ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 7, N°001/Avril 2021 16
RDT, no intestinal parasite was noted. Mono-
parasitism was found for 98.14% of positive RDTs,
while bi-parasitism and tri-parasitism were observed
in 100.00% of positive RDTs. The presence of
intestinal parasitosis is a factor favoring malaria
infection. The RDT positivity was 87%.
Conclusion: The study found that carrying intestinal
parasitoses increases the susceptibility to develop
malaria. The malaria control and neglected tropical
diseases programs should strengthen integrated
activities.
Keywords: Intestinal parasitosis, malaria,
interaction, rural area, Central African Republic..
INTRODUCTION
Le paludisme et les parasitoses intestinales sont
tributaires des conditions écologiques et du mode de
vie des populations. La coïnfection parasitaire est
très rependue chez les sujets vivant en Afrique
subsaharienne [1]. A cela s’ajoute le faible niveau
de vie des populations, favorisant le péril fécal et le
contact avec les vecteurs [2]. L’une des cibles de la
stratégie technique mondiale de lutte contre le
paludisme 2016-2030 (GTS) est de réduire d’au
moins 90 %, l’incidence des cas de paludisme dans
le monde [3]. La plupart des décès surviennent chez
des enfants vivant en Afrique subsaharienne, où cette
maladie est à l’origine de près de 22% de l’ensemble
des décès d’enfants [2-5]. Les zones d’endémie
d’helminthiases et du paludisme coïncident souvent
et la compréhension de l’interaction entre les deux
types d’affection pourrait être d’un intérêt public
considérable [6]. L’organisme des sujets porteurs
d’infections concomitantes réagit et devient de
multiples interactions sur l’acquisition et le
développement de l’immunité [1]. Dans le contexte
centrafricain, les populations sont exposées aux
risques de paludisme. Les mêmes populations sont
fortement exposées aux parasitoses intestinales.
L’objectif de l’étude était de déterminer l’influence
du portage des parasitoses intestinales sur
l’incidence du paludisme en milieux rural
centrafricain.
PATIENTS ET METHODES
L’étude s’était déroulée dans les différentes unités
du CHU pédiatrique de Bangui et dans les services
de pédiatrie de trois formations sanitaires (FOSA)
situées dans deux régions sanitaires (RS) de la
RCA : la région sanitaire 1 (RS1) et la région
sanitaire 6 (RS6). Il s’agissait d’une étude
transversale multicentrique descriptive et analytique
réalisée du 1er décembre 2015 au 28 février 2016,
soit 3 mois. La population de l’étude était constituée
des enfants vus en consultation médicale pédiatrique
à l’hôpital préfectoral de Mbaïki et au centre de santé
de Boali pour la RS1, le centre de santé de Bangodé
pour la RS6. Etaient inclus dans l’étude, après
consentement éclairé des parents, tous les enfants
ayant présenté les signes cliniques permettant
d’évoquer un accès palustre à discuter avec une
parasitose intestinale. Ne faisaient pas partie de cette
étude les enfants qui n’ont pas pu fournir un
échantillon de selles pour analyse, et ceux présentant
les signes de paludisme grave selon les critères de
l’OMS (2015). Pour chaque malade inclus, nous
avons recueilli les données sur les caractéristiques
épidémiologiques, cliniques (signes généraux,
digestifs, cutanés, pulmonaires et neurologiques), et
paracliniques (examen parasitologique des selles et
le test de diagnostic rapide). Les données ont été
collectées à l’aide d’un questionnaire administré par
des enquêteurs formés au niveau des unités
pédiatriques des formations sanitaires retenues. A
l’issue de l’interrogatoire, un pot pour le recueil des
selles était remis à chaque malade et un TDR était
réalisé. Les examens des selles ont été faits dans les
6 heures qui suivent les prélèvements. Une fois au
laboratoire, chaque échantillon de selles était soumis
à un double examen : macroscopique avec pour
objectifs de décrire la couleur, l’aspect (présence de
sang, de glaire ou de mucus), la consistance (dure,
pâteuse, molle, ferme, liquide ou moulée), et
rechercher la présence d’adultes d’helminthes ;
microscopique en utilisant la technique de
l’observation directe des selles à l’état frais en eau
physiologique (Na Cl 9‰) pour l’identification des
œufs, des kystes et des larves. Pour chaque patient,
nous avons réalisé un prélèvement de sang au doigt,
en vue de la réalisation d’un TDR. La saisie et
l’analyse des données ont été réalisées à l’aide du
logiciel Epi-Info, version 7. Le test statistique de chi-
carré a été utilisé avec un seuil de significativité de
5%.
RESULTATS
Sur les 200 enfants enquêtés, en raison des
contraintes liées au recueil des selles, l’examen
parasitologique des selles et le TDR n’ont pu être
réalisés que chez 102 enfants. Sur les 102 malades
inclus 53 étaient de sexe masculin (51,96%) soit un
sex-ratio de 1,08. L’âge moyen était de 5,31 ans.
L’âge médian était de 4 ans avec des extrêmes de 3
mois et 15 ans. Sur 102 malades retenus, 45
(42,16%) provenaient du centre de santé de Boali
situé dans la RS1, 33 malades (32,35%) de l’hôpital
préfectoral de Mbaïki (RS1) et au centre de santé de
Bangondé situé dans la RS6. Les signes généraux
étaient dominés par la fièvre (83,33%), suivi de
l’asthénie physique (16,67%) et de l’amaigrissement
(6,86%). Les manifestations cutanées étaient
constituées de prurit (7,84%), prurit vulvaire chez les
adolescentes (6, 86%), et prurit anal (2,94%). On
notait une pâleur conjonctivale chez deux enfants
(1,96%). Les signes neurologiques étaient
représentés par les céphalées (28,43%), les vertiges
(6,86%). La toux dominait les signes pulmonaires
(13,73%), suivi de la douleur thoracique (1,96%).