ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019
ARTICLE ORIGINAL
Analyse de la conformité des demandes d’examens d’imagerie médicale au Centre
Hospitalier Universitaire Maman Elisabeth DOMITIEN (Centrafrique).
Assessment of the completeness of medical imaging request forms in Maman Elisabeth
DOMITIEN Hospital (Central Africa Republic).
Francky Kouandongui Bangue Songrou
1
, Timothée Mobima
2
, Saint-Calvaire Henri Diemer
3
, Dhan Willy Foko
Foko
3
, Héritier Sombot Soulé
3
, Euloge Bidan Tapiade
3
, Narcisse Patrice Komas
3
.
1. Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale du Centre Hospitalier Universitaire Maman Elizabeth
DOMITIEN, Centrafrique.
2. Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale du Centre Hospitalier et Universitaire de l’Amitié Sino-
Centrafricaine, Centrafrique.
3. Faculté des Sciences de la Santé, Université de Bangui, Centrafrique.
Auteur Correspondant: Dr KOUANDONGUI BANGUE SONGROU Francky.
Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale du Centre Hospitalier Universitaire Maman Elisabeth
DOMITIEN, Centrafrique. Tél. +236 75 72 75 62 / + 236 72 38 44 00. Email : fkouando@gmail.com
Reçu le 08/01/2019 ; Accepté le 27/03/2019
RESUME
Objectif: Améliorer la qualité de prescription des
examens d’imagerie médicale par les praticiens
exerçant en Centrafrique
Patients et méthodes: Il s’agissait d’une étude
transversale descriptive et analytique qui s’est
déroulée du 1
er
Avril au 30 Septembre 2018. Toutes
les demandes de radiographie standard,
d’échographie abdominale et pelvienne étaient
concernées. La présence ou l’absence d’un critère de
conformité sur la demande d’examen était traduite
par un « Oui » ou par un « Non » sur la fiche
d’enquête conçue à cet effet.
Résultats: Au total, 2000 demandes d’examens ont
été analysées dont 1000 pour l’échographie et 1000
pour la radiographie. Les médecins généralistes
étaient les premiers prescripteurs (43,1%), suivis des
médecins spécialistes (20,9%). Soixante-six
demandes d’examens étaient conformes à 100% en
ce qui concerne les huit critères de la Haute Autorité
de Santé Française. Le critère le plus conforme était
la région anatomique (100%) et le moins conforme
état la finalité de l’examen (6,6%). Les demandes
des médecins généralistes et des étudiants en
médecine d’une part, et les paramédicaux d’autre
part, étaient plus conformes que celles des
spécialistes et des résidents (p= 0,013, et p= 0,006).
La conformité de la prescription était plus respectée
dans les Centres Hospitaliers Universitaires que dans
les Centres de San Urbains publiques et privés
(p=0,049).
Conclusion: Le remplissage des demandes
d’examens est en générale non conforme. Un
formulaire unique comportant tous les critères
pourrait en améliorer la qualité.
Mots clés: Conformité, demandes d’examens,
imagerie médicale, Bangui.
ABSTRACT
Objective: to improve the quality of medical
prescription on imaging request forms at the Centre
Hospitalier Universitaire Maman Elisabeth Domitien
(CHUMED).
Method: This is a descriptive and analytic cross-
sectional study that was carried out from April, 1
st
to
September, 30
th
2018. All request forms for standard
radiography, abdominal and pelvic ultrasound were
concerned. The presence or absence of a compliance
criterion on the application was reflected by “Yes”
or “No” on the survey form designed for this
purpose.
Results: In total, 2000 request forms were analyzed,
including 1000 in ultrasonography, and 1000 in
radiography. General Practitioners were the largest
prescribers (43.1%), followed by specialists
(20.9%). Sixty-six request forms were 100%
compliant with regard to the eight criteria of the
French High Authority for Health. The most
consistent criterion was the anatomical region
(100%) and the least compliant was the purpose of
the examination (6.6%). The request of general
practitioners and medical students on the one hand,
and paramedicals on the other hand were statistically
more consistent than those of specialists and
residents (p = 0.013, and p = 0.006). The compliance
of the prescription was respected significantly in the
CHU as in the Public and Private Urban health
Centers (p = 0, 049).
