ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019
ARTICLE ORIGINAL
Les fractures traumatiques du bassin : aspects épidémiologiques, cliniques,
thérapeutiques et évolutifs au Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de
Bangui (Centrafrique)
Traumatic fractures of the pelvis: epidemiological, clinical, therapeutic and evolutionary
aspects at Communautaire University Hospital of Bangui (Central African Republic)
Pierre Alfred Issa Mapouka
1
, Francky Kouandongui Bangue Songrou
2
, Albert Danaï
3
, Etienne Donabé
1
,
Bertrand Jean de Dieu Tékpa
1
, Alfred Gaudeuille
4
1. Service de traumatologie et d’orthopédie, Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui.
2. Service de radiologie, Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui.
3. Service d’urologie, Centre Hospitalier Universitaire de l’Amitié, Bangui.
4. Service de chirurgie pédiatrique, Centre Hospitalier Universitaire Communautaire de Bangui.
Auteur correspondant : Docteur Issa Mapouka Pierre Alfred, Service de Traumatologie et d’Orthopédie,
Centre Hospitalier Universitaire Communautaire, BP 1379, Bangui,
Tel : (+236)75043022. Email : issamapouka@yahoo.fr
Reçu le 27/02/2019 ; Accepté le 22/05/2019
RESUME
Objectif : Décrire le profil épidémiologique,
clinique des fractures traumatiques du bassin chez
l’adulte et de rapporter les résultats du traitement.
Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude
rétrospective descriptive réalisée dans le service de
traumatologie-orthopédie du Centre Hospitalier
Universitaire Communautaire de Bangui. Elle a
porté sur les fractures traumatiques du bassin chez
l’adulte traitées sur la période de Janvier 2012 à
Décembre 2015. L’étude était menée à partir des
dossiers d’hospitalisation et des registres du bloc
opératoire des patients.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 31
ans avec une prédominance féminine (52,8%). Les
accidents de la circulation (81%) étaient la première
cause des traumatismes et la majorité des victimes
était les passagers (79,2%). La compression
antéropostérieure (45% %) et la compression
latérale (41%) dominaient les mécanismes. La
douleur du bassin (100%) et l’impotence
fonctionnelle des membres inférieurs (68,5%)
étaient les principaux signes cliniques. Les fractures
de type A1 (72%) selon la classification de Tile
avaient prédominé. Les complications des fractures
représentaient 15,7% des cas, dominées par les
lésions urologiques (10,1%). Le traitement
fonctionnel était utilisé dans 79,8% des cas. Les
complications étaient notées dans 25,8% des cas
dominées par les cals vicieux (47,8%) et la
pseudarthrose (34,8%). Le délai moyen de
consolidation des fractures était de 60 jours. Les
séquelles représentaient 39,3% des cas avec une
prédominance de la douleur du bassin (54,3%). La
mortalité était de 3,4% et la durée moyenne
d’hospitalisation était de 15 jours.
Conclusion : Les fractures traumatiques du bassin
sont relativement fréquentes. Elles touchent les
adultes jeunes. Les accidents de la circulation sont
la première cause et les passagers sont les
principales victimes. La prise en charge est
insuffisante à l’origine de la fréquence élevée de
complications et de séquelles.
Mots-clés : Bassin, fracture, épidémiologie,
traitement, résultat.
ABSTRACT
Objective: To describe the epidemiologic, clinical,
and report the outcomes of treatment of traumatic
pelvic fractures in adults.
Patients and method: This was a retrospective
descriptive study performed in the Trauma-
Orthopedics Department of the Bangui University
Hospital Center. It focused on trauma fractures of
the pelvis in adults treated during the period from
January 2012 to December 2015. The study was
conducted from the hospital records and records of
the operating room of patients.
Results: The mean age of the patients was 31 years
with a female predominance (52.8%). Traffic
accidents (81%) dominated etiologies and the
majority of victims were passengers (79.2%). The
mechanisms were dominated by anteroposterior
compression (45%) and lateral compression (41%).
Basin pain (100%) and functional impotence of the
lower limbs (68.5%) were the main clinical signs.
