
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019 –
conformité dans cette étude serait probablement dû
au support de prescription proposé par les
établissements. L’analyse de ces supports révèle des
défaillances concernant les critères administratifs et
cliniques. Certains prescripteurs se seraient inspirés
de cette documentation. Le nom du patient était
conforme dans 99% cas, taux proche de celui de
Togola au Mali [13], et de Roussel en France [14]
qui avaient trouvé respectivement 99,5% et 100%.
Le prénom du patient était conforme dans 98,2% des
cas. Selon Moifo au Cameroun [7], une absence du
prénom peut entrainer une confusion entre deux
personnes de même nom (homonymes) et le compte
rendu de l’un peut être remis à l’autre ou l’examen
de l’un pourrait à tort être réalisé chez l’autre avec
des conséquences désastreuses. L’âge du patient
était conforme dans 85% des cas; Napon au Burina
Faso [15] et Roussel en France [14] ont
respectivement rapporté 88,9% et 100%. L’âge du
patient est un élément important dans l’interprétation
des examens et dans le choix des techniques de
réalisation des examens et des moyens de
radioprotection. Son faible taux dans cette étude
comparé à celui de Roussel [14] est dû d’une part au
fait que dans le contexte africain, certains patients
non scolarisés ou analphabètes ont des difficultés à
maîtriser leur âge [7]. D’autre part, la responsabilité
est aussi attribuée aux demandeurs d’examens qui
omettraient de questionner le patient sur son âge,
soit par négligence, soit par ignorance de son
importance. Le nom du demandeur était conforme
dans 86,6% des cas, sa qualification à 88,8%, son
cachet à 80,2% et sa signature à 96,6%. Le degré de
conformité du nom du demandeur est presque
identique à celui de Cohen aux Etats-Unis
d’Amérique (86%) [16]. Gbazi en 2006 en Côte
d’Ivoire [6] a plutôt retrouvé 97,5%. L’identité
complète du demandeur est une information clef qui
permet la communication entre le personnel du
service d’imagerie et le demandeur [7]. Elle est l’un
des critères administratifs les moins respectés.
Pourtant elle constitue un élément important de la
traçabilité, de l’authenticité de la demande. Elle
relève de la responsabilité professionnelle du
prescripteur et apporte plus de preuve de son
exercice dans un cadre formel et réglementaire [15].
De plus, connaitre l’identité du demandeur permet
au radiologue de lui faire directement un compte
rendu sur l’état du patient en cas d’urgence ou de lui
proposer la modalité d’examen radiologique la
mieux indiquée pour son patient en cas d’erreur. Le
seul critère conforme à 100% dans cette étude était
la région anatomique. Ce résultat est supérieur à
celui de Troude [17] et d’Alamri [18] qui retrouvent
respectivement 73% et 77%. La précision de la
région anatomique est nécessaire puisque toutes les
techniques d’examens ne sont pas applicables à
toutes les régions [13]. L’indication n’était pas
renseignée dans 35,4% des cas. Dans les travaux de
Germanaud [19] et Cohen [16], l’indication n’est pas
précisée respectivement dans 24% et 29% des cas.
Ce taux élevé d’absence d’indication au cours de
cette étude suscite des interrogations; parce que la
majorité des prescripteurs sont des médecins
(65,5%) qui sont sensés connaitre l’importance de
l’indication d’un examen radiologique. Soit ils ne
l’ont pas appris durant leur cursus, soit ils l’ont
appris et sont négligents. Le renseignement clinique
est non seulement un élément clef de la justification
des examens d’imagerie, mais aussi un paramètre
capital dans le choix des techniques et
l’interprétation des résultats [7]. Il est important
pour les prescripteurs de savoir que la présence
d’une indication améliore la détection d’une
anomalie radiologique [20].Une étude réalisée au
Cameroun par Zeh [21] démontre que la proportion
des examens normaux augmente lorsque l’indication
n’est pas mentionnée sur la demande. Les étudiants
en médecine, les généralistes, les étudiants en
médecine et les paramédicaux respectaient de façon
significative les critères de conformité que les
médecins spécialistes et les résidents. Ceci est un
constat étonnant, car les spécialistes sont sensés
maitriser mieux les critères de conformité que les
généralistes et les paramédicaux; ils ont plus de
connaissance dans leur domaine respectif. Le non-
respect des critères de conformité par cette catégorie
de prescripteur peut être dû au fait qu’ils n’ont pas
connaissance de leur existence, soit qu’ils n’ont
généralement pas assez de temps (surcharge du
travail); ou alors qu’ils les maitrisent bien, mais
négligent tout simplement les règles de la
prescription d’examens d’imagerie médicale. Les
paramédicaux, les étudiants en médecine respectent
mieux ces critères parce qu’ils ont surement
l’intention de bien appliquer ce qui leur a été
enseigné; ou surtout par crainte de se faire
sermonner. Les demandes provenant des CHU sont
significativement conformes que celles provenant
des CSU publics et privés. Ce résultat semble
logique, car dans les CHU, il y’a beaucoup de
prescriptions qui proviennent des étudiants en
médecine, des paramédicaux qui sont souvent des
majors des services. Mais aussi des médecins
généralistes.
CONCLUSION
L’absence de réglementation pour la prescription des
examens d’imagerie médicale en Centrafrique
couplée à une insuffisance de médecins ont
occasionné la prescription des examens d’imagerie
par diverses catégories socio-professionnelles de la
santé. Au regard des indicateurs de conformité tels
que définis par la Haute Autorité de Santé (HAS)
Française, la majorité de ces demandes n’est pas
conforme. Les généralistes, les étudiants en
médecine, ainsi que les paramédicaux prescrivent
mieux que les Spécialistes et Résidents. Il est plus
que nécessaire d’uniformiser le formulaire de