ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°003/Décembre 2021 - 40
Le régime alimentaire a été la dépense mensuelle la
plus élevée soit en moyenne 28.030 FCFA (39,68 €).
Les coûts directs de la biologie et du transport ont
été respectivement évalués en moyenne à 10.402
FCFA (15,66 €) et 7.327 FCFA (11,17 €) par mois.
Le choix du traitement, AVK ou AOD, avait été
proposé aux patients dans 7,9% des cas et 57,4% ont
souhaité changer de classe d’anticoagulants.
DISCUSSION
Cette étude a montré une bonne qualité de vie des
patients sous AVK et une satisfaction modérée.
La qualité de vie selon le score EQ5D5L
La qualité de vie globale de nos patients bien que
bonne était moindre que celle de certaines études
[8,9]. L’anxiété /dépression était marquée dans notre
population (84,2%). Cela s’explique par la faible
capacité d’auto-prise en charge de nos patients.
Selon l’annuaire statistique 2018 du Burkina Faso
[10] le revenu mensuel moyen du burkinabé est de
39.700 FCFA (60,52 €) et la dépense moyenne
annuelle par tête d’habitant de 189.404 FCFA
(288,76 €) dont seulement 2,4% est alloué à la santé.
La qualité de vie associée au traitement AVK
diminue au début de la thérapie puis s'améliore à
long terme [8,9]. Les facteurs associés à la
diminution de la qualité de vie étaient la
modification du style de vie et l’anxiété liée au
mauvais contrôle INR. L'association entre un
meilleur contrôle de l'INR et une meilleure qualité
de vie a également été rapportée par d’autres auteurs
[11–15] de même que l’anxiété ou la dépression et
les douleurs chroniques [11,12].
La satisfaction au traitement par le score PACT Q
Le score de commodité dans notre étude était de
57,9. Ce score, bien que bon, est en deçà des scores
dans d’autres séries qui variaient de 70 à plus de 90
[6,8]. L’insatisfaction la plus marquée était liée au
régime alimentaire imposé par le traitement AVK
(87,1%). Dans son étude comparant la qualité de vie
chez les patients bénéficiant d’une stratégie de
traitement par AVK guidée par des changements
dans l'alimentation en vitamine K, Assis n’avait pas
observé de différence significative ni d’amélioration
de la qualité de vie dans les deux groupes. Seule la
stabilité de l’anticoagulation était directement
associée à l’amélioration des scores de la qualité de
vie [16]. Pour Millogo et al. [2], le régime strict
proposé aux patients sous AVK n’était pas associé à
un bon contrôle de l’INR. C’est donc au traitement
AVK de s’adapter au régime. Une insatisfaction était
notée dans la planification du temps autour des
rendez-vous pour le suivi INR, le suivi médical et du
niveau d’indépendance des patients. Une
amélioration était observée lorsque le patient pouvait
corriger son INR au téléphone, lorsque le
prélèvement se faisait à domicile ou quand les
contrôles étaient espacés d’au moins 15 jours. Le
score de satisfaction dans notre étude (58) est
comparable aux scores rapportés dans la littérature
[6,8]. Le sexe masculin et le TTR ≥ 60% étaient
associés à une meilleure satisfaction au traitement
par AVK comme rapporté dans la littérature [6,13].
Les patients étaient satisfaits pour la majorité des
items sauf au niveau de l’autonomie concernant le
suivi du traitement dans 73,3% des cas. Hilde avait
rapporté une satisfaction médiane de 64 [9]. La
majorité des patients était satisfait de leur
indépendance (87%) dans l’étude de Vanessa et al.
[17]. Pour améliorer la satisfaction d'un patient il
faut connaître ses habitudes et son environnement
social [18]. Alegret a montré la perception d’une
faible qualité de vie pendant les premiers mois du
traitement AVK liée aux visites fréquentes et aux
difficultés à atteindre des niveaux d'INR adéquats. A
six mois, il a noté l'amélioration de la qualité de vie
et l'absence de différence entre les groupes AOD et
AVK suite à la réduction des visites et aux INR plus
stables [19].
Stratégie du choix de l’anticoagulant
Seulement 7,9% de nos patients ont été associés au
choix de leur traitement et 57,4% des patients
voudraient changer leur traitement AVK. Ce souhait
contraste avec la cherté du traitement anticoagulant
rapportée. Il faut proposer les traitements
disponibles aux patients pour un choix éclairé.
Palacio a montré que 85% des patients souhaitaient
participer au choix de leur traitement anticoagulant.
En prenant en compte le coût des AVK et des AOD,
la préférence pour la warfarine était passée de 50% à
65% et celle pour les AOD de 25% à 19% [18].
CONCLUSION
La qualité de vie des patients sous AVK est bonne. Il
existe une anxiété liée au coût du traitement et au
régime pauvre en vitamine K. L’éducation
thérapeutique optimiserait le traitement et la qualité
de vie des patients.
REFERENCES
1. Millogo GRC, Kologo JK, Kinda G, Yameogo
NV, Tougma JB, Kambiré Y, et al. Les accidents
du traitement anticoagulant dans le service de
Cardiologie du Centre Hospitalier Yalgado
Ouédraogo (Burkina Faso). Pan Afr Med J.
2018;29:135.
2. Millogo GRC., Sanon B, Kologo JK, Kinda G,
Yameogo NV, Tougma JB, et al. Facteurs
associés à l’équilibre du traitement antivitamine
K au centre hospitalier universitaire Yalgado
Ouédraogo de Ouagadougou (Burkina Faso).
MAN 2017;64(12):585-93.
3. Devlin NJ, Shah KK, Feng Y, Mulhern B,
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Treatment for Atrial Fibrillation : an