
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 4, N°001/ Juin 2018 –
DISCUSSION
L’adénome pléomorphe de la glande parotide est la
plus fréquente des tumeurs des glandes salivaires. Il
représente 60 à 80% de ces tumeurs [2]. Sa
localisation préférentielle est le lobe superficiel de
la glande. Cette tumeur bénigne de la glande
parotide s’observe plus fréquemment chez les
patients âgés de 40 à 60 ans [2,3] avec une
prédominance des sujets du sexe féminin.
L’évolution clinique de cette tumeur est assez lente.
Dans notre cas la tumeur évoluait pendant deux ans.
Ne disposant pas de moyens suffisant pour un
diagnostic de certitude, cette patiente a suivi un
traitement par des antituberculeux sans succès.
Généralement, l’examen clinique retrouve une
tuméfaction du lobe superficiel de la parotide, de
forme arrondie ou bosselée, de taille modérée (1 à 3
cm), de consistance variable, non douloureuse,
mobile par rapport aux plans superficiels et
profonds. Sa taille est souvent inférieure à 4cm [4-
6]. Dans notre cas, la présentation clinique est celle
d’une volumineuse masse parotidienne gauche, de
consistance dure, peu mobile, indolore, à surface
bosselée, mesurant dix (10) centimètre dans son
grand axe avec une peau saine en regard. D’autres
cas plus énormes ont été rapportés dans la littérature
[7-9]. Sur le plan para clinique, l’échographie est
l’examen à réaliser en première intention. Pour
notre patiente, elle a mis en évidence une masse
tissulaire hypo échogène et homogène de la loge
parotidienne gauche à contours réguliers, à limite
nette peu vascularisée au Doppler couleur (Fig2),
Une tumeur bénigne a ainsi été évoquée à
l’échographie. La cytoponction de la masse réalisée
en préopératoire chez notre patiente a permis
d’orienter le diagnostic vers un adénome
pléomorphe et non la tuberculose. Selon la
littérature, la cytoponction occupe une place
importante dans le bilan pré thérapeutique d’une
tumeur parotidienne. Elle permet de guider le
chirurgien dans sa décision thérapeutique [10]. Sur
le plan de l’histologie, l’adénome pléomorphe de la
parotide est une tumeur bénigne, constituée par une
prolifération cellulaire double : une composante
cellulaire « épithéliale-myoépithéliale » qui associe
des structures épithéliales canalaires et des nappes
de cellules myoépithéliales fusiformes ou
plasmocytoïdes et une composante conjonctive (ou
stroma), constituée de zones fibroblastique, de zones
myxoïdes et de zones chondroïdes en proportion
variable. [11]. Dans notre cas la composante
histologique était du type cellulaire. Des récidives
après intervention chirurgicale ont été rapportées
dans la littérature notamment en cas de persistance
des foyers tumoraux microscopiques ou de
l'existence de foyers tumoraux extra capsulaires. Les
sous-types myxoïdes et hypocellulaires [12-13] sont
associés à un risque plus élevé de récidive. Pour
cette patiente un diagnostic de tuberculose a été
suspecté justifiant ainsi huit mois de traitement
antituberculeux. Ce constat démontre la difficulté
diagnostic que peut poser cette pathologie dans les
zones rurales qui ne disposent pas de spécialistes
qualifiés et des moyens d’exploration adéquats. Par
ailleurs il faut noter la concordance entre la
cytologie, l’échographie et l’histologie qui ont toutes
plaidé en faveur d’une tumeur bénigne .Ainsi
l’échographie par son caractère non invasif et la
cytologie peu couteuse peuvent être d’une grande
aide au diagnostic dans les zones reculées. Dans
notre cas, le recul est insuffisant pour nous permettre
d’apprécier l’évolution post opératoire, surtout que
la patiente se trouve à plus de 500km de Bangui.
L’indication thérapeutique vis-à-vis de notre patiente
était chirurgicale radicale et a consisté en une
parotidectomie totale conservatrice gauche du nerf
facial afin d’éviter une récidive
CONCLUSION
L’adénome pléomorphe de la glande parotide est une
tumeur des glandes salivaires relativement
fréquente. L’échographie ainsi que l’examen
anatomopathologique de la pièce opératoire sont
indispensables au diagnostic positif permettant
d’éviter les erreurs thérapeutiques. Le traitement de
choix est la chirurgie qui doit être complète afin
d’éviter une récidive.
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