
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°002/ Décembre 2019 -
tranche d’âge la plus concernée était celle comprise
entre 35 et 44 ans [7]. La moyenne d’âge de 38,8 ans
dans cette étude est plus élevée que celle des autres
auteurs au sud du Sahara [8,9]. Elle serait liée à un
retard à la consultation des patients. Les maladies de
la sphère génitale en effet sont considérées comme
des maladies honteuses dans le contexte africain,
aussi l’échographie testiculaire est un examen
spécial, elle coute deux fois plus cher que les
examens ordinaires (échographie abdominale,
échographie pelvienne, échographie obstétricale) au
CHUMED. A cela, il faut ajouter les difficultés
socio-économiques en Centrafrique liées au climat
sécuritaire depuis 2013. Ces rairons pourraient
expliquer en partie l’âge moyen avancé des patients
dans cette étude. Même si les patients de moins de
15 ans n’ont pas fait partie de cette étude, il faut
reconnaitre que les pathologies testiculaires peuvent
survenir à tout âge [9]. Les douleurs scrotales et la
tuméfaction scrotale étaient les principales
indications des échographies testiculaires. Nos
résultats rejoignent ceux de Melkundi et de Rohit
Rathi [10,5] qui avaient observé les tuméfactions
scrotales avec ou sans douleurs comme les
principales motivations des échographies
testiculaires.
Les pathologies observées au cours de cette étude
sont nombreuses et concernent toutes les structures
anatomiques du scrotum et de son contenu. Elles
sont superposables à celles observées chez les sujets
africains dans les travaux de Agoda-Koussema [11].
Les anomalies inflammatoires ont dominé
l’ensemble des pathologies observées. Les mêmes
constats ont été rapportés par Rohit Rathi et Kouamé
[5,6]. En ce qui concerne le testicule, les signes
échographiques de la maladie inflammatoire
(orchite) ont été l’hypertrophie, l’aspect hétérogène
des testicules (plages hypo échogènes) et l’hyper
vascularisation au Doppler couleur. Cette
présentation est conforme à celle décrite par les
autres auteurs. Selon Schull [12], en cas d’orchite, le
testicule est hypertrophié en mode B, il est hypo
échogène à la phase précoce et devient rapidement
hétérogène. En Mode Doppler, le testicule est le
siège d’une hyperhémie (hyper vascularisation). Au
niveau de l’épididyme, l’épaississement a été
l’anomalie la plus observée. Il traduit la présence
d’une épididymite et se manifeste le plus à
l’échographie par des épaississements pouvant être
homogènes ou hétérogènes. Ces aspects
échographiques ont été retrouvés dans l’étude de
Kouamé [6], à la seule différence que nous n’avons
pas retrouvé des images d’abcès épididymaires.
L’inflammation de la séreuse vaginale (hydrocèle)
est caractérisée par une sécrétion liquidienne
réactionnelle. Elle accompagne souvent l’orchite ou
l’orchi-épididymite. Elle peut aussi être la
conséquence d’autres pathologies non
inflammatoires (tumeur, torsion d’hydatide) [12,13].
En dehors des pathologies inflammatoires qui sont
les principales anomalies détectées, des lésions
tumorales ont été aussi observées. Elles étaient
caractérisées à l’échographie par des nodules intra
testiculaires hypo échogènes et homogènes. Elles ont
représenté 3,6% des anomalies testiculaires, ce qui
est conforme aux travaux de Agoda-Koussema qui
rapporte la rareté des tumeurs testiculaires chez le
sujet africain au Sud du Sahara [11]. Par contre chez
les sujets infertiles, les tumeurs testiculaires sont
fréquentes du fait des associations ou des
antécédents de cryptorchidie ou de micro lithiases.
En effet plus de 80% des tumeurs diagnostiquées
sont malignes. Les critères de malignité sont un
aspect hypo échogène et hétérogène avec des
contours irréguliers et une vascularisation
anarchique au Doppler couleur [14]. Au cours de
cette étude, tous les nodules observés étaient
homogènes, de contours réguliers avec une
vascularisation normale de type radiaire au niveau
des testicules. Les autres lésions retrouvées étaient
les varicocèles, les micro calcifications et les
hypotrophies testiculaires. Selon certains auteurs,
ces lésions sont le plus souvent observées chez les
sujets infertiles [15]. La proportion des varicocèles
est diversement appréciée, mais tous les auteurs
s’accordent qu’elles se trouvent le plus souvent à
gauche [16,17]. Dans cette étude, les varicocèles
étaient représentées à hauteur de 19,3% et 71,4% de
ces varicocèles se trouvaient à gauche. Quant aux
micro-calcifications étaient représentées à 11,9%.
Selon Golash [18], lorsque les micro calcifications
sont nombreuses, elles imposent une surveillance
échographique tous les deux ans en raison de
l’association possible avec une tumeur maligne.
CONCLUSION: L’échographie est un examen de
référence pour l’exploration de la pathologie
scrotale. Elle complète l’examen clinique et permet
de diagnostiquer la plupart des pathologies scrotales.
REFERENCES
1- Roy C, Tuchmann C. Echographie scrotale,
partie I: pathologies non tumorales courantes
Radiol 2003;84:581-95.
2- Boubacar I. Etude des pathologies de la bourse
au service d’urologie du CHU Gabriel Toure.
Thèse de doctorat en médecine, Bamako:
Université de Bamako 2012:128 p.
3- Brahima K, Zango B, Paré AK, Kaboré
Fasnéwendé A,Yaméogo C, Nikièma A.
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Andrology of Yalgado Ouedraogo Teaching
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Medicine 2015;5:1-6.
4- Tambala CB. La contribution de l’échographie
scrotale dans le diagnostic de l’infertilité
masculine. Thèse de doctorat en médecine,
Bangui: Université de Bangui, 2019:75p.
5- Rohit Rathi, L. K. Gothecha, Rakesh Gujjar.
Role of high resolution ultrasonography and
Color Doppler in scrotal pathology. Indian