ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°001/Avril 2021 - 4
ARTICLE ORIGINAL
Problématique de la gestion des déchets d’activités de soins en République
Centrafricaine : cas du Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui
Problem of healthcare waste management in the Central African Republic: example of
Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui
Hermione Dahlia Mossoro-Kpindé1,2,3, Eudes Gbangba Ngaï4,5, Henry Saint Calvaire Diemer3, Marcel Mbeko
Simaleko3, Boniface KoffI6,7, Christian Diamant Mossoro-Kpindé7,8
1. Centre hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui ;
2. Direction de la Médecine du Travail ;
3. Département de Santé Publique, Faculté des Sciences de la Santé, Université de Bangui ;
4. Direction Générale des Services de Santé des Armées ;
5. Département de Médecine, Faculté des Sciences de la Santé, Université de Bangui ;
6. Service d’Anatomie et cytologie Pathologiques, Laboratoire National de Biologie Clinique et de Santé
Publique ;
7. Département des Sciences Biomédicales, Faculté des Sciences de la Santé, Université de Bangui ;
8. Laboratoire du CHU Maman Elisabeth DOMITIEN.
Auteur correspondant : Dr Hermione Dahlia MOSSORO-KPINDE, Direction de la Médecine du Travail
E-mail : dahlia_m2003@yahoo.fr , Tél. : + 236 72 20 22 16
Reçu le 20/10/2020 ; Accepté le 13/01/2021
RESUME
Objectifs :
Analyser la filière des déchets biomédicaux en vue
d’instaurer une politique de prévention des risques
inhérents aux DAS.
Matériel et méthodes :
Nous avons mené une étude transversale d’une durée
d’un an au Centre Hospitalier Universitaire
Pédiatrique de Bangui (CHUPB). Les données ont
été collectées, à travers un questionnaire standardisé
puis saisies et analysées sur le logiciel Epi Info
version 7.
Résultats :
Les 11 services du CHUPB administrant des soins
étaient inclus. Chaque service produit en moyenne
5,1 kg de déchets par jour (extrêmes : 3-10 kg). Plus
des deux tiers des services mélangent les déchets
infectieux ni piquants ni tranchants aux ordures
ménagères. Les poches de soluté et de sang sont
produites dans 88,9% des services. Tous les services
ont identifié une personne responsable de la gestion
des DBM. Aucun n’a de procédure écrite de gestion
des DBM ni de politique de réduction des DBM.
Seulement 33,3 % des services ont associé un
infirmier à la gestion des déchets. Seuls les déchets
de verre (tubes, lames) sont réutilisés au laboratoire
d’analyses médicales. Aucun des personnels en
charges des déchets n’a été formé sur les dangers
auxquels il est exposé, ni vacciné contre l’hépatite B
et le tétanos.
Conclusion :
La gestion des déchets au CHUPB ne respecte pas
encore les normes internationales de santé et
sécurité. La formation et la sensibilisation du
personnel sont des moyens qui pourraient permettre
une amélioration rapide.
Mots clés : Déchets biomédicaux, Risque infectieux
professionnel, Accidents d’exposition au sang,
Bangui, pays à ressources limitées.
ABSTRACT
Objectives: To analyze the biomedical waste sector
in order to establish a prevention policy for the risks
inherent in healthcare waste.
Material and methods: A year long cross-sectional
study was carried out at the Pediatric University
Hospital Center of Bangui (CHUPB). Data were
collected using a standardized questionnaire and
analyzed using Epi Info 7 software.
Results: All 11 units providing care at the CHUPB
were included. Each unit produces an average of 5.1
kg of waste per day (range: 3-10kg). More than two-
thirds of the units mix non sharp infectious waste
with household waste. Fluid and blood bags are
produced in 88.9% of units. Each unit has identified
a person responsible for BMW management. None
has a written procedure or a reduction policy for
BMW. Only 33.3% of the units have associated a
nurse with waste management. Only glass waste
(tubes, blades) is reused in the medical analysis
laboratory. None of the staff in charge of BMW has
been trained on the dangers to which they are
exposed and they are not vaccinated against hepatitis
B nor tetanus.
