
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 4, N°001/ Juin 2018 –
à type de machette qu’elle utilise au cours des rixes.
Ces armes engendrent des lésions vasculo-nerveuses
et tendineuses complexes qui ne peuvent être prise
en charge dans les formations sanitaires
périphériques encore moins par les tradi-thérapeutes.
Ils sont de ce fait tous référés ou évacués vers le
CHU-YO.
Plus de 4/5 des victimes de notre série, vivaient en
zone urbaine et périurbaine de Ouagadougou.
Kendja [7] et Ogougbemy [13] ont fait les mêmes
constats à Abidjan et à Dakar. La prédominance
urbaine de ces séries Africaines est due à
l’urbanisation galopante avec une expansion
démographique occasionnée par l’exode rurale
engendrant une exacerbation des inégalités sociales.
Contrairement à nos résultats, Saidi et al. [5] au
Maroc ont rapporté une proportion plus importante
(70%) de victimes originaires des banlieues et des
campagnes. Le taux de chômage élevé, le bas niveau
socio-économique et la propension à la
consommation d’excitants seraient, entre autres,
quelques raisons évoquées par cet auteur.
Chez 22,4% des patients de notre étude, les
agressions étaient liées à un vol. Les violences
conjugales représentaient environ 6% des cas.
Montariol et al. [14], dans une population d’élèves
de lycées et collèges ont constaté que le vol était une
cause peu fréquente d’agression. Les vindictes
populaires rapportées dans notre étude ont lieu dans
un contexte de représailles publiques à une action
jugée socialement inacceptable par la grande
majorité des personnes présentes. C’est le cas des
lynchages pour flagrant délit de vol, homicide ou
blessures graves contre autrui.
Les violences dans un lieu public ou sur une voie
publique étaient plus fréquentes (45,8%) tandis que
les violences à domicile (de l’agresseur, de la
victime ou d’une tierce personne) avaient une
fréquence de 31,7%. Nos chiffres rejoignent ceux de
Potard et Petit [15]. Les contacts interpersonnels
fréquents dans les lieux publics et les troubles
relationnels entre individus proches ou familiers
(familles, voisins, conjoints) pourraient être cités
comme facteurs justifiant cette distribution.
L’utilisation d’armes blanches comme outil
d’agression retrouvé dans notre série est rapportée
par d’autres auteurs [7, 13, 16], et se justifie par
leurs petites tailles facilement dissimulables, leur
vente libre dans tous les marchés et leurs faibles
coûts. Les objets contondants utilisés dans notre
étude vont des armes naturelles (coup de poing, coup
de tête, coup de pied) aux armes contondantes
préparées comme les gourdins en passant par les
armes contondantes improvisées comme les
bâtons, les briques, les barres à fer. Concernant les
armes blanches, il s’agissait essentiellement de
machettes, de poignards et de couteaux de cuisine.
La proportion non-négligeable et croissante
d’utilisation d’armes à feu dans notre contexte,
selon des études récentes réalisées au Burkina-Faso,
semblerait être en lien avec la prolifération des
armes légères et de petit calibre favorisée par la
récurrence des crises militaro-politiques des pays de
la sous-région [17].
CONCLUSION
Les agressions physiques constituent un motif de
consultation fréquent dans l’unité des urgences
traumatologiques du CHU-YO. Elles viennent en
deuxième position après les accidents de la
circulation routière. Toutes les tranches d’âges, et
toutes les catégories socio-professionnelles en sont
affectées. Une meilleure éducation des populations à
la tolérance et au respect mutuelle pourrait réduire
l’impact de ce phénomène au Burkina Faso.
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