ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 7, N°001/Avril 2021 23
par l’intensification des campagnes de sensibilisation
menées par les sociétés savantes sur les avantages de
la contraception, l’amélioration du taux de
scolarisation des jeunes filles ou jeunes femmes. Un
accent particulier doit être mis sur la scolarisation des
filles pour améliorer la prévalence contraceptive car
une femme instruite comprendrait mieux l’intérêt de
la planification familiale. En ce qui concerne l’âge,
nous avons rapporté un âge moyen de 27,62 ans ± 1,2
ans. Ce résultat est comparable à ceux d’Ajong et al
en 2016 au Cameroun [11] et Matungulu et al [7] qui
rapportent respectivement un âge moyen de 27,5 ans
et 27,9 ans. Il est inférieur à ceux de Mbarambara et
al à Bagira en RDC en 2016[12] et Asresie et al en
Ethiopie en 2020 [13] qui obtiennent respectivement
un âge moyen de 29,8 ans et 34,7 ans. Ceci pourrait
s’expliquer d’une part par l’âge de la pleine activité
sexuelle et d’autre part par le fait qu’à cet âge les
N’Djaménoises sont déjà des paucipares ou
multipares et ont été pour la plupart au moins victimes
des complications de grossesse et/ou de
l’accouchement. S’agissant du niveau d’instruction,
les clientes avaient un niveau d’instruction primaire
dans 35,7% des cas. Ces résultats sont comparables à
ceux de Mohammed et al en Ethiopie en 2014 [14]
et de Alhusain et al en Arabie Saoudite en 2018 [15]
qui notent respectivement 32,9 % et 29,6% des
clientes qui avaient un niveau d’instruction primaire.
Par contre Asresie et al en Ethiopie en 2016 [16] et
Medhanyie et al [17] qui rapportent 45,9% et 43,2%
des utilisatrices non scolarisées respectivement. Ces
taux montrent que l’alphabétisation a un impact
positif sur la fréquentation des services de planning
familial. Il est facile pour les femmes instruites
d’avoir accès et d’obtenir des informations sur les
méthodes contraceptives que celles non instruites. Du
point de vue parité, 56,3% des clientes étaient des
paucipares. Ce taux est proche de celui de Traoré
au Mali en 2010 [18] qui obtient 54,3% des
paucigestes. Cela pourrait s’expliquer par le fait que
pendant la consultation prénatale, les femmes
reçoivent d’amples informations sur la santé de la
reproduction et sur la limitation des naissances et par
le nombre d’enfants qui est un facteur qui influence
sur l’utilisation de la contraception. S’agissant des
connaissances, 58,6% des clientes avaient une
connaissance moyenne sur les méthodes
contraceptives et 66,7% des clientes connaissaient au
moins une méthode contraceptive. Ce chiffre diffère
de ceux de Matungulu et al. [7] et Tsague [19] qui
rapportent 100% et 97,3% des utilisatrices
connaissant au moins une méthode contraceptive
respectivement. Cette différence pourrait s’expliquer
par le niveau d’instruction des femmes qui est
variable d’un pays à l’autre et l’accès aux
informations sur les méthodes contraceptives. Plus ce
niveau est élevé, meilleure est la connaissance sur les
méthodes contraceptives et la compréhension des
avantages de ces méthodes par les clientes. Les
pilules et les injectables ont été des méthodes
contraceptives modernes les plus connues avec
respectivement 76,3% et 68,7%. Ces résultats sont
inférieurs à celui de Mochache et al au Kenya en 2018
[20] et Mohammed et al [14] qui trouvent
respectivement 98% des pilules et 99,5% des
injectables. Les méthodes naturelles les plus utilisées
étaient l’abstinence périodique qui représentait 18%
des cas et la méthode allaitement maternel et
aménorrhée (MAMA) avec 10,3%. Ces taux sont
supérieurs à ceux d’Asresie et al. [16] qui obtiennent
l’abstinence périodique à 5,9% et la MAMA à 9,1%
et de Oluwasanu et al au Nigeria en 2019 qui trouvent
l’abstinence périodique à 15,5% [21]. Ce faible taux
de connaissance sur les méthodes naturelles pourrait
s’expliquer par le fait que ces méthodes sont peu
fiables et ne sont pas conseillées par les agents de
santé. Les clientes étaient informées par un agent de
santé dans 41,7% des cas. Ce résultat est proche de
celui d’Ajong et al. [11] qui notent que 47,7% des
femmes étaient informées par les agents de santé. Il
est inférieur à ceux de Matungulu et al [7] et Worku
et al en Ethiopie en 2019 [22] qui rapportent
respectivement 75,6% et 98,2% des clientes
informées par les agents de santé. Ceci pourrait
s’expliquer par le fait que les agents de santé sont la
source la plus officielle et la plus crédible de
counseling en matière de planification familiale.
Concernant les raisons du choix des méthodes, les
clientes ont choisi à 92,7% une méthode
contraceptive pour éviter les grossesses non désirées.
Ce résultat est conforme à ceux d’autres auteurs qui
rapportent une prédominance du choix des méthodes
contraceptives pour éviter les grossesses non
indésirées de l’ordre de 63,1 à 95,6% [11,15,23]. Ceci
s’expliquerait par la qualité du counseling sur la
planification familiale pour l’espacement, la
limitation des naissances mais également par la
crainte des complications en cas de grossesse
rapprochée et des complications liées à l’avortement
provoqué. Le choix de la méthode avait beaucoup
porté sur les injectables avec 65,3%. Ce taux est
comparable à ceux de Foumsou et al. [6], de Asresie
et al [16] qui obtiennent une prédominance du choix
des injectables par les clientes respectivement dans
58,6% et 62,4% des cas. Il est inférieur à celui de
Mochache et al [53] qui soulignent que 45% des
femmes utilisaient les injectables et 23% des
implants. Les injectables et les implants sont des
méthodes contraceptives de longue durée d’action
avec moindre de risque d’oubli par rapport aux
pilules. S’agissant des causes d’abandon ou du
changement de la méthode, elles sont dominées par
les effets secondaires qui représentaient 23,7% des
cas. Ces effets secondaires étaient marqués par les
troubles de cycle (13%). Plusieurs séries rapportent
les troubles du cycle comme principal effet
secondaire des méthodes contraceptives de l’ordre de
9,8 à 15% [6,13,15]. Le principal motif du refus ou
obstacle aux méthodes contraceptives était le désir
d’enfants (37,9%). Ce résultat est différent de ceux