Conclusion: Waste management at the BPUHC
does not yet meet international health and safety
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standards. Staff training and awareness are ways that
could lead to rapid improvement. Keywords: Biomedical waste, Occupational
infectious risk, Blood exposure accidents, Bangui,
limited resources countries.
INTRODUCTION
Les activités liées aux soins de santé permettent de
protéger et de rétablir la santé. Elles produisent
cependant des déchets dont 85% sont comparables
aux ordures ménagères et ne sont pas dangereux. Les
15% restants sont considérés comme dangereux et
peuvent être infectieux, toxiques ou radioactifs. Les
déchets représentés par les objets
piquants/tranchants souillés par du sang ou d’autres
liquides biologiques sont produits en petite quantité
mais sont hautement infectieux [1]. Les aiguilles, les
seringues, les scalpels ou tout autre objet souillé par
du sang contaminé par des agents pathogènes
représentent un danger d’accident (par piqûre ou
coupure) et constituent un risque pour le personnel
chargé de collecte et les personnes gravitant autour
des décharges et les dépôts d’ordures [2]. Une bonne
gestion de ces déchets est un gage pour la protection
de la population et de l’environnement [3]. L’OMS
recommande un codage universel pour le tri des
déchets. Les déchets devraient être placés dans des
conteneurs empêchant le contact direct [4]. La
collecte régulière et le stockage dans un endroit aéré
mais fermé, protègent les personnes étrangères au
service et les animaux [1]. Ces déchets peuvent être
traités sur place ou non selon les dispositions locales
[4]. Les méthodes de gestion des déchets doivent être
choisies selon le type de déchets. [2,3]. Les risques
qui résultent de la mauvaise gestion des déchets
d’activités de soins, pour la population et
l’environnement, hissent leur traitement en problème
de santé publique. Dans certains pays, il existe une
législation qui règlemente la gestion de ces déchets.
Les pays à faible revenu par contre sont moins
organisés. Certains sont en avance sur les autres et
tendent vers les normes internationales
recommandées par l’OMS de gestion des déchets de
soins à risque infectieux (DASRI) [3]. D’autres pays
essayent d’adapter la réalité aux normes
internationales [5]. En Centrafrique, il n’y a pas de
réglementation régissant la gestion des DASRI [6]
pour prévenir le risque qu’ils présentent, de plus, le
plan national adopté dans ce domaine n’est pas
encore totalement appliqué [7]. En RCA, l’épidémie
du VIH est de type généralisé. La prévalence est 2,9
% chez les 15-49 ans [8]. Ce pays en développement
a également une forte endémicité pour le virus de
l’hépatite B (VHB) et le virus de l’hépatite C (VHC)
avec une prévalence respectivement de 11,6 % et
0,22 % [9]. Le problème de la gestion des déchets et
les risques qu’ils engendrent nous a amené à nous
pencher sur la problématique des déchets issue des
soins au CHUPB. L’objectif de cette étude était
d’analyser la filière des DAS en vue de proposer des
orientations correctrices, d’élaborer des procédures
de gestion de ces déchets, et d’instaurer une politique
de prévention des risques inhérents aux DAS.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Il s’agissait d’une étude épidémiologique descriptive
transversale réalisée du 1er janvier au 31 décembre
2020 (12 mois), au CHUPB, seul établissement de
soins exerce un médecin du travail. Le CHUPB
est le centre de référence national pour la prise en
charge des maladies de l’enfant. Nous avons élaboré
un questionnaire standardisé complété par
l’infirmier major (ou cadre) des services du CHUPB
prodiguant les soins, après l’accord du Chef de
Service. Le questionnaire prenait en compte la
fréquentation du service, la nature et la quantité des
déchets produits, l’organisation de la filière des
déchets dans le service, le type des déchets produits,
le tri des déchets, la présence des boites de sécurité
pour les objets piquants et tranchants, la collecte et
le stockage des déchets, le transport et l’élimination
des déchets, la vaccination du personnel en charge
des déchets, les conditions de travail du personnel,
l’existence ou non de procédure de gestion des
déchets et de formation en matière de gestion des
déchets. Les données recueillies ont été saisies et
analysées à l’aide du logiciel Epi Info version 7.
