
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019 -
Sur le plan biologique, 29,4% des patients avaient
une hyperleucocytose à prédominance neutrophile.
Notre résultat corrobore celui de Friedman et coll.
[21] qui ont trouvé une hyperleucocytose dans 34%
des cas. Le syndrome inflammatoire biologique était
retrouvé dans plus de 60% des cas dans notre série,
ce résultat est similaire à ceux retrouvé par certains
auteurs [7,8].
Le diagnostic étiologique reposait essentiellement
sur des faisceaux d’arguments clinique et para
clinique [22], c’est ainsi que dans notre étude,
l’étiologie tuberculeuse était plus évoquée (97,1%)
du fait de l’incidence de la tuberculose dans notre
pays (435/100 000 habitants). Contrairement à
certaines données africaines [6] comme les nôtre,
dans les pays développés, la physionomie actuelle
des spondylodiscites infectieuses est marquée par la
fréquence élevée des SDNT, ceci en rapport avec la
pratique de la chirurgie rachidienne d’une part et
l’âge avancé de la population atteinte de la
spondylodiscite infectieuse d’autre part [1,23].
L’augmentation de la fréquence des spondylodiscites
tuberculeuses en Afrique semble être en rapport ces
dernières années à la pandémie du VIH/SIDA bien
que nous n’avons enregistré que 8 cas de
séropositivité pour le VIH sur 24 patients testés.
L’importance de la co-infection VIH/Tuberculose a
été soulignée au Togo [14]. Par contre au Congo
Brazzaville aucune influence de l’infection à VIH
sur la fréquence des spondylodiscites n’a été
retrouvée [24]. Des études prospectives avec analyse
statistique rigoureuse permettront d’établir
l’existence d’un éventuel lien de causalité entre la
fréquence de cette affection dans notre pays, les
conditions de vie de la population et l’infection par
le VIH.
La majorité de nos patients étaient sous traitement
antituberculeux constitué pour la première phase (02
mois) d’une quadrithérapie (Rifampicine, Isoniazide,
Ethambutol et Pyrazinamide) suivie d’une bithérapie
(Rifampicine et Isoniazide) à la deuxième phase
pour une durée totale de 12 mois. Ce protocole est
comparable à ceux de Ben Taarit et Coll. [6] qui ont
traité leurs patients pendant 14 mois et à celui de
Lemaire qui a prorogé de 12 à 14 mois [25].
Nous avons enregistré 2 décès dans le cas de SDT
(6.06%) tandis que d’autres auteurs ont rapporté un
taux de décès allant de 3% à 17% [2, 21,26]. Trente
et un de nos patients étaient sortis de l’hôpital suite à
une évolution supposée favorable sous
antituberculeux.
En dehors de la tuberculose, les autres diagnostics
étiologiques étaient difficiles à établir dans notre
contexte à cause du plateau technique très limité :
hémoculture non réalisée, ponction biopsique
vertébrale non faite et IRM non disponible. Nos
diagnostics de mal de pott ont été conforté par le fait
que les patients avaient une évolution favorable
sous le régime de 12 mois d’antituberculeux en 2
phases. Toutefois, certains patients diagnostiqués
mal de pott à tort avaient une évolution favorable
grâce à la présence de la rifampicine qui agit aussi
sur d’autres germes tels que les staphylocoques qui
sont responsables des spondylodiscites infectieuses
dans 50% des cas [16,26].
Les complications de décubitus enregistrées étaient
à type d’escarre (11,7%) et d’infection urinaire
(23,5%). Le pronostic fonctionnel des membres était
bon à la sortie de l’hôpital chez 5 patients présentant
des complications neurologiques ; à l’inverse, pour
22 patients, le pronostic était réservé car la
récupération était partielle et les séquelles
neurologiques ont persisté après la fin du traitement.
La plupart de nos patients (85,3%) avait eu un séjour
inférieur à un mois dans le service au cours
d’hospitalisation. Malgré l’insuffisance en plateau
technique, la prise en charge de nos malades était
adaptée limitant les complications de décubitus.
CONCLUSION
Les spondylodiscites infectieuses sont des affections
graves avec comme principale complication la
compression médullaire et ses conséquences. La
clinique est souvent évocatrice. Cette étude, nous a
permis de déterminer la fréquence hospitalière de
cette maladie qui rend compte de sa relative rareté
en Afrique. Le diagnostic étiologique de certitude
est difficile dans notre contexte d’exercice ou
plateau technique est très limité.
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