ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 3, N°001 / Juin 2017 -
ARTICLE ORIGINAL
Aspects épidémiologiques des hépatites virales B et C au cours de l’infection à VIH en
zone de conflits en Centrafrique
Epidemiological aspects of viral hepatitis B and C during HIV infection in conflict
zones : the Central African Republic case
Jean de Dieu Longo
1
, Gaspard Tépka
2
, Henri Saint Calvaire Diemer
1
, Eudes Gbangbangaï
2
, Zéphyrin Sambéla
2
,
Serge Magloire Police Caméngo
3
, Gérard Grésenguet
1
1
Centre National de Référence des Maladies Sexuellement Transmissibles et de la Thérapie Antirétrovirale,
Bangui, République Centrafricaine;
2
Service des Maladies Infectieuses de l’Hôpital de l’Amitié, Bangui, République Centrafricaine;
3
Service d’Hépato-gastro-entérologie de l’Hôpital de l’Amitié, Bangui, République Centrafricaine.
Auteur correspondant : Jean de Dieu Longo, Centre National de Référence des Maladies Sexuellement
Transmissibles et de la Thérapie Antirétrovirale, Bangui, République Centrafricaine
Reçu le 23/02/2017 ; Accepté le 17/05/2017
Résumé :
Objectif : déterminer chez les personnes vivant
avec le VIH, la prévalence des co-infections liées
aux hépatites virales B et C et les facteurs y
associés dans les communautés hétérogènes des
réfugiés du Sud Soudan, de la République
Démocratique du Congo et les populations
déplacées internes de la ville de Zémio en
République Centrafricaine (RCA).
Méthodes : Il s'agissait d'une étude rétrospective
couvrant la période du 15 novembre 2015 au 23
octobre 2016. Le respect de la confidentialité a é
observé dans le traitement des informations.
Résultats : Au total, 202 patients vivant avec le
VIH ont été retenus. Les femmes représentaient
70,92%, soit un sex-ratio H/F de 0,40. L’âge
variait de 2 à 70 ans avec une médiane de 30 ans.
Les prévalences de la coïnfection VIH-HVB, VIH-
HVC et de la triple coïnfection VIH-VHB-VHC
étaient respectivement de 18,32%, 5,94%, et 1,98%.
La prévalence de la coïnfection VIH/VHB était 2
fois plus élevée (p=0,02) parmi les hommes que les
femmes (28,57% versus 15,00%). Les facteurs
associés à la coïnfection VIH-VHB étaient
l’éthylisme 26,44% versus 12,84% (p=0,015). La
prévalence de la coïnfection VIH-VHC était élevée,
chez les sujets de moins de 35 ans (p=0,001) et
ceux ayant déclaré un antécédent de scarification
(p=0,014). Les prévalences des coïnfections
n’étaient pas directement liées aux comportements
(antécédents IST, tatouage et transfusion) et à la
pratique sexuelle (nombre de partenaires sexuels).
Conclusion : Il apparait urgent de mettre en place
des stratégies de prévention combinées contre le
VIH, les hépatites virales et les facteurs associés en
RCA en contexte de crise humanitaire.
Mots-clés : VIH, Hépatite B, Hépatite C, Zone de
conflits, Centrafrique.
Abstract:
Objective: To determine, in people living with HIV
(PLHIV), the prevalence of co-morbidities related
to viral hepatitis B and C and associated factors in
the heterogeneous communities of refugees from
South Sudan (SS), the Democratic Republic of
Congo (DRC) and internally displaced populations
of the city of Zemio in the Central African Republic
(CAR).
Methods: This was a retrospective study covering
the period from November 15, 2015 to October 23,
2016. Ethical clearance was obtained from
Scientific Committee of the Health Science Faculty.
Results: A total of 202 patients living with HIV
were included in this study. Women accounted for
70.92%, a sex ratio M/F was 0.40. The age ranged
from 2.25 to 70 years with a median of 30.50 years.
