ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 7, N°001/Avril 2021 20
ARTICLE ORIGINAL
Etat des lieux de la contraception dans les hôpitaux de la ville de N’Djamena
State of contraception in hospitals in the city of N'Djamena
Lhagadang Foumsou1,2, Sadjoli Damthéou1,2, Bray Madoué Gabkika1 , Gonga Esther Bsa1 , Haroun Aché1,3, Foba
Kheba2 .
1. Département de Gynécologie et d’Obstétrique, Faculté des Sciences de la Santé Humaine - Université de
N’Djamena, Tchad.
2. Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant de N’Djamena, Tchad.
3. Centre National du Traitement des Fistules, N’Djaména, Tchad
Auteur correspondant : FOUMSOU Lhagadang, Maître de Conférences Agrégé à l’Université de N’Djaména,
Département de Gynécologie Obstétrique de la Faculté des Sciences de la Santé Humaine.
Tel : 00235 66 28 63 89/ 99 29 58 89/ 66 34 79 41
E-mail : foumlhaga@gmail.com.
Reçu le 22/12/2020 ; Accepté le 10/02/2021
RESUME
Objectif : Contribuer à l’amélioration de la
prévalence contraceptive dans les hôpitaux de la ville
de N’Djamena.
Patients et méthodes : il s’agissait d’une étude
transversale descriptive d’une durée de 2 mois allant
du 02 novembre 2020 au 02 janvier 2021 portant sur
l'état des lieux de la contraception au Centre
Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant, au
Centre National de Traitement des Fistules et à la
clinique modèle de l’Association Tchadienne pour le
BienÊtre Familial (ASTBEF). Toute femme en âge
de procréer (15 à 49 ans) vue dans un des hôpitaux
pour désir de planning familial était incluse dans
l’étude. Les variables étudiées étaient d’ordre
épidémiologique, clinique et thérapeutique. Les
données recueillies étaient analysées au logiciel SPSS
18.0.
Résultats : la prévalence de la contraception dans ces
hôpitaux était de 27,3%. L’âge moyen était de 27,6
ans ± 1,2 ans. Les clientes étaient des ménagères
(48,3%), paucipares (56,3%), du niveau d’instruction
primaire (35,7%) et résidaient en majorité dans la
ville de N’Djaména (95%). Elles avaient une
connaissance moyenne sur les méthodes
contraceptives (58,3%) et la principale source
d’informations sur ces méthodes était fournie par les
agents de santé (41,7%). Les méthodes les plus
connues par les clientes étaient les pilules et
injectables respectivement dans 76,3% et 68,7% des
cas. La méthode la plus utilisée était la forme
injectable (65,3%). La principale raison du choix de
la contraception était la crainte des grossesses
indésirées (92,7%). Les causes d’abandon ou du
changement des méthodes étaient dominées par les
effets secondaires dans 23,7% des cas et le principal
motif du refus ou obstacle aux méthodes
contraceptives était le désir d’enfants (37,9%).
Conclusion : La planification familiale est loin d’être
une réalité dans notre milieu. Son faible taux
représente un problème majeur de santé publique.
Mots clés : Contraception, planning familial, effets
indésirables, N’Djamena, Tchad.
ABSTRACT
Objective: to contribute in improving contraceptive
prevalence in hospitals in the city of N'Djamena.
Patients and methods: This was a 2 months
descriptive cross-sectional study, from November 2nd,
2020 to January 2nd, 2021 on the state of
contraception at the University Hospital Center for
Mother and Child, the National Fistula Treatment
Centre and the Chadian Association for family
welfair model clinic. Any woman of childbearing age
(15 to 49 years old) seen in one of the hospitals with
a desire for family planning was included in the study.
Variables studied were epidemiological, clinical and
therapeutic. Data collected were analysed using SPSS
18.0 software.
Results: The prevalence of contraception in these
hospitals was 27.3%. The average age was 27.62
years (extremes of 16 and 45 years). The clients were
housewives (48.3%), with few childbirth (56.3%),
with primary school education level (35.7%) and
living mainly in the city of N'Djamena (95%). They
had average knowledge of contraceptive methods
(58.3%) and the main source of information on these
methods was provided by health workers (41.7%).
