
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 4, N°001/ Juin 2018 -
Figure 1 :
a) Gbanko, machine traditionnelle à laver les linges
b) Femme entrain de glisser le linge avec appui sur le poignet
favorisants, sont rapportés des antécédents de fractures
du poignet ou d’arthrose, des facteurs endocriniens
(diabète, hypothyroïdie, grossesse et autres) [4]. Le
diagnostic clinique du syndrome de canal carpien est
facile lorsqu’il existe des symptômes sensitifs
localisés aux doigts [5]. La prise en charge
thérapeutique est dans un premier temps médical ; la
chirurgie interviendra en cas d’échec du traitement
médical ou la survenue des signes de gravité (troubles
sensitivomoteurs) [6-7]. Le but de ce travail était de
faire un état de lieux afin d’améliorer la prise en
charge du syndrome de canal carpien dans notre
service.
PATIENTS ET METHODES
Il s’agissait d’une étude prospective continue sur une
période de deux ans allant du 1
er
janvier 2014 au 31
décembre 2016. Nous avons colligé soixante-deux cas
de syndrome du canal carpien dans les services de
neurologie et d’orthopédie traumatologie de l’hôpital
national Ignace-Deen CHU de Conakry. Ont été inclus
tous patients présentant des troubles sensitifs sous
formes d’hypoesthésie de la face palmaire des 3
premiers doigts et de la moitié du quatrième
; associés
à des troubles moteurs : antépulsion du pouce,
amyotrophie de l’éminence thénar. Tous les patients
ont bénéficié d’un examen neurologique complet,
central et périphérique par un neurologue, un
rhumatologue et un orthopédiste. Le bilan biologique
suivant a été réalisé chez tous les patients : NFS, VS,
CRP, Glycémie à jeun, Fer sérique, ASAT, ALAT,
Urée, Créatinine, Ionogramme et selon la sémiologie
TSH us, Ac anti-CCP, Ac anti-Nucléaire, LATEX-
WAALER-ROSE, Electrophorèse des protides.
Plusieurs examens ont été réalisés en fonction de la
suspicion étiologique pour l’identification d’une
amylose, d’une grossesse, d’une hypothyroïdie, d’un
myélome, d’une tuberculose, d’une goutte et surtout la
lèpre encore présente en Guinée. Les antécédents
étaient recherchés chez les patients à la recherche des
microtraumatismes répétés, les fractures du radius
distal et luxations du carpe et du poignet, les
contusions et entorses du poignet, maladie
métabolique chronique et rhumatologique.
L’électromyogramme en détection et en stimulation a
été réalisé chez tous les patients, complété par un bilan
radiographique essentiellement axé sur les poignets,
de face et de profil, incidence carpienne. Sur le plan
thérapeutique la prise en charge a reposé
classiquement sur les infiltrations des corticoïdes en 3
séances et sur l’indication chirurgicale en présence
d’un échec du traitement médical, de signe déficitaire
expression d’une latence distale motrice supérieure à 9
m/s (mètre par seconde). Le traitement chirurgical a
consisté à la libération du nerf médian à ciel ouvert
sous anesthésie locorégionale (bloc plexique). Ensuite
nos patients ont bénéficié d’une kinésithérapie
postopératoire puis un contrôle d’électromyogramme
en postopératoire à la recherche de la reprise
sensitivomotrice. Un test de Chi-2 a été utilisé pour
rechercher le lien statistique entre l’évolution et la
durée de suivi des patients avec un seuil de
significativité de 0,05. L’électromyogramme a été
réalisé chez certains de nos patients et qui a montré
chez les patients en détection un tracé neurogène dans
les muscles innervés par le médian. Les
microtraumatismes répétés dans le cadre du lavage de
linge traditionnel par l’utilisation du bois appelé
« Gbanko » (figure 1) reste le plus grand pourvoyeur
de cette pathologie.
RESULTATS
Sur 1732 patients reçus en consultation durant la
période d’étude, 62 présentaient un syndrome du canal
carpien soit 3,58%. La tranche d’âge la plus touchée
était celle compris entre 50-59 ans avec 38,71%
(n=24) avec un âge moyen 35 ans et les extrêmes de
20 ans et 69 ans (tableau I).
Tableau I : Répartition selon les tranches d’âge
L’âge moyen était de 35 ans et les extrêmes de 20 ans
et 69 ans. Nous avons noté une prédominance
féminine de 77,42% (n=48) et 22,58% (n=14) avec un
sex-ratio de 0,29. Les catégories socioprofessionnelles
sont présentées dans le tableau II
Tableau II: Répartition des patients selon la catégorie
socio-professionnelle (n=62)