RESULTATS
Les 11 services du CHUPB produisent des déchets
piquants ou tranchants contenant du sang. Pendant la
période d’étude, le CHUPB avait reçu 141.869
malades dont 17984 hospitalisés (12,6%). La
quantité moyenne des déchets produits était de 5,1
kg avec des extrêmes de 3 kg et 10 kg. La figure 1
présente la quantité de déchets générés par service.
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Figure 1 : Quantité en kilogramme de déchets produits par les différents services par jour.
Les déchets potentiellement infectieux mais ni
coupants ni tranchants sont produits dans presque
tous les services. Les déchets de cotons, compresses,
tubes de sang sont produits dans tous les services.
Les poches de solutés et de sang dans 88,9% des
services. Le Tableau I présente la qualité des déchets
produits au CHUPB.
Tableau I : Répartition des déchets potentiellement
infectieux, ni coupants, ni tranchants
Désignation
Fréquence (%)
Tube de sang
100,0
Coton /compresse
100,0
Flacons de médicaments
100,0
Poches de sang
88,9
Poches sérum
88,9
Sondes
33,3
LCR
33,3
Canules
22,2
Lunettes oxygène
22,0
Selles
11,2
Champs opératoire
11,2
Déchets anatomiques
11,2
Dans chaque service du CHUPB, il existe un
personnel chargé de gestion des DBM. Le CHUPB
ne dispose pas de manuelle de procédure de gestion
des DBM, ni de politique de réduction des DBM.
Le tableau II présente l’organisation de gestion des
DBM au CHUPB
Tableau II : Organisation de la gestion des déchets
biomédicaux
Mesures mises en place
Fréquence
Procédure écrite de gestion des DBM
0%
Personne identifiée responsable des DBM
100%
Politique de réduction des DBM
0%
Existence d’un budget alloué à la gestion des DBM
11,1%
La collecte, le stockage et le transport des déchets
sont présentés dans le tableau III
Tableau III : Collecte, stockage et transport des
déchets
Activité
Fréquence
Tri à la source
44,4%
Collecte journalière régulière
100%
Stockage
66,0 %
Transport
66 %
Association d’un infirmier à la
gestion des déchets
33,4%
Les déchets sont collectés régulièrement dans tous
les services, cependant, aucun service n’utilise
correctement des collecteurs de déchets (code
couleur, remplissage aux 2/3, datage). Seuls les
déchets de verre (tubes, lames, lamelles) sont
réutilisés au laboratoire d’analyses médicales. Les
déchets piquants et tranchants (après avoir été
recueillis dans des boites de sécurité) sont enlevés et
stockés dans un entrepôt couvert et fermé, bien aéré,
à côté de l’incinérateur. L’incinération se fait deux
fois par semaine. Les autres déchets sont recueillis
dans des sacs poubelles, enlevés à l’aide de brouettes
pour être stockés dans un autre entrepôt au sous-sol
du CHUPB et sont enlevés par une société
(prestataire) et traité sur un autre site. Les deux
entrepôts de stockage sont situés à distance des
espaces de circulation. Aucun des personnels en
charges des déchets n’a été formé sur les dangers
auxquels, ils sont exposés lors de leur exercice. Le
personnel dispose des équipements de protection
individuelle (blouses, gants, masques chirurgicaux)
mais ne sont ni vaccinées contre l’hépatite B ni
contre le tétanos. Le personnel n’est pas au courant
de l’existence d’une conduite à tenir en cas
d’accident d’exposition au sang (AES).