The methods most familiar to clients were pills and
injections (in respectively 76.3% and 68.7% of
cases). The most commonly used method was the
injectable form (65.3%). The main reason for
choosing contraception was to avoid unwanted
pregnancies (92.7%). The reasons for abandoning or
changing methods were dominated by side effects in
23.7% of cases and the main reason for refusing or
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the obstacle to contraceptive methods was the desire
for children with 37.9%.
Conclusion: Family planning is far from being a
reality in our community. Its low rate represents a
major public health issue.
Key words: Contraception, family planning,
undesirable effects, N'Djamena, Chad.
INTRODUCTION
La contraception se définit comme l’ensemble des
moyens et techniques médicaux ou non, mis à la
disposition des individus et des couples pour leur
permettre d’assurer leur sexualité de façon
responsable, d’éviter les grossesses non désirées,
d’espacer les naissances et d’avoir le nombre
d’enfants désirés au moment voulu [1]. Dans le
monde, la prévalence de l’utilisation de la
contraception moderne est de 55% [2]. La
planification familiale réduit le risque de décès et de
morbidité liée à la grossesse et à l’accouchement. En
Afrique, la prévalence contraceptive est variable
d’une région à l’autre, elle est de 60% en Afrique du
Nord, 58% en Afrique Australe, 26% en Afrique de
l’Est, 19% en Afrique Centrale et 13% en Afrique de
l’Ouest [3,4]. Au Tchad, le taux de prévalence
contraceptive était de 5,8% en 2019 [5]. Ce faible
taux constitue un véritable problème de santé
publique sur les plans économique, social et sanitaire.
Une étude réalisée en 2011 dans les hôpitaux de
N’Djaména rapporte une prévalence contraceptive de
7,2% [6]. Après dix ans, nous avons voulu faire un
état des lieux de la contraception dans les hôpitaux de
la ville de N’Djamena dans le but d’améliorer la
prévalence contraceptive.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale descriptive,
d’une durée de deux mois, allant du 2 novembre 2020
au 2 janvier 2021 et portant sur l’état des lieux de la
contraception. Elle a été réalisée au Centre
Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant
(CHUME) de N’Djamena, qui est une structure de
référence nationale en matière de santé de
reproduction et des urgences obstétricales et
gynécologiques, au Centre National du Traitement
des Fistules et à la Clinique modèle de l’Association
Tchadienne pour le BienÊtre Familial (ASTBEF)
qui est membre de la Fédération Internationale pour
la Planification Familiale. Toute femme ou cliente
âgée de 15 à 49 ans reçue dans les structures sanitaires
retenues pour l’étude, ayant choisi ou non une
méthode contraceptive. Le consentement de la femme
pour participer à l’enquête était requis avant son
inclusion dans l’étude. Toutes les femmes enceintes,
les femmes de 50 ans ou ménopausées et les
adolescentes qui n’avaient pas eu leurs ménarches
n’étaient pas incluses dans l’étude. Nous avons
expliqué l’intérêt de l’étude aux clientes, puis nous
avons fait un counseling. Après ce counseling nous
avons recueilli les variables étudiées à l’aide de la
fiche de collecte préétablie. Nous avons consulté les
supports suivants : les registres des entrées et des
consultations de l’unité de planning familial, les
rapports mensuels des activités de l’unité de planning
familial et les fiches individuelles de consultation et
de suivi des clientes. Les variables étudiées étaient :
l’âge, la situation matrimoniale, le niveau
d’instruction, la profession, l’âge du conjoint et sa
profession, la gestité, la parité, le nombre d’enfants
vivants, le nombre d’enfants décédés, le nombre des
fausses couches, l’intervalle inter génésique, la raison
d’application de méthode, la source d’information, le
type de contraceptif, les effets secondaires, la raison
d’abandon ou du changement de la méthode, les
obstacles aux méthodes contraceptives.
Les données ont été recueillies à l’aide d’une fiche de
collecte des données. Ces données recueillies ont été
saisies au logiciel Word 2007 et analysées à l’aide du
logiciel SPSS 18 version française. Les graphiques
ont été réalisés grâce au logiciel Excel 2007.
