
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°002/ Décembre 2019 -
home treatment was given in 49.09% of cases. All
the children had been treated with artesunate.
Ceftriaxone was administered to 96.97% of the
children. One hundred and six children were cured
without any neurological sequelae, that is 85.48%.
The sequelae were present in 19 children which is
14.52%. The lethality rate was 24.24%.
Splenomegaly, hepatomegaly, respiratory distress
syndrome (RDS), hypoglycemia, and long
management delay (6 to 14 days) were the risk
factors associated with death (P < 0.05).
Conclusion: Cerebral malaria is common in
Bangui. Actions to raise awareness among the
population in order to reduce the delay in
management and to fight against self-medication
must be undertaken.
Key words: Cerebral malaria, Pediatric, Bangui
INTRODUCTION
Le paludisme chez les enfants de moins de 5 ans est
une pathologie grave. Selon l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), on estime que
438.000 personnes sont décédées du paludisme en
2015 contre 655000 pour l’année 2010. Plus de
90% de ces décès sont survenus en Afrique
subsaharienne [1,2]. La quasi-totalité de ces décès
sont imputables au Plasmodium falciparum et les
enfants africains de moins 5 ans paient le plus lourd
tribut [1,3]. Il existe plusieurs formes de paludisme
grave dont l’accès pernicieux est la forme la plus
sévère. Cette forme est caractérisée par des
manifestations neurologiques, conséquence de
l’atteinte cérébrale au cours de l’accès palustre :
troubles de la conscience, prostration et convulsions
[4]. Les accès graves sont responsables de séquelles
neurologiques dans près de 10% des cas. Certaines
séquelles sont transitoires [5]. Les cas graves de
morbidités et de mortalités dues au paludisme à
plasmodium falciparum résultent de la
séquestration des globules rouges infectés,
entraînant un dysfonctionnement multi-viscérale.
Cela peut se traduire par une pathologie cérébrale
liée à une obstruction microvasculaire, une acidose
métabolique aggravée par une anémie sévère due à
la destruction accélérée des hématies, une
hypoglycémie, un choc circulatoire et, chez les
enfants plus âgés, une insuffisance rénale ou un
œdème pulmonaire [6]. En Centrafrique, le
paludisme est la première cause de morbidité et de
mortalité infantile. Il était responsable de 54% des
décès hospitaliers en 2001 contre 23% en 2005. Il
touche 32,2% des enfants de moins de 5 ans qui
constituent, avec les femmes enceintes le groupe le
plus vulnérable [7].
La présente étude a pour but de déterminer les
aspects épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques
et évolutifs du neuropaludisme chez les enfants
reçus au Complexe Pédiatrique de Bangui.
PATIENTS ET METHODES
L’étude a été réalisée au Complexe Pédiatrique de
Bangui (CPB), dans l’unité des soins intensifs. Il
s’agissait d’une étude transversale descriptive et
analytique, réalisée entre le 1
er
juin et le 31
décembre 2017. La population de l’étude était
constituée des enfants vus aux urgences et
hospitalisés aux soins intensifs du CPB durant la
période d’étude. Nous avons inclus dans l’étude,
après consentement éclairé des parents ou des
tuteurs, tous les enfants âgés de 0 à 15 ans reçus
pendant les consultations aux urgences pédiatriques
ou hospitalisés aux soins intensifs pendant la
période d’études et répondants aux critères
d’inclusion : goutte épaisse positive au plasmodium
falciparum avec au moins une des manifestations
du neuropaludisme selon l’OMS : coma profond
(coma avec Blantyre inférieur ou égal à 2 pour le
petit enfant ou un score de Glasgow modifié
inférieur ou égal à 9 chez l’enfant de plus de 5ans),
des convulsions (deux ou plus par jour) ou une
prostration. Les examens suivants ont été
réalisés gratuitement : Test de dépistage rapide du
paludisme (TDR), goutte épaisse et densité
parasitaire, frottis sanguin, hémogramme, test
d’Emmel, groupe sanguin, taux des transaminases,
créatininémie, ionogramme sanguin, taux de
prothrombine, recherche d’infection urinaire,
d’infection méningée. Une fois le diagnostic du
paludisme posé, le traitement était fourni
gratuitement par l’unité de dispensation des
médicaments du CPB. Devant un tableau de
neuropaludisme, un ou plusieurs autres signes de
gravité étaient recherchés (facteur de comorbidité
du neuropaludisme) à savoir : une hypoglycémie
(glycémie < 45mg/dl), une anémie (taux
d’hémoglobine < 5g/dl), un syndrome de détresse
respiratoire, une hémoglobinurie. En attendant les
résultats des examens de laboratoire, une
antibiothérapie systématique était instituée.
N’étaient pas inclus dans l’étude, les enfants
présentant une maladie neurologique grave autre
que le neuropaludisme, les autres formes graves du
paludisme sans atteintes neurologiques. La collecte
des données a été faite à l’aide d’un questionnaire
anonyme rempli à partir de l’interview des parents
ou des tuteurs des malades, des registres de
consultation et des dossiers d’hospitalisation. Pour
chaque malade inclus, nous avons recueilli des
données en rapport avec les variables
sociodémographiques, cliniques, paracliniques,
thérapeutiques et évolutives. La saisie et l’analyse
des données avaient été réalisées à l’aide du logiciel
Epi-info 7. Nous avons utilisé le test de chi-carré
pour la comparaison des proportions au seuil de
significativité de 0,05.
RESULTATS
Du 1
er
Juin au 31 Décembre 2017, nous avons
enregistré 1909 enfants qui étaient hospitalisés aux
soins intensifs dont 525 pour paludisme grave soit