The prevalence of HIV/HBV, HIV/HCV and triple
HIV/HBV/HCV co-infection were 18.32%, 5.94%,
and 1.98%, respectively. The prevalence of
HIV/HBV coinfection was 2 times significantly (p
= 0.02) higher among men than women (28.57%
versus 15.00%). Factors associated with HIV/HBV
coinfection were 26.44% versus 12.84% (p =
0.015). There was a high prevalence of HIV/HCV
coinfection in individuals younger than 35 years of
age (p = 0.001) and those with a history of
scarification (p = 0.014). Prevalence of co-
infections was not directly related to behavior
(Sexually Transmitted Infection, tattoo, and
transfusion history) and sexual activity (number of
sexual partners) of the study population.
Conclusion: There is an urgent need to set up
combined prevention strategies against HIV, viral
hepatitis and related factors in CAR in the context
of humanitarian crisis.
Keywords: HIV, hepatitis B and C virus,
seroprevalence, associated factors, conflict zone,
Central African Republic
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ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 3, N°001 / Juin 2017 -
Introduction
Parmi les co-infections liées au VIH, les infections
virales B (HVB) et C (HVC) sont responsables
d’une morbidité et d’une mortalité non négligeable
chez les personnes vivant avec le VIH [1,2]. Les
complications liées à l’HVB et l’HVC entraînent le
décès prématuré de 15 à` 25 % des malades, faisant
des hépatites la deuxième cause de mortalité dans le
monde, et certainement la première cause de décès
dans de nombreux pays subsahariens [3]. La
prévalence d’une infection chronique au VHB chez
des patients infectés par le VIH est de l’ordre de 20
à 30% en Afrique [4]. Celle de l’infection à VHC
est de 5,3% [5]. En République centrafricaine
(RCA), l’infection à VIH est une épidémie de type
généralisé avec une prévalence globale de 4,9% en
2010, chez les personnes de 15 à 49 ans [6,7]. Des
études réalisées sur la séroprévalence de l’hépatite
virale B à Bangui ont montré que la prévalence
varie de 15% et 20%, respectivement dans la
population générale et chez les homosexuels
masculins [8,9]. Par contre peu de données sont
disponibles sur les co-infections VIH-hépatites
virales B ou C. L’objectif de notre étude était de
déterminer la prévalence du VHB et du VHC chez
les PVVIH et identifier les facteurs de risque
associés à la coïnfection VIH-hépatites virales B et
C.
Matériel et méthode
Il s’agissait d’une étude rétrospective couvrant la
période du 15 novembre 2015 au 15 octobre 2016
(11 mois), réalisée au centre de santé de Zémio. La
ville de Zémio est située au Sud-Est de la RCA, et
abrite une forte communauté des personnes
affectées par les troubles politico-militaires qui
sévissent dans cette région. Il s’agit des réfugiés du
Sud Soudan et ceux de la République Démocratique
du Congo (RDC) et les personnes déplacés internes
de la RCA.
La population d’étude était constituée de tous les
patients suivis au centre de santé de Zemio pendant
la période d’étude. Nous avons inclus les personnes
vivant avec le VIH qui avaient un dossier médical
contenant des renseignements cliniques et les
résultats de la sérologie de l’hépatite virale B et C.
Le recueil des données a été fait à partir des
dossiers médicaux et du registre d’hospitalisation à
l’aide d’un questionnaire permettant de collecter,
pour chaque patient, les informations sur le profil
épidémiologique (âge, sexe, profession, statut
matrimonial, nationalité et lieu de résidence), les
pratiques à risque (transfusion sanguine, éthylisme,
scarification/tatouage, les antécédents des infections
sexuellement transmissibles et la notion de
partenaires sexuels multiples) et les données
biologiques (sérologie de l’hépatite B et C).
Nous avons fini la co-infection comme
l’association chez un patient, de l’infection à VIH et
d’une infection par le virus de l’hépatite B et/ou C.
