ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°003/Décembre 2021 - 9
formule du MDRD [9]. L’insuffisance rénale
chronique terminale (IRCT) ; synonyme de «mort
rénale» est atteint pour un DFG ≤ 15ml/min [10].
C’est le stade ultime de cette évolution quelle que
soit la cause, et dominé par des complications
systémiques graves engageant le pronostic vital. Du
fait de l’allongement de l’espérance de vie, de la
sédentarisation des populations africaines,
l’augmentation du taux de diabète de type II et de
l’HTA, mais surtout à cause des médicaments
prohibés du marché parallèle et l’usage non
contrôlé des phytomédicaments traditionnels,
l’incidence de l’IRC est de plus en plus fréquente
en Afrique [11]. L’IRC succède toujours à une
néphropathie dont les origines peuvent être
multiples. Quelle que soit la cause : néphropathie
glomérulaire chronique (GNC) primitive ou
secondaire, néphropathie tubulo-interstitielle
chronique (NTIC), néphropathie vasculaire
chronique (NVC), l’IRC est un processus, le plus
souvent lentement évolutif, se traduisant par une
sclérose progressive des glomérules et de
l’interstitium [12]. En 2000 en France, la
néphropathie diabétique (type II 90%) représentait
25%, les glomérulonéphrites chroniques 20%, les
néphropathies vasculaires 15%, les néphropathies
interstitielles 11%, les néphropathies de cause
indéterminée 10% et les maladies héréditaires avec
au premier plan la polykystose rénale 7% [13]. Eu
égard à la diversité des néphropathies causales
d’IRCT, au risque d’évolution vers celle-ci en
l’absence de dépistage précoce et de prise en charge
appropriée ; nous avons choisi ce thème dont
l’objectif était de contribuer à la prise en charge de
la néphropathie en Guinée.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude transversale réalisée dans le
service de néphrologie de l’hôpital national de
Donka sur une période de trois (03) mois, allant du
17 Avril au 16 Juillet 2017. Notre population était
constituée de tous les patients admis pour une
insuffisance rénale chronique dans le service de
néphrologie durant la période d’étude. Nous avons
inclus tous les patients consentant présentant une
insuffisance rénale chronique terminale avec la
clairance de la créatininémie inférieure ou égale à
15mL/min/1,73m² calculée selon la formule MDRD
(DGF≤ 15ml/min). Les variables étudiées étaient :
épidémiologiques (fréquence, âge, sexe), cliniques
et paracliniques (Créatininémie, Protéinurie des 24
heures, Fond d’œil, Electrocardiogramme et
échographie rénale). Critères diagnostiques des
néphropathies causales de l’IRCT :
o Insuffisance rénale chronique terminale : le DFG
inférieur ou égal à 15 ml/min/1.73m2 et les signes
de chronicité à l’échographie, reins de petite taille
ou non avec une mauvaise dédifférenciation
cortico-médullaire.
o La néphropathie glomérulaire chronique (GNC)
était retenue devant : HTA ; Syndrome
œdémateux d’origine rénale (bilatéraux, mous,
indolores, déclives, gardant le godet); et/ou -
Protéinurie > 1g/l; et/ou Hématurie microscopique;
et/ou Reins de petites tailles mal différenciée,
symétriques et réguliers.
o La néphropathie vasculaire chronique (NVC) était
retenue devant : existence d’une HTA sévère et
ancienne ; protéinurie faible (≤ 1g/l) ; absence
d’hématurie ni de leucocyturie ; petits reins, mal
différenciée, symétriques ; rétinopathie
hypertensive au fond d’œil ; hypertrophie
ventriculaire gauche.
o La néphropathie diabétique (ND) était retenue
devant l’existence d’un diabète évoluant depuis au
moins 5 ans, des œdèmes, une protéinurie > 500
mg/24h ou une micro-albuminémie > 300mg/24h,
une absence d’hématurie, les reins conservés dans
leur taille ou augmentés de volume, bien ou peu
différenciés, une rétinopathie diabétique au fond
d’œil. La néphropathie tubulo-interstitielle
chronique (NTIC) était caractérisée par : une
insuffisance rénale chronique, une HTA absente ou
modérée, une polyurie, l’existence d’une infection
urinaire à répétition et/ou une phytothérapie, une
protéinurie absente ou faible, le sédiment urinaire
est plus riche en leucocytes (leucocyturie > 70
leucocyte/µl) sans germe, absence d’hématurie le
plus souvent (ou microscopique), ; atrophie rénale
asymétrique, contours irréguliers et bosselés à
l’échographie. La néphropathie associée au VIH
(NVIH) était retenue devant une protéinurie
massive (> 3 g/l), une insuffisance rénale d’emblée
sévère et rapidement progressive, chez tout patient
infecté par le VIH et non traité par les
antirétroviraux, une absence d’HTA, d’hématurie et
d’œdèmes, des reins gros ou de tailles normales.
o Les néphropathies d’origines indéterminées étaient,
celles devant lesquelles les anomalies cliniques et
para cliniques ne nous permettaient pas de les
rattacher à l’une des catégories précitées.
Les données recueillies sur la fiche d’enquête ont
été saisies et analysées à l’aide du logiciel EPI-
INFO version 7.2.
RESULTATS
Durant la période d’étude, 90 patients étaient
hospitalisés dont 81 avaient une insuffisance rénale
chronique. Parmi les 81 patients ayant l’IRC, 73
étaient en IRCT. Quarante-trois patients (58,9%)
avaient une clairance de la créatinine inférieure à 5
ml/min, 26 (32,65% avec une clearance de 6 à 10 et
4 (5,48%) avec une clearance de 11 à 15 ml/mn.
Les 8 autres patients (9,88%) avec une clearance
plus élevée. Les patients étaient en majorité de sexe
masculin dans 55% des cas, soit un sex-ratio de
1,21. L’âge moyen était de 45,07± 16,95 ans avec
des extrêmes de 15 et 90 ans. Le Tableau I présente
la répartition par sexe et par tranche d’âge.