
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 5, N°001/ Juin 2019 -
Parmi les 500 victimes, 9 ont porté un casque de
sécurité soit 1,8%. Les blessés étaient évacués à
l’hôpital par des véhicules de transport en commun
dans 59,5% de cas. Il s’agissait de taxis, d’autobus,
de mototaxis ou de taxi brousses. Selon la
topographie, nous avons noté 629 lésions chez les
traumatisés, dont 438 lésions des membres
supérieurs et inférieurs (69,6%), 148 lésions du
crâne (23,6%) et 43 lésions du tronc (6,8%).
L’injury severity score (ISS) était léger chez 92
patients (18,4%), modéré chez 226 (45,2%) et grave
ou sévère chez 182 patients (36,4%). Les
conducteurs des motos étaient significativement
plus exposés aux lésions que les passagers/piétons
(p=0,0001).
Le traitement chirurgical (30,8%) et le traitement
orthopédique (25,4%) représentaient les principales
modalités thérapeutiques mises en œuvre. Nous
avons enregistré 21 cas de décès soit un taux de
létalité hospitalière de 4,2%.
DISCUSSION
La présente étude a été réalisée pour décrire les
aspects épidémiologiques, cliniques et
thérapeutiques des ACR liés aux motocyclettes. En
effet, très peu d’étude ont été réalisées pour
déterminer l’ampleur et la gravité des ACR liés aux
motocyclettes en République Centrafricaine. Les
résultats de cette étude ne pourront pas être
extrapolés à l’ensemble du pays car les données
concernent uniquement la ville de Bangui.
Toutefois, ils pourront aider les autorités en charge
de la sécurité routière à prendre des mesures de
prévention de ces ACR. Dans cette étude, les sujets
de sexe masculin étaient prédominants. Ce résultat
corrobore certaine donnée de la littérature [9]. De
façon générale, ce sont les hommes qui
s’intéressent beaucoup plus au métier de
chauffeur/conducteur que les femmes. La majorité
des victimes étaient des jeunes dont l’âge varie
entre 15 à 34 ans. Selon les données de littérature
africaine [4,8,10-13], les sujets jeunes sont actifs et
plus impliqués dans l’exploitation des motos. Les
principaux facteurs étiologiques étaient l’excès de
vitesse, l’imprudence du conducteur et le non-
respect du code de la route. La fréquence des
facteurs étiologiques varie d’une étude à une autre,
ainsi dans la série de Allode [7] et de Makoutode
[12] au Benin, le non-respect du code de la route
était le premier facteur étiologique suivi de l’excès
de vitesse. Les accidents survenaient beaucoup plus
entre 9 et 18 heures. Cette période correspond aux
horaires de pointe où la population se déplace entre
leur domicile et leur lieu de travail et inversement.
Ce résultat est superposable à celui de plusieurs
auteurs [4,14-16]. Dans notre étude, la majorité des
victimes étaient transférés à l’hôpital avec des
moyens de transports non médicalisés, notamment
les moyens de transport en commun. L’absence de
structures de secours et de soins pré-hospitaliers
adéquats tels que les SAMU et les SMUR aux
blessés justifie l’utilisation des véhicules de
transport en commun et même des motos pour
l’évacuation des blessé vers l’hôpital. Ce résultat
corrobore celui de Talona [2] et de Bousso [14].
Cependant pour la série de Konan [8], la plupart des
victimes ont été transférées à l’hôpital à bord des
ambulances des sapeurs-pompiers. Les conducteurs
des motos avaient significativement plus de lésions
graves que leurs passagers ou les piétons heurtés.
Ce résultat est rapporté par plusieurs auteurs
[2,12,14,16]. Ce résultat pourrait s’expliquer par
l’absence de casque de sécurité et la violence des
accidents liés aux excès de vitesse. Les principales
topographies des lésions étaient les membres et le
crâne. Ces parties du corps sont plus exposées au
choc lors d’un ACR avec un engin à deux roues. Ce
résultat a été retrouvé par plusieurs auteurs
[7,12,14,17]. Enfin, nous avons trouvé un taux de
mortalité hospitalière de 4,2%. Le traumatisme du
crâne était la principale cause de décès. Notre
résultat est légèrement supérieur à celui d’Allode au
Bénin [7]. Ce résultat pourrait s’expliquer par la
non utilisation des casques de sécurité.
Conclusion :
Les accidents de circulation routière par moto est
un problème de santé publique par son ampleur et
sa gravité. La mise en place d’un programme de
prévention impliquant les services de sécurité
routière (police et gendarmerie), les médias publics
et privés, le ministère des transports et
l’organisation d’un système de soins aux patients
victimes des accidents intégrant le ramassage
médicalisé des blessés, le renforcement du plateau
technique pourraient réduire de façon significative
la survenue de ces accidents et la mortalité des
victimes en milieu hospitalier.
REFERENCES
1- Organisation Mondiale de la Santé : Deuxième
rapport de la situation sur la sécurité routière
dans le monde 2012. Genève, suisse : OMS
2- Talona L, Maoneo A, Baonga L, Munyapara S,
Wami W. Profil épidémiologique des
traumatisés par les accidents de trafic routier
aux cliniques universitaires de Kissangani. Kis
Med 2014;5(1):51-57.
3- Norman LG : les accidents de la route :
épidémiologie et prévention. OMS Genève
1962.
4- Diango DJ, Iknane AG, Beye SA, Diani N,
Coulibaly Y, Tall F et al. Aspects
épidémiologiques des accidents de voie
publique au service d’accueil des urgences du
CHU Gabriel Touré, Bamako. Mali Médical
2011;26(3):13-16.
5- Adogu PO, Ilika AL, Asuzu AL. Predictors of
road traffic death among commercial
motorcyclists in an urban area of Nigeria. Niger
J Med 2009;18(4):393-7.
6- Mbar Wade TM, Abdoulaye BP, Moustapha
MN, Ndiaye MC, Cheikh TT. Les accidents de