According to Tile's classification, A1 fractures
predominated in 72% of cases. Immediate
complications of fractures accounted for 15.7% of
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cases, dominated by urologic lesions (10.1%).
Functional treatment was the most commonly used
method (79.8%) followed by transtibial traction
(15.7%). Complications were noted in 25.8% of
cases dominated by malunion (47.8%) and
nonunion (34.8%). The average fracture healing
time was 60 days. Sequelae accounted for 39.3% of
cases dominated by pelvic pain (54.3%). The
mortality was 3.4% and the average duration of
hospitalization was 15 days.
Conclusion: Traumatic pelvic fractures are
relatively frequent. They often affect young adults,
most of them traffic accidents and the majority of
passengers. The management is insufficient and
causes a high frequency of complications and
sequelae.
Keywords: Basin, fracture, epidemiology,
treatment, outcome.
INTRODUCTION
Les fractures traumatiques du bassin sont des
fractures graves. Ces fractures peuvent mettre en
jeu le pronostic vital immédiat du blescar elles
surviennent généralement dans un contexte de
polytraumatisme et du fait des éventuelles
complications locales en particulier hémorragiques
et urologiques. Le pronostic fonctionnel peut
également être compromis notamment les séquelles
statiques, douloureuses et urologiques. Dans 80%
des cas, ces fractures sont secondaires à un
traumatisme violent. Les accidents de la circulation
sont principalement les causes du traumatisme.
Actuellement, le traitement de ces fractures est bien
codifié et prend en compte la notion de stabilité et
d’instabilité [1-3]. Dans notre contexte où le plateau
technique est insuffisant, la prise en charge de ces
fractures est encore difficile et inadapté. L’objectif
de cette étude était de décrire les aspects
épidémiologiques, cliniques de ces fractures et de
rapporter les résultats du traitement.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive,
réalisée dans le service d’orthopédique-
traumatologique du CHU Communautaire de
Bangui. Elle a porté sur les fractures traumatiques
du bassin des patients adultes des deux sexes,
traités sur la période du 1
er
janvier 2012 au 31
décembre 2015. La collecte des données était faite à
partir des registres d’hospitalisation et du bloc
opératoire. Les fractures étaient classées selon la
classification de Tile. Les paramètres étudiés
étaient : l’âge, le sexe, la profession, les étiologies,
le profil des accidentés de la circulation, les
mécanismes des fractures, les signes cliniques et
radiographiques, les complications des fractures, le
traitement et l’évolution. Les critères d’inclusion
étaient : les patients avec un dossier complet et
suivis après la sortie. Les patients avec un dossier
incomplet et ceux ayant présenté des fractures
associées du cotyle et les fractures pathologiques
n’étaient pas inclus dans l’étude. Les données
recueillies sur fiches d’enquête ont été saisies et
analysées au moyen du logiciel Epi-info7.
RESULTATS
Durant la période d’étude, 4816 patients étaient
hospitalisés pour des fractures récentes parmi
lesquels 126 cas de fractures du bassin soit une
fréquence de 3,8%. En tenant compte des critères
d’inclusion, 89 patients étaient retenus. Le profil
sociodémographique des patients est présenté dans
le tableau I.
Tableau I : Profil épidémiologique des patients
Caractéristiques
Effectif (n=87)
Pourcentage
Tranches d’âge
15 à 24 ans
25 à 34 ans
35 à 44 ans
45 à 54 ans
55 ans et plus
Sexe Masculin
Sexe Féminin
Profession
Commerçant
Salarié
Elève/Etudiant
Cultivateur
Sans-emploi
26
33
16
8
6
42
47
48
20
12
7
2
Age moyen 31 ans ; extrêmes 15 et 62 ans ; Sex-
ratio = 0,89
La tranche d’âge comprise entre 15 et 34 ans
représentait 66,2% des cas. La répartition des
étiologies et le profil des blessés des accidents de la
circulation sont rapportés dans le tableau II.