4 4 3 3
6
87
3 3
10
0
2
4
6
8
10
12
Quantité des déchets en kilogramme
Service produisant des déchets
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DISCUSSION
L’objectif de ce travail était d’analyser la filière des
déchets d’activités de soins depuis la production
jusqu’à l’élimination pour en déceler les lacunes afin
d’y remédier. Les différents services du CHUPB
produisent quotidiennement des déchets en quantité
variant de 3 à 10 Kg en fonction des services avec un
maximum au bloc opératoire. Le minimum (3 Kg)
est observé au laboratoire ils ne jettent que les
aiguilles utilisées pour les prélèvements et les
tampons, très peu de seringues sont utilisées. Les
tubes et les lames sont réutilisés. De plus le
laboratoire de CHUPB ne réalise pas tous les
examens de laboratoire. Ce taux minimum est
également observé en unité D qui prend en charge
les malnutris très peu de gestes invasifs sont
pratiqués. Tous les services du CHUPB utilisent des
objets piquants et tranchants. Mor Ndiaye et al au
Sénégal notaient également que tous les services
enquêtés produisaient des déchets tranchants et
piquants et ceux de sang et autres fluides corporels
[10]. La RCA, zone d’endémie palustre, est un pays
sévit également la drépanocytose, dont l’une des
complications est l’anémie. Au cours de ces deux
maladies, la transfusion sanguine est souvent
nécessaire ; ce qui expliquerait le fait que 88,9 % des
services ont parmi leurs déchets, des poches de sang
et des poches de solutés divers. Dans tous les
services du CHUPB, au moins une personne est
identifiée pour la gestion de DAS, mais la personne
n’a pas été formée à cet effet. Ce même constat est
fait par Nkongue Njaqi A au Kenya [11]. Mor
Ndiaye et al en 2012 relevait que les connaissances
sur la gestion des DBM étaient jugées suffisantes par
62,6% des personnes ayant la responsabilité de la
gestion des DBM [10]. Le manque de formation et
d’information sur la gestion des déchets expose
d’avantage la personne qui en a la charge aux risques
de contamination, notamment les AES. La formation
est une pièce clé dans la gestion des déchets de soins
médicaux [4] De plus, il n’y a pas de procédure de
gestion de ces déchets. L’absence de formation et de
procédure concernant la gestion des DASRI se
conjuguent et exposent fortement non seulement la
personne en charge de ces déchets mais également
toute la population qui gravite autour de ces déchets
et l’environnement [1]. Chacun a sa part de
responsabilité depuis la production jusqu’à la
destruction des déchets [2]. Mais seulement 33,3%
des services attribuent cette responsabilité aux
infirmiers (producteurs de déchets) et aux
techniciens de surface (responsables de la collecte,
du stockage et de la destruction des déchets). Les
producteurs ne se sentent donc pas responsables de
ces déchets et ne les trient pas à la source (poubelles
dédiées). Le fait que les déchets trainent surtout
lorsqu’ils contiennent des objets piquants et
tranchants pourraient être à l’origine des AES.
L’exemple du laboratoire (où les déchets sont triés,
les aiguilles et les tampons ont des poubelles dédiées
à chacune des 2 catégories) est à copier et à appliquer
à tous les services. Ceux qui ont la responsabilité de
la gestion des déchets n’ont pas reçu de formation,
ni pendant leur formation de base, ni à l’occasion de
leur embauche. Ce constat a été également rapporté
au Kenya par Nkonge Njaqi et al lors d’une enquête
CAP sur la gestion des déchets en milieu hospitalier
[11]. Le personnel, non formé à cet effet, est donc
très exposé aux AES qui peuvent survenir avec les
DAS. Les mauvaises pratiques en matière de déchets
d’activités de soins et leurs conséquences néfastes
constituent un problème évitable [12]. Le besoin de
formation initiale et continue en matière de gestion
des déchets est crucial. Les collecteurs de déchets
piquants et tranchants étaient en nombre insuffisant
et ne respectaient pas les codes conventionnels
notamment les couleurs indiquées, ni les limites de
remplissage [1-3,13]. Les collecteurs n’étaient
apportés au lit du malade que dans 11,1% des
services. Gzara et al notaient par contre que 31% des
personnes interrogées lors de leur enquête n’avaient
pas de collecteur à portée des mains lors des soins
[14]. Le fait de transvaser les déchets accroît sa
manipulation et expose aux AES. Le tri des déchets
n’était effectif que dans 11,1% des services et les
contrôles n’étaient effectués que dans 22,2% des
services. Ce fait augmente la quantité des DASRI
puisque tous les déchets assimilés aux ordures
ménagère contenant des DASRI ou mélangés à ces
derniers sont considérés entièrement comme des
DASRI et doivent être traités comme tels [1].