RÉSULTATS
Durant la période d’étude, nous avons enregistré 300
clientes sur 1100 femmes qui avaient consulté pour
planning familial, soit une prévalence contraceptive
de 27,3%. Les 800 autres femmes reçues avaient
refusé d’utiliser une méthode contraceptive. La
tranche d’âge de 20 à 24 ans était la plus représentée
avec 27%. L’âge moyen était de 27,62 ans ±1,2 ans
avec des extrêmes de 16 et de 45 ans. Les clientes du
niveau primaire ont représenté 35,7% des cas. Le taux
d'utilisation de la contraception a été de 56,3% chez
les paucipares. La parité moyenne était de 2,6 ± 0,3
avec des extrêmes de 0 et 11,0 (tableau I).
Tableau I : Répartition des clientes selon les
caractéristiques sociodémographiques
Caractéristiques
sociodémographiques
Tranches d’âge
(années)
N = 300
%
< 20
24
8
20-24
81
27
25-29
71
23,7
30-34
76
25,3
35-39
37
12,3
≥ 40
11
3,7
Niveau d’instruction
Non scolarisée
90
30
Primaire
107
35,7
Secondaire
52
17,3
Supérieure
51
17
Parité
Nullipare
3
1
Primipare
60
20
Paucipare
169
56,3
Multipare
68
22,7
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Les informations sur les méthodes contraceptives
étaient données par les agents de santé dans 41,7%
des cas (tableau II).
Tableau II : Répartition des clientes selon leurs
sources d’information
Sources
d’informations
Effectif
(n = 300)
%
Agent de san
125
41,7
Radio/Télévision
68
22,7
Parents
28
9,3
Ami(e)
46
15,3
Voisin(e)
16
5,3
Journaux
17
5,7
Le tableau III montre que le niveau des connaissances
sur les méthodes contraceptives modernes.
Tableau III : Répartition selon la connaissance des
clientes sur les méthodes contraceptives modernes
Effectif
%
229
76,3
206
68,7
47
15,7
5
1,7
191
66,3
En tenant compte du type de contraceptif, nous
observons que la méthode contraceptive la plus
utilisée par les clientes était les injectables avec
65,3% des cas (tableau IV).
Tableau IV : Répartition des clientes selon le type
de contraceptif choisi
Type de contraceptif
Effectif
(n = 300)
%
Injectable
196
65,3
Norplant
77
25,7
Pilule
22
7,3
Stérilet
5
1,7
Préservatif
0
0
La principale raison du choix des méthodes
contraceptives par les clientes étaient le désir d’éviter
les grossesses non désirées avec 92,7%. Quant aux
causes d’abandon ou de changement de la méthode
utilisée, les effets indésirables étaient les plus
importantes. Ces effets secondaires ont été dominés
par les troubles du cycle (tableau V).
Tableau V : Répartition des clientes selon les
raisons du choix de la méthode
Raisons du choix ou d’abandon de
la méthode
n
%
Raisons du choix de la méthode
Éviter les grossesses non désirées
278
92,7
Espacement des naissances
199
66,3
Limitation des naissances
109
63,3
Lutte contre les IST
21
7
Causes d’abandon ou de changement de méthode
Effets indésirables
71
23,7
Changement d’avis du mari
11
3,7
Désir d’enfants
10
3,3
Échec de la méthode
5
1,7
Raisons du refus ou obstacles au choix de la
méthode : Les obstacles ou raisons du refus du choix
des méthodes contraceptives étaient évoquées par les
800 femmes qui ont refusé d’utiliser une méthode
contraceptive. La raison la plus retrouvée était le désir
d’avoir plusieurs enfants (tableau VI).