Conclusion: The filling of examen requests for
medical imaging is generally non-compliant. A
single form with all criteria could improve its
quality.
Keys words: Compliance, request forms, medical
imaging.
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Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019
INTRODUCTION
La demande d’examen d’imagerie est une
prescription médicale à l’intention du médecin
radiologue. C’est le premier temps de tout examen
d’imagerie, elle est indispensable à sa réalisation et
demande une série d’informations nécessaires à son
efficience. D’après l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS), chaque année dans le monde, plus de
3,6 milliards d’examens de radiologie diagnostique
sont effectués [1]. La prescription médicale rédigée
par le Médecin traitant présente la situation clinique
du patient, évoque les hypothèses diagnostiques et
demande la réalisation de l’examen ou l’acte
d’imagerie approprié pour résoudre le problème
clinique [2]. Elle conditionne la qualité de la
pratique de l’acte, la pertinence de ses résultats et
leur bon acheminement au demandeur [3]. Pour ce
faire, la prescription doit être conforme à la demande
d’examen d’imagerie médicale. Les indicateurs de
conformité tels que définis par la Haute Autorité de
Santé (HAS) Française comportent huit éléments
dont cinq données administratives (date de la
demande, service demandeur, identité demandeur,
identité du patient et date de naissance du patient ou
âge); et trois données cliniques (région anatomique,
motif de l’examen ou renseignement clinique,
finalité de l’examen ou question posée) [4]. De
nombreuses études en Europe et en Amérique du
nord font état d’une communication insuffisante
entre demandeurs et réalisateurs d’examens
d’imagerie médicale, et soulignent son impact
négatif pour le patient (en termes de sultat) et le
système de santé (en termes d’allocation de
ressources) [5]. Les mêmes constats ont été faits en
Afrique, notamment en te d’Ivoire [6] et au
Cameroun [7], les taux de conformité étaient
respectivement de 18% et de 1,1%. Au Nigeria
aucune prescription n’était conforme [8]. En
République Centrafricaine aucune étude n’a jamais
été réalisée sur le sujet, d’où l’intérêt de ce travail
dont l’objectif était d’améliorer la qualité de
prescription des examens d’imagerie médicale.
MATERIELS ET METHODES
Le Centre Hospitalier Universitaire Maman
Elisabeth DOMITIEN avait servi de cadre d’étude.
Il s’agissait d’une étude transversale, descriptive et
analytique réalisée entre le 1
er
Avril et le 30
Septembre 2018. La population d’étude était
constituée de toutes les demandes d’examens
d’imagerie médicale réalisés dans le service de
radiologie durant la période d’étude. Toutes les
prescriptions de radiographie standard ainsi que
toutes celles concernant l’échographie abdominale et
pelvienne étaient retenues et analysées. Les examens
spéciaux (Urétro Cystographie, Urographie Intra
Veineuse, Hystérosalpingographie, Transit Oestro-
Gastro-Duodénal, Lavement Baryté), les demandes
d’échographie Doppler, d’échographie obstétricale,
d’échographie des parties molles (cervicale,
oculaire, testiculaire, parotidienne, musculaire) et
d’échographie ostéo-articulaire ont été exclues. Les
variables étudiées étaient les huit critères de
conformité de la Haute Autorité de Santé (HAS)
Française à savoir 5 critères d’ordre administratif
(Date de la demande, service demandeur, identité du
patient, âge du patient, identification du demandeur)
et 3 critères d’ordre clinique (région anatomique,
motif de l’examen et finalité de l’examen). Le critère
identité du patient comportait le nom et le prénom
du patient. Le critère identification du demandeur
comportait le nom du demandeur, la qualification du
demandeur, la signature du demandeur et le cachet
du demandeur. L’existence d’un critère de
conformité sur le formulaire de demande d’examen
était traduite par un « oui » sur la fiche d’enquête en
ce qui concerne la variable correspondant, et son
absence était traduite par un « non ». La saisie et
l’analyse des données ont é effectuées à l’aide du
logiciel Epi Info7. Le test de chi cara été utilisé
pour comparer les différentes proportions au seuil de
significativité de 5%. La fiche de collecte des
données était anonyme.