L’infection par le VHB était caractérisée par la
détection de l’AgHBs dans le sérum. L’infection
par le VHC a été définie par la mise en évidence
des anticorps anti-VHC dans le sérum. La
consommation régulière de plus de 3 bouteilles de
65 centilitres de bière locale, équivalent de 3 verres
d’alcool standard, était définie comme notion
d’éthylisme [10]. Les fiches d’enquête étaient
anonymes et ont été après remplissage, traitées et
conservées dans la confidentialité. Les données ont
été saisies et analysées à l’aide du logiciel Epi
info7. Le test de Chi-carré a permis de comparer les
proportions au seuil de significativité de 5%.
Résultats
La population étudiée était constituée de 202
personnes dont 139 femmes. Le sex-ratio était de
0,40. L’âge a varié de 2 à 70 ans avec une médiane
de 30 ans et une moyenne de 31,70±12,17 ans ; il y
avait 13 patients (6,44%) âgés de moins de 5 ans
(tableau I).
Tableau I: Répartition des patients selon l'âge et le
sexe.
Age (ans)
Masculin
[n (%)]
Féminin
[n (%)]
Total
[n (%)]
≤ 14
7 (43,75)
16 (8,16)
15 - 24
2 (12,50)
16 (8,16)
25 - 34
19 (23,17)
82 (41,84)
35 - 45
24 (42,11)
57 (29,08)
44 - 54
5 (26,32)
19 (9,70)
≥ 55
0 (0,00)
6 (3,06)
Total
57 (29,08)
196 (100)
n=Effectif ; %=pourcentage entre parenthèse
Sur les 202 patients, 178 (88,11%) étaient des
centrafricains et les 24 autres (11,89%), des
réfugiés. Parmi les 178 centrafricains, 30 (16,85%)
étaient des déplacés du fait des troubles politico-
militaires.
Au total, 53 cas de co-infection ont été observés sur
les 202 patients (26,24%) et répartis de la manière
suivante : 37 pour le VIH-VHB, soit une prévalence
de 18,32%, 12 pour le VIH-VHC (5,94%) et 4 pour
la triple co-infection VIH-VHB-VHC (1,98%). La
prévalence de la co-infection VIH/VHB) a été de
43,75% dans la tranche d'âge de 15 à 24 ans, mais
la différence n’était pas significative (tableau II).
La prévalence de la co-infection VIH/VHB était
significativement plus élevée chez les hommes
(28,57%) que chez les femmes (15,00%) (tableau
III). La prévalence de la co-infection VIH/VHB
était significativement plus élevée chez les malades
éthyliques (26,44%) que chez les non éthyliques
(12,84%). Chez les patients ayant eu un antécédent
d'ictère, la prévalence de la co-infection VIH/VHB
était significativement plus élevée que chez les
patients n'ayant jamais présenté un ictère. Les
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prévalences des co-infections n’étaient pas
directement liées aux comportements (antécédents
IST, tatouage et transfusion) et à la pratique
sexuelle (nombre de partenaires sexuels) de la
population de l’étude.
Les variables suivantes : antécédent d’ictère,
l’éthylisme, l’âge et la scarification étaient
significativement associées à la coïnfection
VIH/VHB et les autres n’y étaient pas associées.
