ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 7, N°003/Décembre 2021 - 6
positives. La proportion de culture stérile dans notre
étude était de 6,85%. De nombreux auteurs ont
rapporté une proportion variable de culture stérile
variant entre 14,28 % et 32% [4-6]. Les cultures
négatives peuvent s'expliquer de différentes
manières : une mauvaise technique de prélèvement
d’échantillons, l’utilisation de récipients non
adaptés, un délai d'acheminement de l’échantillon
trop long, une mauvaise qualité de milieu de
culture, une insuffisance quantitative et qualitative
de milieu de culture rendant impossible l’isolement
de certains germes, et l’automédication pratiquée
par certains patients qui rend stérile les
prélèvements [4]. Les germes les plus fréquemment
rencontrés dans notre étude étaient Streptoccocus
pneumoniae (60,29), Staphylococcus aureus
(11,76%) et Proteus myrabilis (10,29%) comme
cela a été constaté à Lomé avec Streptoccocus
pneumoniae au premier rang, suivi de
Staphylococcus aureus et les streptocoques du
groupe A[4]. Cette étude confirme l’omniprésence
de Streptoccocus pneumoniae et Staphylococcus
aureus dans les sinusites maxillaires chroniques
dans la sous-région. En outre, cette prédominance
des deux germes est rapportée dans d’autres études
[7,8]. En définitive, de nombreux auteurs
s’accordent pour dire que Staphylococcus aureus
est le principal agent causal des sinusites
maxillaires [9-11]. Concernant l’étude de la
sensibilité des germes aux antibiotiques,
Streptoccocus pneumoniae, Staphyloccocus aureus
et Proteus mirabilis isolés présentaient une
sensibilité de l’ordre de 92,68 à 100% à
l’association amoxicilline/acide clavulanique et à la
céfotaxime. Les travaux d’Amana et al [4] ont
montré une sensibilité à l’association
amoxicilline/acide clavulanique de l’ordre de 100%
sur Streptoccocus pneumoniae et Staphyloccocus
aureus. Une étude réalisée par Passali et al [12] a
prouvé l’efficacité de l’association
amoxicilline/acide clavulanique dans les
rhinosinusites. La particularité dans notre étude
réside dans la sensibilité au cotrimoxazole
retrouvée dans une proportion de 82,9 à 87,5%.
Cette molécule présente l’avantage d’être
accessible et peu coûteux mais présente
l’inconvénient lié aux risques graves d’anémie
hémolytique immuno-allergiques et d’aplasie
médullaire surtout chez les sujets de plus de 65 ans.
Compte tenu de l’utilisation systématique de cette
molécule dans la prévention des infections
opportunistes chez les sujets vivant avec le VIH, les
sinusites seraient moins fréquentes chez ces
derniers. Ce constat nous autorise à suggérer des
modifications de nos habitudes thérapeutiques
actuelles en faveur de premières drogues suscitées.
CONCLUSION
Les sinusites maxillaires chroniques sont des
infections oto-rhino-laryngologiques (ORL) très
courantes. Elles touchent essentiellement les jeunes
adultes. Les germes souvent en cause sont S.
pneumoniae, S aureus et P. mirabilis. Ils présentent
une bonne sensibilité à l’association
Amoxicilline/Acide Clavulanique, Céfotaxime
justifiant le choix de l’antibiotique de première
intention.
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