
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019 –
marchandises ; de ce fait au cours des accidents, les
marchandises tombent sur les victimes entrainant
des lésions diverses dont celles du bassin. Les
compressions antéropostérieures (45%) et latérales
(41,5%) étaient les principaux mécanismes duc
choc que nous avons relevés. Ces mêmes types de
mécanismes ont été rapportés dans la série de
Boulanger et al. [6] avec une fréquence de 50%
pour la compression antéropostérieure 40% pour la
compression latérale. La majorité des patients de
notre étude étant victimes des AC, explique la
prédominance de ces deux mécanismes
contrairement au mécanisme de cisaillement
(13,5%) qui relève le plus souvent des chutes d’une
hauteur. La douleur du bassin (100%) et
l’impotence fonctionnelle des membres (68,5%)
font partie des signes classiquement retrouvés en
cas de traumatismes. Ils sont également observés
dans d’autres séries [3,9-11]. La radiographie de
face était l’examen d’imagerie réalisée chez tous les
patients dans notre étude. Cette incidence standard,
recommandée par plusieurs auteurs [3,10,11],
permet une analyse complète des lésions. Les
fractures de type A1 (72%) ont prédominé dans
notre série contrairement à celle de Ratsimandresy
[5] dont les fractures de type B2 (77%) étaient plus
fréquentes. La violence des traumatismes justifierait
cette différence de même que les complications
immédiates chez 15,7% de nos patients, dominées
par les complications urologiques (64,3%). La
fréquence élevée des complications urologiques au
cours des fractures du bassin est confirmée dans la
littérature [1,4-7,10]. Dans notre série ces
complications étaient observées surtout dans les
fractures de type B et C qui sont des fractures
instables résultant des traumatismes à haute énergie
et des chutes d’une hauteur. Dans notre série, le
traitement définitif des fractures était fonctionnel
par un repos simple au lit dans 79,8% des cas. Cette
méthode thérapeutique aussi été appliquée dans la
série de Améziane [1] dans 63% des cas tandis que
Matta et al [12] avaient opté pour le traitement
chirurgical dans 14,8% des cas. Le traitement
chirurgical n’a été réalisé que dans 4,5% des cas
dans notre étude et avait consisté en une fixation
externe. La majorité des fractures de notre série
était de type A1, donc stables, peu ou pas
déplacées. En outre, notre plateau technique ne
nous permettait pas de réaliser l’ostéosynthèse par
plaque vissée qui est la technique de choix. Elle
permet de bien réduire et de stabiliser ces fractures.
La prise en charge des complications immédiates
des fractures était fonction des lésions observées.
Les complications hémorragiques liées aux
fractures ont nécessité une transfusion de sang total
contrairement à Hornez [2] qui préconise une
embolisation en présence des traumatismes
hémorragiques ; l’embolisation est un geste qui
nécessite de faire une artériographie dont la
réalisation n’est pas possible dans notre contexte
d’exercice. A l’issue des traitements mis en œuvre,
nous avons enregistré des complications dans
23,6% des cas. Ces complications tardives étaient
représentées par les cals vicieux, les pseudarthroses
et l’asymétrie du bassin. Mouhsine [8] a rapporté
que les cals vicieux et les pseudarthroses étaient les
complications classiques du traitement fonctionnel
et orthopédique. Par contre, Eude et al [13]
réalisaient une ostéosynthèse percutanée sous
contrôle densitométrique et n’ont relevé aucune
complication. Au plan évolutif, les fractures ont
consolidé dans un délai moyen de 30 jours. Ce délai
se rapproche de la série de Ibrahima et al. [14] qui
était de 40 jours. Dans notre série, le type des
fractures (A1) et le jeune âge des blessés sont des
facteurs qui pourraient expliquer la consolidation
rapide de ces fractures. Toutefois, nous avons noté
39,3% de séquelles constituées respectivement dans
54,3% et 22,8% de douleur du bassin et lombaire et
22,8% de boiterie. Nordin [15] a souligné que la
douleur du bassin est la séquelle fréquente des
fractures du bassin. Par contre, Eude [13] en France
n’a observé aucune séquelle après le traitement
chirurgical par une ostéosynthèse percutanée sous
contrôle tomodensitométrique. Le taux de mortalité
par fracture traumatique du bassin était de 3,4%
dans notre série. La cause des décès était le choc
hémorragique observé dans les fractures de type
C2. Ce taux est inférieur à celui rapporté dans les
séries de Bonnevialle [9] et Nordin [15] qui l’ont
située entre 5% et 15% des cas et, 5,5% et 30% des
cas respectivement. Cette faible fréquence pourrait
s’expliquer par les fractures stables qui avaient
dominé dans notre série. La durée moyenne
d’hospitalisation était de 15 jours tandis que dans la
série de Traoré [3] elle était de 30 jours. La faible
capacité d’accueil du service nous obligeait à faire
des sorties précoces des patients bénéficiant d’un
traitement fonctionnel dès que les phénomènes
douloureux s’étaient amendés ; ce qui explique ce
court séjour hospitalier dans notre série.
CONCLUSION
Les fractures traumatiques du bassin sont
relativement fréquentes. Elles touchent pour la
plupart les sujets jeunes. Elles surviennent au cours
des traumatismes à haute énergie et peuvent
engager le pronostic vital et surtout fonctionnel.
Leur pronostic est fonction des moyens de prise en
charge qui font cruellement défaut dans nos
conditions d’exercice. L’évolution après traitement
est grevée de complications et de séquelles
importantes. La prévention passe par des moyens de
transport adaptés, la réparation des routes. La
modernisation du plateau technique contribuerait à
réduire significativement le taux des complications
et séquelles.
REFERENCES
1- Améziane L, Mahfoud M, Madhi T, Bardouni
EL, Yaacoubi M, Manouar M. Les fractures