
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019 -
monde [1,2]. Ainsi grâce à la thérapie
antirétrovirale, l’infection à VIH est passée d’une
maladie mortelle à une maladie chronique. Le suivi
biologique des personnes infectées par le VIH sous
traitement antirétroviral est l’un des éléments
essentiels de la réussite du traitement. Le suivi
biologique a double objectif ; il permet d’une part
d’apprécier l’efficacité thérapeutique et d’autre part
de surveiller la tolérance du traitement [3, 4]. Selon
les directives nationales, les principaux bilans
biologiques recommandés à l’initiation du
traitement sont la numération des CD4,
l’hémogramme et la recherche de l’infection à virus
de l’hépatite B. Pour le suivi des patients, il est
recommandé de réaliser à 6 mois, à 12 mois puis
tous les ans la charge virale à défaut la numération
des CD4, l’hémoglobine si le patient est sous une
combinaison thérapeutique contenant la Zidovudine
et la créatinine sanguin, si le patient est sous une
combinaison thérapeutique contenant le Ténofovir.
Les autres bilans dépendent de l’état clinique du
patient [5]. Malgré que ces bilans soient
subventionnés, certains patients ne bénéficient
toujours pas de ces interventions. C’est dans ce
contexte que notre étude se propose d’évaluer
l’impact de la mauvaise qualité du suivi biologique
sur la prise en charge des personnes vivant avec le
VIH sous traitement antirétroviral suivi dans un
centre de traitement de Bangui.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Il s’agissait d’une étude de cohorte historique à
visée descriptive et analytique, allant du 1
ier
janvier
2014 au 31 décembre 2018 au centre national de
référence des infections sexuellement
transmissibles et de la thérapie antirétrovirale. La
population d’étude était constituée de tous les
patients âgés de plus de 18 ans, mis sous traitement
antirétroviral entre janvier 2015 à décembre 2016.
Les paramètres que nous avons étudiés étaient :
paramètres sociodémographiques (sexe, profession
et niveau d’instruction), paramètres cliniques
(Poids, stade clinique, présence des infections
opportunistes, survenue des effets secondaires
indésirables), paramètres biologiques (numération
des CD4 et hémoglobine), le niveau d’observance,
le schéma thérapeutique et le devenir des patients.
Nous avons défini une variable dépendante appelée
« bilan biologique complet » avec deux modalités :
« Bilan biologique complet » correspondant aux
patients qui ont réalisé les bilans biologiques tels
que recommandés par les directives nationales et
« Bilan biologique incomplet » le cas échéant. Les
données ont été collectées sur des fiches d’enquête
préétablies. Les données ont été analysées à l’aide
du logiciel EPI info version 7. Le test X² de Pearson
a été utilisé pour tester l’association entre la
variable à expliquer et les variables explicatives.
RESULTATS
Au total 329 dossiers ont été retenus sur les 2503
mis à notre disposition soit 13,2%. L’âge moyen
des patients était de 44 ans (±10) et l’âge médian
était de 44 ans avec des extrêmes allant de 16 à 70
ans. Les femmes étaient plus nombreuses (64,4%)
soit un ratio de 1,8. Cent quatre-vingt-trois patients
(55,6%) étaient du niveau scolaire secondaire, 79
(24,1%) étaient du niveau scolaire primaire, suivi
du niveau supérieur (44 cas soit 13,4%). Les
ménagères et les sans-emploi étaient les plus
représentés (34,1%), suivi des acteurs du secteur
informel (25,5%). Du point de vue clinique, le
poids moyen des patients à l’initiation était de
55,2kg (±10). Le poids médian était de 55 kg avec
des extrêmes allant de 25 à 97 kg. La majorité des
patients étaient au stade clinique I et II de l’OMS
(79,0%) (Tableau I).
Tableau 1: Caractéristiques des patients à
l’initiation du traitement
Non scolarisé
Primaire
Secondaire
Supérieur
Ménagère/sans emploi
Secteur agro-pastoral
Secteur informel
Salarié du secteur public/privé
Elève/étudiant
Candidose digestive
Zona
Tuberculose
Schéma thérapeutique
Névirapine + Zidovudine + Lamivudine
Efavirenz + Ténofovir + Emtricitabine
Vingt-neuf (8,8%) patients présentaient des
infections opportunistes à l’initiation du traitement.
Ces infections opportunistes étaient représentées
par la candidose (41,4%), le zona (34,5%) et la
tuberculose (24,1%). Du point de vue biologique,
tous les patients ont bénéficié des principaux bilans
biologiques recommandés à l’initiation du
traitement (numération des CD4, l’hémogramme et
la recherche de l’infection à virus de l’hépatite B).
La majorité des patients ont démarré leur traitement
avec un taux de CD4 inférieur à 350 cellules/mm
3
(89,7%) et un taux d’hémoglobine supérieur à 10