Tableau II : Etiologies des fractures et profil des
accidentés de la circulation
Paramètres
Effectif
Pourcentage
Etiologies (n = 89)
Accident de circulation
Chute d’une hauteur
Rixe/agression
Eboulement de mur
Chute d’une branche d’arbre
Coup de sabot de bœuf
Total
72
9
3
2
2
1
89
80,9
10,2
3,4
2,2
2,2
1,1
100
Profil des accidentés
de la circulation (n = 72)
Passager
Piéton
Chauffeur du véhicule
Motocycliste
Total
57
12
2
1
72
79,1
16,7
2,8
1,4
100
Les mécanismes des fractures étaient la
compression antéropostérieure dans 44 cas (45%),
la compression latérale dans 37 cas (41%) et 12 cas
(13,5%) de cisaillement. Les signes cliniques sont
présentés dans le tableau III.
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Tableau III : Signes cliniques
Signes cliniques
Effectif
Pourcentage
Douleur spontanée et/ou aux manœuvres
Impotence fonctionnelle des membres inférieurs
Asymétrie du bassin
Urétrorragie
Globe vésical
Empâtement sus-pubien
Irritation péritonéale
Choc hémorragique
Ecart inter pubien
Fracture ouverte de l’ischion (au vagin)
Fracture ouverte de l’ischion (au périnée)
89
61
9
6
5
5
4
3
2
1
1
100
68,5
10,1
6,7
5,6
5,6
4,5
3,4
2,2
1,1
1,1
La radiographie du bassin de face était réalisée chez
tous les patients. La radiographie de l’abdomen
sans préparation et l’échographie abdominale
étaient réalisées dans 2 cas (2,24%) chacun. La
répartition des fractures est présentée dans le
tableau IV.
Tableau IV : Répartition des fractures selon la
classification de Tile
Type de fracture
Effectif
Type A1
Type B2
Type A2
Type B1
Type C1
Type C2
Total
64
10
5
5
3
2
89
72
Les complications des fractures étaient observées
dans 15,7% des cas. Il s’agissait de 5 cas de rupture
de l’urètre postérieur (35,7%), 4 cas de plaie de la
vessie (28,7%), 3 cas de choc hémorragique
(21,4%) et 2 cas de fracture de l’ischion ouverte au
vagin et au périnée (7,2%). Le traitement des
fractures était fonctionnel par un repos simple au lit
dans 71 cas (79,8%), orthopédique par une traction
transtibiale dans 14 cas (15,7%) et chirurgical par
un fixateur externe dans 4 cas (4,5%) (figure1). Le
traitement des complications des fractures a
consisté en une cystostomie dans 5 cas, la suture de
la vessie dans 4 cas par une laparotomie médiane,
une réanimation dans 3 cas et le parage des deux
fractures ouvertes de l’ischion avec la suture du
vagin et du délabrement périnéal.
1a : radiographie objectivant les traits de fracture
1b : radiographie montrant la consolidation des
fractures
Figure 1 : 1a : Image de fracture sans déplacement
du cadre obturateur droit chez un patient de 27 ans
qui a bénéficié d’un traitement fonctionnel (repos
au lit) ; 1b : Image de consolidation des fractures.
Les complications des fractures (23,6%)
comprenaient 11 cas de cal vicieux, 8 cas de
pseudarthrose et 4 cas d’asymétrie du bassin (figure
2). Les fractures ont consolidé dans un délai moyen
de 60 jours (extrêmes 45 et 90 jours). Trente et cinq
patients (39,3%) ont présenté des séquelles
constituées de 19 cas (54,3%) de douleur du bassin
et lombaire (22,8%) à la marche et 8 cas de boiterie
(22,8%). La mortalité était de 3,4%, due à 2 cas de
choc hémorragique et un cas de choc septique. La
1a
1b
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durée moyenne d’hospitalisation était de 15 jours (extrême 1 jour et 60 jours).
1a : Fracture-disjonction de la symphyse pubienne 1b : Traitement par fixateur externe
2c : Réduction incomplète de la symphyse, au contrôle
Figure 2 : Fracture-disjonction pubienne chez une patiente de 32 ans.