RESULTATS
Au total, 2000 demandes d’examen (1000 examens
de radiographie standard et 1000 examens
d’échographie) ont été recensées. Elles émanaient
des médecins néralistes (n=861; 43,1%), des
médecins spécialistes (n =418; 20,9%), des
paramédicaux (n=252;12,6%), des personnels non
identifiés (n=224; 11,2%), des étudiants en
médecine (n=214;10,7%) et des médecins en cours
de spécialisation appelés résidents (n=31;1,6%). La
majorité des demandes d’examen provenait des
Centres Hospitaliers Universitaires (48,6%) et des
Centres de Santé Urbains (30,8 %); 17,6 %
provenaient des établissements non renseignés et 3%
provenaient du Centre Médical des Armées. La
figure 1 décrit la conformité de chacun des éléments
de la demande.
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Figure 1: Conformité de chacun des éléments de la demande
Seule la région anatomique était renseignée à 100%.
Le nom et le prénom du patient étaient renseignés
respectivement dans 99 % et 98,2%. Dans 35,4% des
cas l’indication de l’examen n’était pas précisée et
dans 93,4% des cas la finalité de l’examen n’était pas
renseignée.
La figure 2 montre la conformité globale des examens
par rapport aux huit éléments de la HAS et par
modalité. Pour les données administratives, 1202
demandes d’examen (60,4%) comportaient tous les 5
éléments de la conformité (tableau I).
Figure 2: Conformité globale par rapport aux huit éléments de la HAS et par modalité
4,9
47,2
30,4
13,3
3,5
0,6
0,1
1,7
35,1
39,3
17
5,6
1,2
0,1
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
8 7 6 5 4 3 2
Pourcentages
Nombre d'éléments de conformité
Echographie Radiographie
14
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Tableau I: Répartition de la conformité des critères
administratifs de la HAS pour l’ensemble des
demandes d’examens
Nombre de critères
administratifs présents
Effectif
Pourcentage
2
23
1,2
3
165
8,3
4
604
30,2
5
1202
60,4
Total
2000
100,0
Le critère le plus renseigné était le nom du patient
avec 99% et le critère le moins renseigné était
l’origine de la demande avec 82,4%. Les résidents et
les étudiants en médecine avaient renseigné le critère
nom du patient à 100% suivis du groupe de
prescripteurs non identifiés (99,6%). L’origine de la
demande était renseignée à 85% par les étudiants en
médecine suivis du groupe de prescripteurs non
identifies (83,9%). La répartition de la conformité
des 3 critères cliniques de la HAS pour l’ensemble
des demandes d’examen avait révélé que 87
demandes d’examen (4,4%) portaient les 3 éléments
de conformité. La région anatomique était
renseignée à 100%, le motif de l’examen à 64,6% et
la finalité de l’examen était le critère le moins
renseigné soit 6,6%. La finalité de l’examen était
renseignée à 9,7% par les résidents (prescripteurs
l’ayant plus recensé). Le nom du demandeur était
plus renseigné chez les médecins généralistes
(88,3%) et moins renseigné chez le groupe de
prescripteurs non identifiés (81,3%). La signature du
demandeur était plus conforme sur les demandes des
généralistes (97,3%) par rapport aux demandes des
spécialistes (96,2%). Le cachet du demandeur était
plus renseigné chez le groupe de prescripteurs non
identifiés (83,5%) suivi des étudiants en médecine
(81,2%) et des médecins généralistes (81,2%). En
prenant comme population de référence les
médecins spécialistes et les médecins résidents. Les
médecins généralistes et les étudiants en médecine
respectent la conformité de la prescription de façon
significative que les spécialistes et les résidents
(p=0,013). Les paramédicaux respectent également
la conformité de la prescription de façon
significative que les spécialistes et résidents
(p=0,006) (Tableau II).
