ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°003/Décembre 2021 - 44
Les matériels utilisés étaient uniquement des lames
bistouri, la seringue et le poste d’électrocoagulation.
La curette et le punch ne faisaient pas l’objet
d’usage pendant la période de l’étude. Le formol à
10% était l’unique fixateur utilisé. Le fixateur AFA,
et la congélation n’étaient pas disponibles. Parmi les
156 prélèvements, seulement 12 résultats ont été
documentés dans les dossiers des patients soit
7,69%, les restes étaient perdus de vus. Dans les
résultats obtenus, 10 diagnostics étiologiques
concordants ont été documentés soit 83.33%.
DISCUSSION
Parmi tous les dossiers collectés durant notre période
d’étude, 253 ont été conformes aux critères
d’inclusion, soit 21,75 % de l’ensemble de tous les
dossiers. Klugler et coll. [20] avaient trouvé un
pourcentage de 10% en France. Ceci pourrait
s’expliquer par le fait que les patients consultaient
tardivement avec un stade avancé à l’hôpital,
nécessitant beaucoup d’investigations par
conséquent beaucoup d’actes dermatologiques. Par
ailleurs la liste des actes dermatologiques, surtout
médicaux, est variable d’un auteur à l’autre. Nous
avons observé une prédominance féminine dans les
actes dermatologiques avec une fréquence de
54.55%. Ceci corrobore les études de Yann Guegan
[21] en Grande Bretagne qui avait observé 53,9% en
faveur du sexe féminin. Dans notre étude, l’âge
variait entre 1 an et 75 ans avec un âge moyen de 38
ans. La tranche d’âge de 40 à 49 ans était plus
représentée avec une fréquence de 24,51%. Ce
résultat diffère de celui de Dauendorffer et coll. [23]
en France, qui avaient trouvé un âge moyen de 52
ans ; ce qui pourrait s’expliquer par le fait que notre
population était trop jeune. Les salariés étaient le
groupe le plus représenté avec une fréquence de
40,71%, suivi par le groupe des étudiants et élève
avec 30,03%. La quasi-totalité des patients
résidaient de Bangui (la capitale) à cause de la
proximité et d’accessibilité des dermatologues. La
plupart des actes dermatologiques avaient un but
diagnostique avec une fréquence de 47.44 % suivi de
but thérapeutique à 44.26%. Ce résultat diffère de
celui de Yann Guegan [21] en Grande Bretagne qui
avait trouvé 96% des actes dermatologiques étaient à
but diagnostique contre 4% de but thérapeutique.
Les actes dermatologiques chirurgicaux
représentaient plus de 4 fois les actes médicaux. La
biopsie cutanée était plus représentée suivie de la
biopsie exérèse et d’électro cautérisation.
L’explication résiderait dans le fait que les actes
étaient à visée diagnostique.et que l’histologie est le
principal examen d’exploration du dermatologue. Le
personnel paramédical avait réalisé plus d’actes
dermatologiques avec un pourcentage de 94.08%,
alors que le dermatologue n’en n’avait pratiqué que
5.92%.Il n’y a pas de médecin généraliste dans le
service. Ce résultat est comparable à celui de Yann
Guegan [21], en Grande Bretagne, qui avait trouvé
25 % des actes dermatologiques faits par le
dermatologue contre 75 % fait par le médecin
généraliste. Le matériel utilisé était uniquement la
lame de Bistouri. La curette et le punch n’étaient pas
utilisés. Morand et coll. [22] en France avaient par
contre montré que la majeure partie des biopsies
étaient réalisées à l’aide de punch. Le sous
équipement en serait la principale cause dans notre
centre. Le formol 10% était l’unique fixateur utilisé
dans le service pour des raisons de disponibilité. Ce
qui corrobore les études de Morand et coll. [22] en
France qui avaient retrouvé le Formol ou le fixateur
AFA. Parmi tous les prélèvements biopsiques,
seulement 12 résultats ont été documentés dans les
dossiers des patients. Par contre Dauendorffer et
coll. [23] en France avaient montré que tous les
résultats des examens complémentaires étaient
documentés. Dans les 156 prélèvements biopsiques,
seulement 12 résultats documentés dont 10 ont été
concordants soit un pourcentage de 83.33%. Ce
résultat est comparable à celui de Dauendorffer et
coll. [23] en France qui avaient trouvé 63.33% de
concordance entre le diagnostic clinique proposé et
le diagnostic histologique.
CONCLUSION
La prestation médicale dans le domaine de la
dermatologie vénérologie reste un problème majeur
dans nos milieux. Le nombre très insuffisant des
dermatologues, le plateau technique inadéquat, la
lenteur de la sortie des résultats des examens
anatomopathologiques pouvant confirmer ou
infirmer un diagnostic demeure un problème dans la
pratique dermatologique. Des efforts sont à fournir
dans ce sens pour améliorer les activités du service
dans les différents domaines : ressources humaines
suffisantes et qualifiées, infrastructure et équipement
acceptables afin de répondre aux besoins de la
population.
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