DISCUSSION
Les fractures traumatiques du bassin sont
relativement fréquentes dans notre série avec une
fréquence de 3,8%. Cette fréquence est supérieure à
celles de Améziane [1] au Maroc et Ngongang [4]
au Cameroun qui avaient trouvé une fréquence de
2,7% et 1,4% respectivement. Nous pouvons
l’expliquer par la prédominance des accidents de la
circulation observée dans notre étude. L’âge moyen
des patients était de 31 ans. Il se rapproche des
séries de Traoré et al [3] au Burkina Faso et de
Ratsimandresy et al [5] à Madagascar qui étaient
respectivement de 36,2 ans et de 37,9 ans. La
tranche d’âge de 15 ans à 34 ans était plus
représentée avec 66,2% des cas. Cette fréquence
corrobore la série de Ngongang [4] qui était de
57,5% pour la tranche d’âge de 21 ans et 44 ans.
Néanmoins, il s’agit des sujets jeunes qui sont les
plus actifs. Les femmes étaient plus touchées
(52,8%) dans notre série contrairement à la série de
Améziane [1] et de Boulanger et al [6] en France
qui avaient rapporté une proportion plus élevée
d’hommes avec respectivement 60% et 65%. La
prédominance féminine dans notre série s’explique
par le fait qu’en République Centrafricaine les
femmes sont plus impliquées dans le commerce
informel ; elles effectuent beaucoup de
déplacements et voyages et sont par conséquent
plus exposées aux traumatismes. Ainsi, les
commerçants ont constitué la majorité des victimes
(54%) dans notre étude tandis que dans la série de
Bah et al. [7] en Guinée, les cultivateurs étaient
plus nombreux avec une proportion de30,7%. Nous
pouvons l’expliquer par les contraintes de
déplacements qu’impose leur profession. Les
accidents de la circulation (AC) étaient la principale
étiologie des traumatismes (81%). Cette fréquence
concorde avec celle de la série de Ngongang [4] qui
a rapporté une proportion de 80%. La fréquence
élevée des AC que nous avons retrouvée est liée
aux surcharges des véhicules ainsi que les excès de
vitesse sur des routes très dégradées. Ainsi, les
victimes étaient souvent des passagers (79,2%).
Mouhsine et al. [8] en Suisse et Ngongang [4]
avaient également noté dans leurs séries que les
passagers étaient les premières victimes avec une
fréquence de 45% et 37,5% respectivement. Dans
notre contexte, l’absence des véhicules de transport
en commun amène les passagers à emprunter
généralement les véhicules de transport de
2a
2b
1a
1a
2c
1a
1a
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marchandises ; de ce fait au cours des accidents, les
marchandises tombent sur les victimes entrainant
des lésions diverses dont celles du bassin. Les
compressions antéropostérieures (45%) et latérales
(41,5%) étaient les principaux mécanismes duc
choc que nous avons relevés. Ces mes types de
mécanismes ont été rapportés dans la série de
Boulanger et al. [6] avec une fréquence de 50%
pour la compression antéropostérieure 40% pour la
compression latérale. La majorité des patients de
notre étude étant victimes des AC, explique la
prédominance de ces deux mécanismes
contrairement au mécanisme de cisaillement
(13,5%) qui relève le plus souvent des chutes d’une
hauteur. La douleur du bassin (100%) et
l’impotence fonctionnelle des membres (68,5%)
font partie des signes classiquement retrouvés en
cas de traumatismes. Ils sont également observés
dans d’autres séries [3,9-11]. La radiographie de
face était l’examen d’imagerie réalisée chez tous les
patients dans notre étude. Cette incidence standard,
recommandée par plusieurs auteurs [3,10,11],
permet une analyse complète des lésions. Les
fractures de type A1 (72%) ont prédominé dans
notre série contrairement à celle de Ratsimandresy
[5] dont les fractures de type B2 (77%) étaient plus
fréquentes. La violence des traumatismes justifierait
cette différence de même que les complications
immédiates chez 15,7% de nos patients, dominées
par les complications urologiques (64,3%). La
fréquence élevée des complications urologiques au
cours des fractures du bassin est confirmée dans la
littérature [1,4-7,10]. Dans notre série ces
complications étaient observées surtout dans les
fractures de type B et C qui sont des fractures
instables résultant des traumatismes à haute énergie
et des chutes d’une hauteur. Dans notre série, le
traitement définitif des fractures était fonctionnel
par un repos simple au lit dans 79,8% des cas. Cette
méthode thérapeutique aussi é appliquée dans la
série de Améziane [1] dans 63% des cas tandis que
Matta et al [12] avaient opté pour le traitement
chirurgical dans 14,8% des cas. Le traitement
chirurgical n’a été réalisé que dans 4,5% des cas
dans notre étude et avait consisté en une fixation
externe. La majorité des fractures de notre série
était de type A1, donc stables, peu ou pas
déplacées. En outre, notre plateau technique ne
nous permettait pas de réaliser l’ostéosynthèse par
plaque vissée qui est la technique de choix. Elle
permet de bien réduire et de stabiliser ces fractures.
