ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°001/Avril 2023 - 19
péritonéale, un drainage et une fermeture de la paroi.
La mortalité a été enregistré chez ces deux patients
(6,9%). Ils étaient décédés entre 12 et 24 h post
opératoire de la reprise des suites d’un choc poly-
viscéral. Nous avions enregistré une suppuration
profonde pariétale chez deux patients guéris sous
antibiothérapie dirigée. Le délai moyen de reprise du
transit était de 2,5 jours (extrêmes 2 et 5 jours).
L’ablation du drain était en moyenne au 6ème jour post
opératoire. L’alimentation était progressive, autorisée
après l’ablation de la sonde naso-gastrique entre le
3ème et le 6ème jour. La durée moyenne
d’hospitalisation a été de 14 jours (extrêmes 12 et 30
jours).
DISCUSSION
La sténose antre pylorique devient de plus en plus rare
grâce à l’instauration systématique et à l’efficacité du
traitement médical dans les pays développés [4]. Mais
dans les pays en voie de développement, elle est la
principale complication des ulcères gastroduodénales
et des cancers gastriques [4,5]. Diop [5] à Dakar
rapporte 79% des tumeurs gastriques qui se révèlent
par des signes de sténose du pylore. Dans notre série,
l’incidence est de 5 à 6 sténoses gastropyloriques par
an. L’âge moyen des patients présentant une sténose
antropylorique était de 50,41 ans. Diop [5] dans sa
série sur les tumeurs gastriques rapporte un âge
moyen de 58 ans. Le cancer gastrique est rare avant
50 ans et l’âge moyen au moment du diagnostic est de
plus de 70 ans dans les séries occidentales [6].
Yenon et al [7], Konaté et al [8] ont retrouvé
respectivement dans leurs séries un âge moyen
relativement bas (39 ans et 42 ans)
vraisemblablement du fait que leur échantillon est
constitué essentiellement des patients présentant une
sténose antropylorique d’origine ulcéreuse.
La prédominance masculine constatée dans notre
série est rapportée par plusieurs auteurs [6-9].
Les consommateurs d’alcool et de tabac étaient
retrouvés dans respectivement 65,5% et 44,8% des
cas dans notre série. Bouglouga [10] au Togo et
Mellouki [11] au Maroc rapportent aussi une
consommation fréquente d’alcool et de tabac dans
leurs séries.
Le délai moyen de consultation dans notre série après
l'apparition des premiers signes de la maladie était de
6 mois. Ce long délai de consultation s’expliquerait
par le fait que les patients ont tendance à recourir à
des traitements traditionnels ou à l’automédication
avant de se rendre tardivement dans un centre
hospitalier. Ce retard a été constaté dans d’autres
séries africaines [7,12].
La symptomatologie clinique était dominée par le
syndrome de sténose digestive haute (douleurs
abdominales et vomissements dans tous les des cas).
L’amaigrissement dans ¾ des cas et la dénutrition
dans la moitié des cas rendraient compte de
l’ancienneté de la sténose. Yenon et al [7] ont
rapporté dans leur série que l’amaigrissement, les
douleurs abdominales et les vomissements sont les
principaux signes cliniques de la sténose ulcéreuse
pyloro-duodénale.
Le transit baryté œsogastroduodénal réalisé chez tous
nos patients constitue un examen primordial pour
certains auteurs [13,14]. Il permet, en cas de sténose
infranchissable, d’explorer le duodénum en aval de la
sténose. L’endoscopie, est devenue l’examen de
première intention et a remplacé actuellement
l’examen radiologique. Elle permet de reconnaître
l’ulcère, de faire des biopsies et de suivre l’évolution
de la lésion.
Dans notre série, seulement 17 patients (58,6%) ont
réalisé l’endoscopie. L’indisponibilité et le coût élevé
de l’endoscopie la rendent inaccessible à nos patients.
Les étiologies des sténoses antropyloriques étaient
dominées par les maladies ulcéreuses dans la moitié
des cas suivies des cancers et des lésions caustiques.
La sténose ulcéreuse est encore fréquente dans les
pays en voie de développement et représente la
complication la plus fréquente de la maladie
ulcéreuse [15,16].
Par contre le nombre de sténoses cancéreuses dépasse
les sténoses ulcéreuses dans les pays développés [17].
Au plan thérapeutique, tous les patients ont bénéficié
d’une réanimation médicale préopératoire (la
réhydratation, la correction des troubles hydro
électrolytiques et nutritionnels), ainsi qu’une
préparation pré opératoire par une vidange de la stase
gastrique à l’aide d’une sonde d’aspiration continue
la veille de l’intervention. Cette réanimation médicale
est indispensable pour la prise en charge comme le
soulignent certains auteurs [7,13].
Tous nos patients ont été opérés par une laparotomie
médiane xipho-ombilicale. Les gestes chirurgicaux
étaient pratiqués fonction des lésions observées.
Une gastrectomie polaire inferieure avec anastomose
selon FINSTERER était pratiquée chez 20 patients
(69%) pour les sténoses bénignes, et chez 2 (6,9%)
pour des sténoses malignes. Une gastrectomie des 2/3
avec anastomose gastro-jéjunale selon POLYA était
pratiquée chez 2 patients (6,9%).
Pour deux patients présentant une sténose
antropylorique d’origine cancéreuse avec des
métastases à distance, la résection étant contre
indiquée, il a été réalisé une jéjunostomie
d’alimentation.
Les nouvelles techniques thérapeutiques de la sténose
antropylorique bénigne reposent sur le stent simple ou
biodégradable et la dilatation endoscopique qui
donnent de bon résultat et améliore le confort du
patient [18],
L’attitude chirurgicale dans notre série s’explique par
l’indisponibilité de l’endoscopie interventionnelle,
des stents.
Pour le traitement palliatif des sténoses cancéreuses,
2 techniques plus modernes font concurrence à la
méthode classique ouverte : la gastrojéjunostomie
laparoscopique et le stent métallique endoscopique.
Les deux méthodes ont un avantage sur une mortalité
immédiate postopératoire, mais sur le long terme, il