ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°003/Décembre 2021 - 16
et l’infection urinaire sont retrouvées dans une
proportion plus faible. Ainsi Balachandron et al en
Inde ont retrouvé comme cause médicale de la
douleur abdominale : la gastrite aiguë, la GEA, la
constipation et les infections respiratoires [11]. Par
contre une étude menée aux Etats Unis en 2011 à
Bethesda a retrouvé dans le groupe d’âge de 0 à 4
ans une GEA, une pharyngite une hépatite
réactionnelle comme cause médicale prédominante
de la douleur abdominale aiguë [5].
Au plan paraclinique, la NFS, la GE/DP, la
créatinémie, les transaminases, l’Ionogramme
sanguin, la glycémie et l’ECBU sont les plus
réalisés. Ils nous ont permis de poser un diagnostic
étiologique d’une cause médicale après avoir écarté
une cause chirurgicale. Selon une enquête réalisée
auprès de 44 membres du groupe francophone
d’hépato-gastro-nutritionnel pédiatrique, les
examens pratiqués en 1ère intention devant une
douleur abdominale récurrente sont la biologie dans
80%, l’ASP dans 50%. Une fibroscopie digestive
haute est réalisée en cas de trouble dyspepsique
dans 50% des cas, une échographie abdominale
dans 40% des cas et plus rarement un bilan
inflammatoire, un ECBU, un examen de selles KOP
dans 30% des cas [12]. Selon cette enquête, nous
pouvons retenir que la réalisation du bilan
biologique dépend du contexte et également de
l’orientation clinique et de principales hypothèses
diagnostiques qui en découlent. Concernant
l’Imagerie, l’ASP et l’Echographie sont le plus
souvent réalisés. Nos résultats diffèrent de ceux
obtenus par Kouamé [7] à Abidjan qui a réalisé
l’échographie dans 51,7% des cas et l’ASP dans
46,6% et seulement 4 radiographies thoraciques de
Face. Le fait que nos résultats sont en discordance
peut s’expliquer par la gratuité de l’ASP dans notre
contexte tandis que le coût élevé de l’Echographie
abdominale fixée à 5000 Frs par examen face à des
parents des enfants pour la plupart avec des
ressources financiaires limitées. Ainsi, il faut retenir
avec Gohron que le diagnostic d’une douleur
abdominale serait avant tout déterminé par une
analyse sémiologique la plus précise possible et par
l’examen clinique. La place des examens
complémentaires doit rester limitée en fonction des
hypothèses cliniques ou se résume à de simples
examens d’orientation car sans cette démarche
diagnostique, le clinicien risquera de proposer à
l’enfant et sa famille des examens complémentaires
coûteux et invasifs dans un contexte de pauvreté
[7,13,14].
Concernant le traitement et l’évolution, évolutifs,
malgré la faible réalisation de l’imagerie dans notre
étude, plus de ¾ de nos patients ont bénéficié d’un
traitement chirurgical et moins de 1/3, un traitement
médical. Aguide rapporte 58% des causes
chirurgicales dans une étude antérieure à Bangui
[3]. La durée d’hospitalisation en majorité
inférieure à 5 jours dans notre étude est
relativement faible, comparée aux données de
Adamou et al au Niger qui ont rapporté une durée
moyenne de séjour de 10,9±3,6 jours [15]. A
l’inverse, Douad et Bonnet en France, dans leur
travail sur l’appendicite aiguë ont retrouvé une
durée d’hospitalisation après la chirurgie de 0,3 à
0,9 jours qui est inférieure à la nôtre [16]. En effet,
la durée moyenne de séjour en milieu hospitalier
chirurgical dépend de la pathologie elle-même, du
type d’intervention, du niveau de plateau technique
et d’éventuelles complications liées à la pathologie
mais aussi de sa survenue en période post
chirurgicale. Notre taux de mortalité est de 7,8%.
Ce résultat est superposable à celui d’Aguide [2]
qui a obtenu un taux de décès de 8%.
CONCLUSION
Les DAA sont une cause importante
d’hospitalisation au CHUPB. L’ignorance des
signes de gravité, le recours tardif aux structures
sanitaires, la négligence de certains parents, le
manque de moyens financiers expliquent le fort
taux de mortalité infantile. Le diagnostic des DAA
nécessite une bonne maîtrise des étiologies et de la
chronologie de l’examen clinique de l’enfant, ainsi
qu’une étroite collaboration entre pédiatres,
chirurgiens pédiatres, radiologues en vue d’une
amélioration de la prise en charge.
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