairement au nôtre qui avait pris
en compte toutes les affections non trumatiques. Les
prescripteurs des TDM étaient souvent des médecins,
qu’ils soient spécialistes ou en cours de formation
pour le diplôme de spécialité. Ces résultats ne sont
pas identiques à ceux de Touré au Mali où les TDM
abdominales sont plus prescrits par les médecins
généralistes [11]. En ce qui concerne les résultats des
scanners abdominaux et pelviens, notre étude avait
noté une prédominance des affections tumorales
pelviennes, péritonéales, avec respectivement des
proportions de 16,1% et 8,5%. Les tumeurs
pelviennes étaient dominées par les tumeurs malignes
de l’ovariennes qui se présentent à la TDM sous
différentes formes. Elles associent une lésion
supérieure à 5 cm ; un aspect typiquement mixte,
solide et kystique ; des contours lobulés ; la présence
de cloisons et de septa épais supérieurs à 3 mm avec
un rehaussement important et la présence de
vaisseaux intra tumoraux visibles après injection IV
de produit de contraste iodé [12]. Il ressort de notre
étude que la tomodensitométrie joue un rôle
important dans l’évaluation des caractères malins des
masses ovariennes et constitue le pilier de l'imagerie
de femmes soupçonnées d'avoir un cancer de l'ovaire
sur la base d’une combinaison de son efficacité et de
sa disponibilité. Spencer a fait le même constat de
l’apport de la TDM dans la description des images du
cancer de l’ovaire [13]. La TDM est utile pour
replacer les tumeurs volumineuses dans leur contexte
anatomique en montrant les rapports avec les autres
viscères et avec les parois pelviennes. Par rapport à
l’imagerie par résonance magnétique, la TDM est
d’accès facile même en urgence dans notre contexte.
Elle visualise bien les densités graisseuses et apporte
des informations sur la vascularisation. Elle trouve
aussi sa place dans le bilan d’extension préalable à
une intervention chirurgicale. Elle est aussi
intéressante dans la surveillance et le diagnostic
précoce des récidives avec une spécificité comparable
à l’échographie. Wafaa au Maroc a décrit les mêmes
avantages [12]. Quant aux carcinoses péritonéales,
elles correspondent à des lésions métastatiques d’une
tumeur primitive qu’elle soit pelvienne ou
abdominale. Elles représentent 8,5% de l’ensemble
des pathologies du péritoine. Dans notre série les
carcinoses péritonéales sont le plus souvent
secondaires aux tumeurs malignes ovariennes et
surviennent pour la plupart chez les sujets
relativement jeunes d’âge variant entre 30 et 48 ans.
Ces résultats concordent avec ceux de Voultsinos
[14]. Les autres lésions de carcinose péritonéale sont
secondaires aux tumeurs hépatiques, prostatiques et
gastriques. Concernant les tumeurs malignes
hépatiques, le carcinome hépatocellulaire est la
tumeur la plus fréquente (4,2%) des tumeurs malignes
primitives du foie après les métastases. Selon les
données de la littérature, il représente 80% de toutes
les tumeurs primitives hépatiques. Il survient
majoritairement sur un foie cirrhotique ou sur une
hépatite chronique virale ou alcoolique mais parfois
sur un foie saint. Au cours de cette étude, la majorité
était survenue sur un foie pathologique. En TDM sa
sémiologie associe trois formes : la forme nodulaire
caractérisée par une lésion hypodense de taille
variable, circonscrite, avec un rehaussement
hétérogène et précoce au temps artériel, une vidange
au temps portal. La forme multifocale, caractérisée
par de multiples lésions hypodenses de petite taille,
un rehaussement artériel précoce et important au
temps artériel, une vidange rapide dès le temps portal,
des signes de cirrhose hépatique fréquemment
associés (dysmorphie hépatique, signes
d'hypertension portale). C’est cette forme qui a
prédominé dans notre étude. En fin, la forme diffuse,
qui présente une infiltration lésionnelle hypodense en
plages, un rehaussement hétérogène et précoce lors de
l'injection de produit de contraste iodé, un lavage
précoce avec une densité moindre que le parenchyme
hépatique avoisinant [15].
CONCLUSION
Cette étude a permis de noter que les affections
abdomino-pelviennes non traumatiques sont
fréquentes et variées dans nos services hospitaliers en
général et à Kara en particulier. L’imagerie par la
tomodensitométrie a permis de redresser la suspicion
clinique dominée par les masses abdomino-
pelviennes, les bilans d’extension et les douleurs
abdominales. Le scanner a ainsi contribué à la mise