
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 9, N°003/Décembre 2023 - 17
ainsi qu’à celle de leurs nouveau-nés. Le suivi
prénatal est l’occasion de dépister les pathologies
pour offrir les soins permettant l’amélioration de la
santé maternelle et le développement du fœtus
[4,7,12-15]. De ce fait, une absence ou un mauvais
suivi prénatal expose au risque d’évolution des
pathologies qui sont des facteurs de survenue de
faible poids de naissance. Parmi les pathologies
maternelles retrouvées, nous avons noté une
prédominance du paludisme sur la grossesse. Ceci
concorde aux données de la littérature mettant un
lien entre le paludisme et la survenue des naissances
de faible poids qui s’explique par l’envahissement
parasitaire du placenta perturbant le transfert
d’oxygène et des nutriments au fœtus [11,14,16].
Autant la prédominance masculine des nouveau-nés
de faible poids trouvé dans notre série qui n’a pas
d’éléments d’explications, autant la prédisposition
féminine rapporté par plusiuers études [6,8,9,14] ne
trouve pas raisons explicatives. Considérant l’âge
gestationnel, il ressort de ce travail que la
prématurité était la cause la plus fréquente de faible
poids de naissance (63,6%) concordant ainsi à
certaines études [8,9,11,20]. Déterminer l’âge de la
grossesse est souvent difficile dans la plupart des
pays africains, dont la Centrafrique, car il est difficile
de faire préciser la date des dernières règles par les
gestantes. Aussi, leur accès à l’échographie du
premier trimestre qui permet une datation de la
grossesse est souvent difficile. Le groupe des
nouveau-nés de faible poids qui était le plus
représenté dans notre étude était celui de ceux qui
avait un poids compris entre 1500 et 1999 g (38,6%).
Dans l’étude de Bobossi, les plus représentés sont
ceux dont le poids est compris entre 1000 et 1499 g
[6]. La prédominance de l’hypotrophie harmonieuse
est notée dans 61,3% des cas dans notre étude. Par
contre Ngbale et al à Bangui avait rapporté un taux
plus élevé d’hypotrophie dysharmonieuse [21]. Cette
différence est d’ordre méthodologique car la
population d’étude de ces auteurs est constituée
exclusivement des nouveau-nés à terme. Par ailleurs,
le mauvais suivi prénatal que nous avons relevé avec
pour conséquence des infections materno-fœtales
expliquerait cette prédominance de l’hypotrophie
harmonieuse dans notre série. En effet, il a été
prouvé que les infections entrainent des
perturbations de l’évolution normale de la grossesse,
liées d’une part à la réaction inflammatoire qui
accompagne toute infection et d’autre part à la baisse
de l’immunité avec pour conséquence une
surconsommation des réserves énergétiques et
nutritionnelles aboutissant à l’insuffisance pondérale
à la naissance. Les principales complications
médicales observées à l’admission, étaient la
détresse respiratoire (72,7%), l’hypothermie
(50,8%) et l’hypoglycémie (15,3%) qui corroborent
les données de Benleghib et al. dans la région de
Constantine et Soumana et al. au Niger [3,22]. Le
taux de mortalité évalué à 34,9 % dans notre étude
est inférieur à celui rapporté par Bobossi et al. dans
le même service qui est de 41,3 [6]. Cette différence
avec Bobossi et al. pourrait s’expliquer par
l’amélioration de la qualité de soins du fait d’une
plus grande disponibilité des prestataires de soins
qualifiés. Signalons aussi l’impact positif de la
gratuité des soins mis en place dans le service
facilitant l’accès au service de soins. Les données
hospitalières de certains pays africains sont proches
de la nôtre avec respectivement 37,7% au Cameroun
et 34,6% en Côte d’Ivoire, [10,11]. Cependant
Makinko et al. en République Démocratique du
Congo a trouvé un taux plus bas que le nôtre [20]. La
mortalité resté élévée notre étude et serait liée au fait
que le CHUPB représente la principale structure de
référence de prise en charge des nouveau-nés. Le
taux de mortalité précoce de 85,6% demeure très
élevée et préoccupante. Ce résultat similaire à celui
de Bobossi et al dans le même service est rapporté
par certains auteurs [6,11,12]. Cette mortalité
précoce serait liée d’une part aux complications de
la prématurité et d’autre part à l’issue fatale de
certaines pathologies graves des nouveau-nés,
notamment les infections néonatales et l’asphyxie
périnatale.
CONCLUSION
Les naissances de faible poids sont fréquentes à
Bangui et la mortalité y demeure élevée. Les
prématurés sont les plus concernés. Il découle de
cette étude la nécessité du renforcement du suivi de
la grossesse ainsi qu’une amélioration de la prise en
charge des nouveau-nés.
REFERENCES
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d’orientation sur l’insuffisance pondérale à la
naissance. Consulté le 25/11/23 à partir du site :
https://www.who.int/fr.
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développement économique. Santé du
nourrisson: faible poids à la naissance. Consulté
le 25/11/23 à partir du site :https://www.oecd-
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3. Benleghib N, Mahdadi S, Boukabache L, Grine
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4. Elaabsi M, Loukid M, Lamtali S. Etude
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DOI : 10.11604/pamj-oh.2022.9.7.33034.
5. Badshah S, Mason L, McKelvie K, Payne R,
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DOI : 10.1186/1471-2458-8-197.