Tableau II: Relation entre la conformité de la prescription et la qualification du demandeur
Qualification du
demandeur
Conformité
RR/IC
Oui
Non
Médecins spécialistes et
Médecins résidents
6
443
1
Médecins néralistes et
étudiants en médecine
40
1035
0,36 [0,15 ; 0,84]
Paramédicaux
12
240
0,28 [0,11 ; 0,74]
Non identifiés
8
216
0,37 [0,13 ; 1,07]
En prenant comme population de référence les
Centres Hospitaliers Universitaires (CHU). Les
CHU respectent la conformité de la prescription de
façon significative que les Centres de Santé Urbains
(CSU) publics et privés (p=0,049).
DISCUSSION
Les demandes d’examens analysées n’ont pas été
réparties suivant le contexte et le lieu de leur
rédaction, à savoir les demandes provenant des
urgences, d’un service d’hospitalisation ou à titre
externe. Plusieurs catégories socio-professionnelles
de la santé prescrivent des examens d’imagerie
médicale au cours de cette étude. La majorité des
demandes était faite par les généralistes (43,1%),
suivis des spécialistes (20,9%). Au Togo, la majorité
des prescripteurs était aussi les généralistes [9].
Cette constatation s’expliquerait par le fait qu’en
Afrique Subsaharienne, il existe encore très peu de
spécialistes dans les hôpitaux. En plus, les
généralistes sont plus disponibles pour les patients et
leur frais de consultations est à la portée de la
plupart d’entre eux. En Afrique d’après l’OMS [10],
on compte 2 médecins pour 10000 habitants, contre
32 pour 10000 en Europe. Cette rareté des médecins
pourrait justifier en partie la présence d’autres
catégories socio-professionnelles (para médicaux) de
la santé parmi les prescripteurs d’examen d’imagerie
médicale dans cette étude. Au canada, parmi le
personnel paramédical, seuls les infirmiers
spécialisés dans les soins de première ligne sont
autorisés à prescrire les examens de radiologie [11].
Il n’existe en Centrafrique aucune loi réglementant
la prescription des examens d’imagerie médicale. Le
taux de conformité selon la HAS est très modeste au
cours de cette étude et il varie d’une modalité
d’imagerie à une autre. Sur l’ensemble des
demandes analysées (échographie et radiographie),
66 demandes soit 3,3% étaient conformes alors que
le taux de conformité était de 4,9% en échographie
et de 1,7% en radiographie standard. Ces résultats
sont en accord avec d’autres études menées en
Afrique subsaharienne [12]. Ce faible taux de
15
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Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019
conformité dans cette étude serait probablement
au support de prescription propo par les
établissements. L’analyse de ces supports révèle des
défaillances concernant les critères administratifs et
cliniques. Certains prescripteurs se seraient inspirés
de cette documentation. Le nom du patient était
conforme dans 99% cas, taux proche de celui de
Togola au Mali [13], et de Roussel en France [14]
qui avaient trouvé respectivement 99,5% et 100%.
Le prénom du patient était conforme dans 98,2% des
cas. Selon Moifo au Cameroun [7], une absence du
prénom peut entrainer une confusion entre deux
personnes de même nom (homonymes) et le compte
rendu de l’un peut être remis à l’autre ou l’examen
de l’un pourrait à tort être réalisé chez l’autre avec
des conséquences désastreuses. L’âge du patient
était conforme dans 85% des cas; Napon au Burina
Faso [15] et Roussel en France [14] ont
respectivement rapporté 88,9% et 100%. L’âge du
patient est un élément important dans l’interprétation
des examens et dans le choix des techniques de
réalisation des examens et des moyens de
radioprotection. Son faible taux dans cette étude
comparé à celui de Roussel [14] est dû d’une part au
fait que dans le contexte africain, certains patients
non scolarisés ou analphabètes ont des difficultés à
maîtriser leur âge [7]. D’autre part, la responsabilité
est aussi attribuée aux demandeurs d’examens qui
omettraient de questionner le patient sur son âge,
soit par négligence, soit par ignorance de son
importance. Le nom du demandeur était conforme
dans 86,6% des cas, sa qualification à 88,8%, son
cachet à 80,2% et sa signature à 96,6%. Le degré de
conformité du nom du demandeur est presque
identique à celui de Cohen aux Etats-Unis
d’Amérique (86%) [16]. Gbazi en 2006 en Côte
d’Ivoire [6] a plutôt retrouvé 97,5%. L’identité
complète du demandeur est une information clef qui
permet la communication entre le personnel du
service d’imagerie et le demandeur [7]. Elle est l’un
des critères administratifs les moins respectés.