Tableau II : caractéristiques socio-comportementaux et coïnfection VIH et HVB
Co-infection VIH/VHB
Caractéristiques
Total
Prévalence
OR* [IC 95%]
p
Sexe
Masculin
56 (28,57)
16 (28,57)
2,27 [1,01 - 5,07]
0,028
Féminin
140 (71,43)
21 (15,00)
1
Âge (ans)
< 15
15 (7,65)
2 (13,33)
1
15 - 24
16 (8,16)
7 (43,75)
0,20 [0,02 - 1,47]
0,113
25 - 34
82 (41,84)
13 (15,85)
0,82 [0,11 - 4,86]
0,58
≥ 35
83 (42,35)
15 (18,07)
0,70 [0,10 - 3,82]
0,49
Antécédent d'IST
Oui
40 (20,41)
10 (25,00)
1,58 [0,76 - 2,71]
0,275
Non
156 (79,59)
27 (17,42)
1
Antécédent d'ictère
Oui
11 (5,61)
6 (54,55)
5,96 [1,49 - 24,39]
0,001
Non
185 (94,39)
31 (16,76)
1
Antécédent de tatouage
Oui
38 (19,39)
11 (28,95)
2,07 [0,84 - 5,03]
0,077
Non
158 (80,61)
26 (16,46)
1
Antécédent de scarification
Oui
78 (39,80)
12 (15,38)
1
Non
118 (60,20)
22 (19,13)
0,77 [0,33 - 1,77]
0,502
Antécédent de transfusion
Oui
8 (4,08)
2 (25,00)
1,46 [0,19 - 8,51]
0,647
Non
188 (95,92)
25 (18,62)
1
Nombre de partenaires
sexuels des 12 derniers mois
≥3
45 (22,96)
11 (24,44)
1,48 [0,61 - 3,53]
0,342
˂3
171 (87,24)
25 (17,99)
1
Ethylisme
Oui
87 (44,39)
23 (26,44)
2,44 [1,10 - 5,44]
0,015
Non
109 (55,61)
14 (12,84)
1
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Tableau III : Caractéristiques socio-comportementaux et coïnfection VIH et HVC
Co-infection VIH/HVC
Total
Positif
Caractéristiques
[n (%)]
[n (%)]
0R (IC 95)
p
Tranche d'âge
< 35
115 (57,78)
1 (0,87)
1
≥ 35
84 (42,22)
11 (13,10)
0,06 (0 - 0,45)
0,001
Sexe
Masculin
58 (29,15)
6 (10,34)
2,58 (0,70 - 9,55)
0,103
Féminin
141 (70,85)
6 (4,26)
1
Tatouage
Oui
38 (19,10)
3 (7,89)
1,45 (0,90 - 6,98)
0,703
Non
161 (80,90)
9 (5,59)
1
Antécédent de transfusion
Oui
11 (5,53)
2 (18,18)
3,62 (0,47 - 21,73)
0,152
Non
188 (94,47)
11 (5,82)
1
Antécédent de scarification
Oui
80 (40,20)
9 (11,25)
4,90 (1,16 - 23,70)
0,014
Non
119 (59,80)
3 (2,52)
1
Antécédent d'ictère
Oui
11 (7,91)
2 (18,18)
3,58 (0,47 - 21,49)
0,155
Non
128 (92,09)
11 (5,85)
1
Ethylisme
Oui
87 (43,72)
9 (10,34)
0,23 (0,06 - 0,90)
0,01
Non
112 (56,28)
3 (2,68)
1
Nombre de partenaires
sexuels des 12 derniers mois
0
5 (2,70)
0 (0,00)
1
74 (40,00)
5 (6,76)
0,97 (0,29 - 3,20)
0,71
≥ 2
106 (57,30)
7 (6,60)
1
Discussion
Cette étude avait pour but de déterminer la
séroprévalence et les facteurs associés aux
coïnfections VHB/HIV, VIH/VHC et
VIH/VHB/VHC dans une zone de conflit en
République Centrafricaine. Nous avons inclus 202
personnes vivant avec le VIH (PVVIH) la majorité
les patients était jeunes. Ce constat est en accord
avec les données nationales centrafricaines
l'infection à VIH touche plus les sujets relativement
jeunes [6,7]. L'infection serait contractée très tôt au
début des activités sexuelles, selon cette même
enquête [6,7]. Le caractère jeune des PVVIH a été
relevé par certains auteurs africains [11,12].
La prédominance du sexe féminin dans notre
échantillon carde bien avec la tendance de la
séroprévalence l’infection à VIH dans la population
générale en RCA quel que soit le lieu de résidence,
le niveau socio-économique et le niveau
d'instruction [6,7,13]. Le principal mode de
transmission du VIH en RCA est hétérosexuel [14].