L’OMS recommande la minimisation des déchets
dont une étape importante est le tri à la production
[4]. Le personnel de santé fait partie de ceux pour
lesquels le vaccin contre l’hépatite B est obligatoire
depuis 1991 en France [15]. Cela n’est pas encore
une obligation pour celui de la RCA. Ce vaccin vient
à peine d’être introduit dans le programme élargi de
vaccination, mais ne concerne que les enfants de 0 à
59 mois selon les recommandations de l’OMS.
Pourtant, la RCA fait partie des pays de forte
endémicité pour l’hépatite B [9]. Le personnel de
soins, non vacciné contre le VHB est donc très
vulnérable dans le cadre de son travail. Les
recommandations de Cotonou, élaborées en 2008
demandent que tout le personnel de santé soit
immunisé contre le VHB [16]. En France il n’y a
plus de séroconversion professionnelle pour le VHB
depuis des décennies [17]. Le personnel à risque est
vacciné sinon ceux qui ne sont pas immunisés
reçoivent des immunoglobulines en cas d’AES [18].
La manipulation des déchets depuis la production
jusqu’à l’élimination devrait respecter les normes
[1,19]. La mauvaise gestion des déchets couplée à
l’absence de port déquipement de protection
individuel (EPI) sont encore fréquentes en milieu de
soins et sont également rapportées par Baudu A et
al en France qui relevait que sur 7 AES, 2 personnels
seulement avaient un collecteur d’objets piquant et
tranchant à proximité [18]. Afin d’éviter les AES, le
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port d’EPI lors des soins est rendu obligatoire [2].
Cependant le personnel de soins néglige le plus
souvent les EPI mis à leur disposition. Ces derniers
sont d’ailleurs insuffisants dans les pays à ressources
limitées. Les objets piquants et tranchants ne sont
pas tous éliminés dans des collecteurs appropriés qui
sont en nombre insuffisants. Néanmoins le peu
disponible dans ces formations sanitaires ne sont pas
totalement appliqués par manque d’information du
personnel (le plus concerné) ou par négligence voire
ignorance du risque. L’insuffisance de dispositifs de
gestion du risque infectieux au CPB est également
observée dans d’autres pays en voie de
développement [13-20,21]. Le personnel en charge
de ces déchets ne les manipulent pas selon les
normes internationales auxquelles ils devraient se
référer, à défaut de normes nationales [6]. Ainsi, le
personnel s’expose lui-même, expose les utilisateurs
des formations sanitaires et la population et pollue
l’environnement [1,2]. En France les directives
énoncées en 2016, concernent les emballages des
déchets [13] et en 2017 concernent leur
prétraitement [22]. Le personnel de soins et ceux
ayant la charge des déchets sont souvent peu
informés par rapport aux risques auxquels, ils sont
exposés [6], ainsi que les risques pour
l’environnement et la population.
CONCLUSION
La gestion des déchets au CHUPB ne respecte pas
les normes internationales de santé et sécurité.
L’amélioration de la gestion des déchets est possible.
Elle passe par la formation et la sensibilisation du
personnel. Le plus important pour obtenir une
réduction du risque réside dans une démarche
pluridisciplinaire et multi participative qui a pour but
principal, le respect des bonnes pratiques et des
procédures de gestion des déchets qui ici doit être
élaborée. Le peu de personnel de soins dont dispose
la RCA en général et le CHUPB en particulier doit
être protégé.
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Conflit d’intérêt : aucun