ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 7, N°001/Avril 2021 38
Sampling sites were the cervix (80.42%), lymph
nodes (9.66%), breast (4.71%). The samples were
taken mainly by desquamation (80.52%), fine needle
aspiration (18.79%). Screening was the primary goal
of the exam (79.28%). The samples were
uninterpretable in 3.53% of the cases. Lesions were
found in 83.4%. The mean time to results was 24.5 ±
15 days.
Conclusion: The cytodiagnosis is the first activity of
the pathological anatomy department. It is oriented
towards screening and mainly concerns pathologies
in women.
Keywords: Cytodiagnosis, Screening, Pathological
anatomy, Bangui
INTRODUCTION : L’anatomie pathologique est
une spécialité médicale qui étudie les modifications
morphologiques des organes au cours des processus
pathologiques [1-4]. Elle se sert des connaissances
fondamentales d’anatomie, d’histologie et de
cytologie normales pour reconnaître des anomalies
morphologiques liées à la maladie. Elle s’appuie sur
des techniques de macroscopie, de chimie,
d’immunochimie, de cytogénétique et de biologie
moléculaire [1,3,5]. Elle utilise deux moyens
techniques pour parvenir à ses fins, l’histologie et la
cytologie. La cytologie est l’étude microscopique
des cellules [1]. Dans un grand nombre de cas, elle
peut s’appliquer aux cellules spontanément
desquamées et ses applications se sont
considérablement étendues grâce aux progrès
techniques de l’endoscopie et des ponctions sous
contrôle radiologique ou échographique. La
morbidité associée aux méthodes invasives de
prélèvements cytologiques est significativement
plus basse que celle des méthodes de biopsie
conventionnelle. Par ailleurs la cytologie est plus
rapide et moins couteuse [6]. Son avantage est de
pouvoir donner un résultat urgent le jour même,
voire dans l’heure qui suit le prélèvement car les
méthodes et les techniques sont rapides [1]. Pour les
pays à faible revenu, le cytodiagnostic reste un
examen de première intention et permet ainsi une
présélection des cas nécessitant un examen
histologique. La République Centrafricaine ne
dispose que d’un seul service d’anatomie
pathologique situé à Bangui la capitale. Le
cytodiagnostic constitue la première activité réalisée
dans ce laboratoire notamment le dépistage des
cancers du col utérin. L’objectif de cette étude est de
décrire la pratique du cytodiagnostic dans le service
d’anatomo-cytopathologie de Bangui. De manière
spécifique, il s’agissait de déterminer la proportion
des examens cytologiques parmi les examens
anatomo-pathologiques, le profil des prescripteurs et
des patients, les types de prélèvement, les organes
prélevés et les groupes lésionnels diagnostiqués.
MATERIEL ET METHODES : Il s’agissait d’une
étude rétrospective descriptive sur une période de 12
ans, allant de janvier 2008 à décembre 2019, réalisée
à Bangui en République Centrafricaine, dans le
service d’anatomie pathologique du Laboratoire
National de Biologie clinique et de Santé Publique
(LNBCSP). Le matériel d’étude était constitué des
prélèvements quel que soit leur provenance, analysés
dans ledit service durant la période de l’étude. La
taille de notre échantillon était déterminée par le
nombre de prélèvements colligés durant la période
d’étude. Etaient inclus, tous prélèvements
cytologiques confondus sans distinction de l’âge ou
du sexe du patient, prélevés ou reçus dans le service
d’anatomie pathologique durant la période de l’étude
et accompagnés d’une demande d’examen et ayant
abouti à un compte rendu. Les prélèvements n’ayant
pas abouti à un compte rendu et ceux dont les
bulletins étaient illisibles n’ont pas été inclus. Les
sources de données exploitées étaient constituées des
bulletins de demande d’examen cytologique, des
registres cytologiques, des répertoires de comptes
rendus d’examens, et des fiches de recueil des
données. Pour chaque prélèvement, nous avons
étudié le profil des prescripteurs, le service
demandeur, l’identité du malade (y compris l’âge et
le sexe, profession, la provenance), l’existence ou
non de renseignements cliniques, l’organe prélevé et
la technique de prélèvement, les fixateurs utilisés, le
diagnostic retenu et le délai de rendu des résultats.
Les données ont été saisies et analysées sur logiciel
Epi-info7. La confection des tableaux et figures a été
faite sur Excel 2013.
RESULTATS : En douze ans, nous avons enregistré
16096 prélèvements dont 11412 pour la cytologie,
soit 70,92% des activités du service. Le nombre
annuel des examens variait de 694 à 1.719 avec une
moyenne annuelle de 390,33 en histologie et 951 en
cytologie. Le ratio cytologie/histologie est passé de
0,83 en 2008 à 2,53 en 2019, comme illustré dans la
figure 1. Selon l’ordre de fréquence décroissant, les
examens étaient prescrits par des médecins
spécialistes dans 64,78% des cas, les médecins
généralistes, 20,59% (2350/11412), les étudiants en
médecine, 4,44% et les infirmiers et sage-femmes
3,95% (451/11412). Dans 713 cas (6,24%), le nom
du prescripteur n’était pas mentionné. Les patients
provenaient du service de gynécologie dans 50,94%
des cas, de médecine (18,55%), de pédiatrie
(11,32%), de chirurgie (6,42%), d’anatomie
pathologique (4,49%) et des centres de santé urbains
et autres cabinets privés dans 8,77% des cas.
L’évaluation de la qualité de la prescription reposant
sur la présence ou non des renseignements figurant
sur le bulletin d’examen est présenté dans le tableau
I.