Selon cette même source, il y a une tendance à la
féminisation de l’épidémie du VIH, avec une
prévalence plus élevée parmi les femmes (7,8%) que
les hommes (4,3%) dans le même groupe d'âge. Le
mode de transmission du VIH et de l’HVB étant
similaire, il y a un risque d’avoir un taux élevé de la
prévalence du VHB chez les femmes. Nous avons
enregistré un taux plus élevé de co-infection par le
VHB chez les hommes (28,57%) que chez les
femmes (15,00%). La différence était
statistiquement significative. Ce résultat est différent
de celui de Diarra et Konate en 2006 au Mali qui
rapportent une prédominance féminine [15]. Notre
résultat est en accord avec celui de Mbendi et Longo
en RDC qui étudiaient la prévalence du VIH et de
l’AgHBS chez les donneurs du sang [16]. Une étude
ultérieure pourrait nous permettre de trouver des
explications à cette observation.
Nous avons enregistré dans notre étude une
prévalence de la coïnfection VIH-VHB quasi
similaire à celles rapportées dans les études
précédentes en Centrafrique elles étaient
respectivement de 15% en 2010, 19,8% en 2013 et
21% en 2015 [8,9,17]. Des études réalisées parmi les
personnes vivant avec le VIH dans la sous-région
ont rapporté également des proportions élevées,
respectivement de 12,6% et 44,4% [18,19]. Des
prévalences inférieures ont été cependant rapportées
par d’autres auteurs, 8% en RDC et dans la région
par Kabinda et Katchounga en RDC et 4,1% au
Cameroun à [12,20].
Les crises récurrentes en RCA depuis plusieurs
décennies et le brassage de la population dans la
ville de Zemio vivent des communautés affectées
par les troubles politico-militaires (réfugiés et
déplacés), pourraient justifier ces taux de
prévalence. Aussi, la mesure préventive (vaccination
contre l’hépatite B) à l'échelle nationale n'a été
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ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 3, N°001 / Juin 2017 -
initiée que récemment en 2008 chez les enfants de 0
à 11 mois [21]. Douze (12) patients (5,94%) étaient
co-infectés par le VIH-VHC. Cette fréquence est
inférieure à celles de Dao et Ba (8,3%) et de
Kabinda et Katchunga en RDC (10%) [11,12].
Cependant Ilboudo et al. ont rapporté des fréquences
plus faibles (1,7%) chez les femmes enceintes
séropositives à VIH à Ouagadougou [22].
Dans notre échantillon, la co-infection VIH-VHC
était plus représentée chez les hommes (10,34%) que
chez les femmes (4,26%). Ce taux est différent de
celui de Otegbayo et Taiwo [23] qui ont eu une
proportion similaire d’hommes et de femmes (5,3%
contre 4,6% respectivement). Mais Mayaki et
Dardenne [24] au Niger ont fait le même constat que
nous chez les donneurs de sang à Niamey et ceux de
zones rurales. Quel que soit la co-infection, les
sujets jeunes de sexe masculin étaient les plus
touchés.
Les facteurs sociodémographiques tels que l'âge en
ce qui concerne le VIH, les antécédents d’IST, et le
nombre de partenaires sexuels n'étaient pas
significativement associés au risque d'être positif au
VHB. Par contre, la prévalence de l’HVB et de
l’HVC chez les patients VIH dans notre série étaient
significativement liée à la notion d’éthylisme.
Avec une épidémie de type généralisé, l’infection à
VIH demeure un problème majeur de santé publique
en RCA. Il est prouvé que la co-infection avec le
VHB et le VHC contribuent de manière significative
à la morbidité et à la mortalité au sein des personnes
vivant avec le VIH [25]. Sur un plan thérapeutique,
les deux virus hépatotropes (VHC et VHB)
nécessitent une prise en charge lourde, souvent mal
tolérée conduisant le plus souvent des complications
ce qui fait de la prévention le seul moyen de lutte
efficace [26,27]. L'ensemble de ces éléments
plaident pour la nécessité d'un dépistage sérologique
précoce du VHB et du VHC chez des personnes
vivant avec le VIH.
Conclusion
Cette étude montre l'urgence de mettre en place des
stratégies de prévention contre le VIH, les hépatites
virales et les facteurs associés en Centrafrique. La
mise en place d’un programme national de lutte
contre les hépatites s’avère urgente en RCA,
conformément aux recommandations internationales
y relatives [28].
Conflits d’intérêts : aucun
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