Pourtant elle constitue un élément important de la
traçabilité, de l’authenticité de la demande. Elle
relève de la responsabilité professionnelle du
prescripteur et apporte plus de preuve de son
exercice dans un cadre formel et réglementaire [15].
De plus, connaitre l’identité du demandeur permet
au radiologue de lui faire directement un compte
rendu sur l’état du patient en cas d’urgence ou de lui
proposer la modalité d’examen radiologique la
mieux indiquée pour son patient en cas d’erreur. Le
seul critère conforme à 100% dans cette étude était
la région anatomique. Ce résultat est supérieur à
celui de Troude [17] et d’Alamri [18] qui retrouvent
respectivement 73% et 77%. La précision de la
région anatomique est nécessaire puisque toutes les
techniques d’examens ne sont pas applicables à
toutes les régions [13]. L’indication n’était pas
renseignée dans 35,4% des cas. Dans les travaux de
Germanaud [19] et Cohen [16], l’indication n’est pas
précisée respectivement dans 24% et 29% des cas.
Ce taux élevé d’absence d’indication au cours de
cette étude suscite des interrogations; parce que la
majorité des prescripteurs sont des médecins
(65,5%) qui sont sensés connaitre l’importance de
l’indication d’un examen radiologique. Soit ils ne
l’ont pas appris durant leur cursus, soit ils l’ont
appris et sont négligents. Le renseignement clinique
est non seulement un élément clef de la justification
des examens d’imagerie, mais aussi un paramètre
capital dans le choix des techniques et
l’interprétation des résultats [7]. Il est important
pour les prescripteurs de savoir que la présence
d’une indication améliore la détection d’une
anomalie radiologique [20].Une étude réalisée au
Cameroun par Zeh [21] démontre que la proportion
des examens normaux augmente lorsque l’indication
n’est pas mentionnée sur la demande. Les étudiants
en médecine, les généralistes, les étudiants en
médecine et les paramédicaux respectaient de façon
significative les critères de conformité que les
médecins spécialistes et les résidents. Ceci est un
constat étonnant, car les spécialistes sont sensés
maitriser mieux les critères de conformité que les
généralistes et les paramédicaux; ils ont plus de
connaissance dans leur domaine respectif. Le non-
respect des critères de conformité par cette catégorie
de prescripteur peut être au fait qu’ils n’ont pas
connaissance de leur existence, soit qu’ils n’ont
généralement pas assez de temps (surcharge du
travail); ou alors qu’ils les maitrisent bien, mais
négligent tout simplement les règles de la
prescription d’examens d’imagerie médicale. Les
paramédicaux, les étudiants en médecine respectent
mieux ces critères parce qu’ils ont surement
l’intention de bien appliquer ce qui leur a été
enseigné; ou surtout par crainte de se faire
sermonner. Les demandes provenant des CHU sont
significativement conformes que celles provenant
des CSU publics et privés. Ce résultat semble
logique, car dans les CHU, il y’a beaucoup de
prescriptions qui proviennent des étudiants en
médecine, des paramédicaux qui sont souvent des
majors des services. Mais aussi des médecins
généralistes.
CONCLUSION
L’absence de réglementation pour la prescription des
examens d’imagerie médicale en Centrafrique
couplée à une insuffisance de médecins ont
occasionné la prescription des examens d’imagerie
par diverses catégories socio-professionnelles de la
santé. Au regard des indicateurs de conformité tels
que définis par la Haute Autorité de Santé (HAS)
Française, la majorité de ces demandes n’est pas
conforme. Les néralistes, les étudiants en
médecine, ainsi que les paramédicaux prescrivent
mieux que les Spécialistes et Résidents. Il est plus
que nécessaire d’uniformiser le formulaire de
16
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019
demande d’examen d’imagerie médicale afin
d’améliorer la communication entre demandeurs et
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