Tableau VI : Répartition des clientes selon les
raisons du refus ou obstacles au choix de la méthode
Obstacles
Effectif
%
Désir plusieurs enfants
318
39,7
Ignorance
179
22,4
Opposition du mari
128
16
Rumeurs
99
12,4
Interdits religieux
51
6,3
Désir plus de garçons
19
2,4
Désir plus de filles
6
0,8
DISCUSSION
Durant la période d’étude, nous avons enregistré 300
clientes sur 1100 femmes qui avaient consulté pour
un planning familial, soit une prévalence
contraceptive de 27,3%. Ce résultat est comparable à
celui de Matungulu et al au Congo en 2015 [7] qui
obtiennent une prévalence de 27,6%. Il est supérieur
à ceux de Foumsou et al en 2015 au Tchad [6] et
Ntambue et al au Congo en 2017 [8] qui trouvent
respectivement 7,2% et 18,4%. Il est inférieur à ceux
de Kamal et al en 2015 [9] et de Alkibria et al au
Bangladesh en 2016 [10] qui rapportent
respectivement 42,9%, 58,1% et 81,2% de prévalence
contraceptive. Cette augmentation du taux de la
contraception par rapport à 2011 pourrait s’expliquer
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par l’intensification des campagnes de sensibilisation
menées par les sociétés savantes sur les avantages de
la contraception, l’amélioration du taux de
scolarisation des jeunes filles ou jeunes femmes. Un
accent particulier doit être mis sur la scolarisation des
filles pour améliorer la prévalence contraceptive car
une femme instruite comprendrait mieux l’intérêt de
la planification familiale. En ce qui concerne l’âge,
nous avons rapporté un âge moyen de 27,62 ans ± 1,2
ans. Ce résultat est comparable à ceux d’Ajong et al
en 2016 au Cameroun [11] et Matungulu et al [7] qui
rapportent respectivement un âge moyen de 27,5 ans
et 27,9 ans. Il est inférieur à ceux de Mbarambara et
al à Bagira en RDC en 2016[12] et Asresie et al en
Ethiopie en 2020 [13] qui obtiennent respectivement
un âge moyen de 29,8 ans et 34,7 ans. Ceci pourrait
s’expliquer d’une part par l’âge de la pleine activité
sexuelle et d’autre part par le fait qu’à cet âge les
N’Djaménoises sont déjà des paucipares ou
multipares et ont été pour la plupart au moins victimes
des complications de grossesse et/ou de
l’accouchement. S’agissant du niveau d’instruction,
les clientes avaient un niveau d’instruction primaire
dans 35,7% des cas. Ces résultats sont comparables à
ceux de Mohammed et al en Ethiopie en 2014 [14]
et de Alhusain et al en Arabie Saoudite en 2018 [15]
qui notent respectivement 32,9 % et 29,6% des
clientes qui avaient un niveau d’instruction primaire.
Par contre Asresie et al en Ethiopie en 2016 [16] et
Medhanyie et al [17] qui rapportent 45,9% et 43,2%
des utilisatrices non scolarisées respectivement. Ces
taux montrent que l’alphabétisation a un impact
positif sur la fréquentation des services de planning
familial. Il est facile pour les femmes instruites
d’avoir accès et d’obtenir des informations sur les
méthodes contraceptives que celles non instruites. Du
point de vue parité, 56,3% des clientes étaient des
paucipares. Ce taux est proche de celui de Trao
au Mali en 2010 [18] qui obtient 54,3% des
paucigestes. Cela pourrait s’expliquer par le fait que
pendant la consultation prénatale, les femmes
reçoivent d’amples informations sur la santé de la
reproduction et sur la limitation des naissances et par
le nombre d’enfants qui est un facteur qui influence
sur l’utilisation de la contraception. S’agissant des
connaissances, 58,6% des clientes avaient une
connaissance moyenne sur les méthodes
contraceptives et 66,7% des clientes connaissaient au
moins une méthode contraceptive. Ce chiffre diffère
de ceux de Matungulu et al. [7] et Tsague [19] qui
rapportent 100% et 97,3% des utilisatrices
connaissant au moins une méthode contraceptive
respectivement. Cette différence pourrait s’expliquer
par le niveau d’instruction des femmes qui est
variable d’un pays à l’autre et l’accès aux
informations sur les méthodes contraceptives. Plus ce
niveau est élevé, meilleure est la connaissance sur les
méthodes contraceptives et la compréhension des
avantages de ces méthodes par les clientes. Les
pilules et les injectables ont été des méthodes
contraceptives modernes les plus connues avec
respectivement 76,3% et 68,7%. Ces résultats sont
inférieurs à celui de Mochache et al au Kenya en 2018
[20] et Mohammed et al [14] qui trouvent
respectivement 98% des pilules et 99,5% des
injectables. Les méthodes naturelles les plus utilisées
étaient l’abstinence périodique qui représentait 18%
des cas et la méthode allaitement maternel et
aménorrhée (MAMA) avec 10,3%. Ces taux sont
supérieurs à ceux d’Asresie et al. [16] qui obtiennent
l’abstinence périodique à 5,9% et la MAMA à 9,1%
et de Oluwasanu et al au Nigeria en 2019 qui trouvent
l’abstinence périodique à 15,5% [21]. Ce faible taux
de connaissance sur les méthodes naturelles pourrait
s’expliquer par le fait que ces méthodes sont peu
fiables et ne sont pas conseillées par les agents de
santé. Les clientes étaient informées par un agent de
santé dans 41,7% des cas. Ce résultat est proche de
celui d’Ajong et al. [11] qui notent que 47,7% des
femmes étaient informées par les agents de santé. Il
est inférieur à ceux de Matungulu et al [7] et Worku
et al en Ethiopie en 2019 [22] qui rapportent
respectivement 75,6% et 98,2% des clientes
informées par les agents de santé. Ceci pourrait
s’expliquer par le fait que les agents de sansont la
source la plus officielle et la plus crédible de
counseling en matière de planification familiale.