La prise en charge des complications immédiates
des fractures était fonction des lésions observées.
Les complications hémorragiques liées aux
fractures ont nécessité une transfusion de sang total
contrairement à Hornez [2] qui préconise une
embolisation en présence des traumatismes
hémorragiques ; l’embolisation est un geste qui
nécessite de faire une artériographie dont la
réalisation n’est pas possible dans notre contexte
d’exercice. A l’issue des traitements mis en œuvre,
nous avons enregistré des complications dans
23,6% des cas. Ces complications tardives étaient
représentées par les cals vicieux, les pseudarthroses
et l’asymétrie du bassin. Mouhsine [8] a rapporté
que les cals vicieux et les pseudarthroses étaient les
complications classiques du traitement fonctionnel
et orthopédique. Par contre, Eude et al [13]
réalisaient une ostéosynthèse percutanée sous
contrôle densitométrique et n’ont relevé aucune
complication. Au plan évolutif, les fractures ont
consolidé dans un délai moyen de 30 jours. Ce délai
se rapproche de la série de Ibrahima et al. [14] qui
était de 40 jours. Dans notre série, le type des
fractures (A1) et le jeune âge des blessés sont des
facteurs qui pourraient expliquer la consolidation
rapide de ces fractures. Toutefois, nous avons noté
39,3% de séquelles constituées respectivement dans
54,3% et 22,8% de douleur du bassin et lombaire et
22,8% de boiterie. Nordin [15] a souligné que la
douleur du bassin est la séquelle fréquente des
fractures du bassin. Par contre, Eude [13] en France
n’a observé aucune séquelle après le traitement
chirurgical par une ostéosynthèse percutanée sous
contrôle tomodensitométrique. Le taux de mortalité
par fracture traumatique du bassin était de 3,4%
dans notre série. La cause des décès était le choc
hémorragique observé dans les fractures de type
C2. Ce taux est inférieur à celui rapporté dans les
séries de Bonnevialle [9] et Nordin [15] qui l’ont
située entre 5% et 15% des cas et, 5,5% et 30% des
cas respectivement. Cette faible fréquence pourrait
s’expliquer par les fractures stables qui avaient
dominé dans notre série. La durée moyenne
d’hospitalisation était de 15 jours tandis que dans la
série de Traoré [3] elle était de 30 jours. La faible
capacid’accueil du service nous obligeait à faire
des sorties précoces des patients bénéficiant d’un
traitement fonctionnel dès que les phénomènes
douloureux s’étaient amendés ; ce qui explique ce
court séjour hospitalier dans notre série.
CONCLUSION
Les fractures traumatiques du bassin sont
relativement fréquentes. Elles touchent pour la
plupart les sujets jeunes. Elles surviennent au cours
des traumatismes à haute énergie et peuvent
engager le pronostic vital et surtout fonctionnel.
Leur pronostic est fonction des moyens de prise en
charge qui font cruellement défaut dans nos
conditions d’exercice. L’évolution après traitement
est grevée de complications et de séquelles
importantes. La prévention passe par des moyens de
transport adaptés, la réparation des routes. La
modernisation du plateau technique contribuerait à
réduire significativement le taux des complications
et séquelles.
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