Concernant les raisons du choix des méthodes, les
clientes ont choisi à 92,7% une méthode
contraceptive pour éviter les grossesses non désirées.
Ce résultat est conforme à ceux d’autres auteurs qui
rapportent une prédominance du choix des méthodes
contraceptives pour éviter les grossesses non
indésirées de l’ordre de 63,1 à 95,6% [11,15,23]. Ceci
s’expliquerait par la qualité du counseling sur la
planification familiale pour l’espacement, la
limitation des naissances mais également par la
crainte des complications en cas de grossesse
rapprochée et des complications liées à l’avortement
provoqué. Le choix de la méthode avait beaucoup
porté sur les injectables avec 65,3%. Ce taux est
comparable à ceux de Foumsou et al. [6], de Asresie
et al [16] qui obtiennent une prédominance du choix
des injectables par les clientes respectivement dans
58,6% et 62,4% des cas. Il est inférieur à celui de
Mochache et al [53] qui soulignent que 45% des
femmes utilisaient les injectables et 23% des
implants. Les injectables et les implants sont des
méthodes contraceptives de longue durée d’action
avec moindre de risque d’oubli par rapport aux
pilules. S’agissant des causes d’abandon ou du
changement de la méthode, elles sont dominées par
les effets secondaires qui représentaient 23,7% des
cas. Ces effets secondaires étaient marqués par les
troubles de cycle (13%). Plusieurs séries rapportent
les troubles du cycle comme principal effet
secondaire des méthodes contraceptives de l’ordre de
9,8 à 15% [6,13,15]. Le principal motif du refus ou
obstacle aux méthodes contraceptives était le désir
d’enfants (37,9%). Ce résultat est différent de ceux
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d’autres auteurs qui trouvent comme motif principal
du refus des méthodes contraceptives, soit la peur de
devenir stérile ou la peur d’une maladie provoquée
par ces méthodes [14,16,17,22]. Cette différence
pourrait s’expliquer par le désir ardent des couples
tchadiens en général et N’Djaménois en particulier
d’avoir plusieurs enfants ce qui se traduit par le
doublement de la population du Tchad en 16 ans entre
1993 et 2009 avec un indice synthétique de fécondité
(ISF) croissant de 6,3 en 2004 à 6,9 en 2009.
CONCLUSION
La contraception est l’un des piliers de la réduction
de la mortalité maternelle et un meilleur moyen
d’espacement de naissances. La planification
familiale est loin d’être une réalité dans notre milieu
malgré l’augmentation de sa prévalence dans la ville
de N’Djaména qui est passée de 7,2% à 27,3% de
2011 à 2021. Son faible taux constitue un problème
majeur sur le plan économique, social et sanitaire. Le
problème de la planification familiale au Tchad en
général et à N’Djamena en particulier, se pose non
seulement en terme d’espacement mais aussi de
limitation de naissance, puisque, le principal facteur
limitant son utilisation est le désir d’avoir plusieurs
enfants. C’est pourquoi, pour améliorer la prévalence
contraceptive au Tchad, il faut intensifier les
campagnes de Communication pour le Changement
de Comportement (CCC) en impliquant toutes les
communautés (religieuse, socioculturelle,
traditionnelle) et le pouvoir public afin que les
tchadiennes puissent prendre conscience que le
développement économique, social et surtout
l’amélioration de la santé maternelle et infantile pour
l’atteinte des ODD (4 et 5) passe obligatoirement par
la planification familiale.
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Conflit d’intérêt : aucun