
ANNALES DE L’UNIVERSITÉ DE BANGUI
Série D, VOL. 3, N°001 / Juin 2017 -
(82,45%), corticoïdes (27,19%) et anticonvulsivants
(15,78%).
Les motifs d’hospitalisation étaient la fièvre
(99,71%), les vomissements (71,05%), la pâleur
conjonctivale (70,18%), la difficulté respiratoire
(62,57%), les convulsions (41,52%), les céphalées
(18,13%), la diarrhée (9,94%), les urines foncées
(6,14%) et les frissons (0,88%). Ces signes ont
amené 53,2% des malades à consulter à partir de 72
heures. Les autres ont consulté un peu plus tard.
Les signes physiques notés à l’admission étaient :
tachycardie (89,47%), splénomégalie (73,98%),
altération de l’état de conscience (59,94%),
hépatomégalie (49,42%), prostration (34,50%),
râles d’encombrement bronchique (23,10%),
hématurie (11,40%), ictère (7,60%), souffle à
l’auscultation cardiaque (5,56%), signes de
déshydratation (3,22%), oligurie (3,22%) et
agitation (3,22%). Les signes biologiques, à
l’entrée, ont relevé une densité parasitaire médiane
à 1900 parasites/mm
3
(extrêmes 150 et 98.940
parasites/mm
3
), une valeur moyenne de
l’hémoglobine à 5,38 ± 2 g/dl, une glycémie
moyenne à 1,06 ± 0,56 g/l. L’hypoglycémie était
présente chez 91 patients (26,60%). La prévalence
du VIH chez 148 malades testés était de 4,82%.
Les principales formes cliniques étaient les formes
anémiques et neurologiques. Elles étaient isolées ou
associées à d’autres formes cliniques (Figure 1).
Figure 1 : Répartition des malades selon les
principales formes cliniques (N=342).
Après le traitement, 284 patients (83,05%) étaient
sortis guéris dont 23 (6,72%) avec séquelles. Ces
séquelles étaient représentées par : dysarthrie (6
cas), hypoaccousie (6 cas), tétraparésie (4 cas),
monoparésie (3 cas), paralysie faciale (3cas),
paraparésie (1 cas). Le décès était survenu chez 58
patients (16,95%). La durée moyenne de prise en
charge était de 3,66 ±1,95 jours.
Discussion
Notre étude a mis en évidence un taux de
prévalence global de 27,31%. Cette prévalence est
plus élevée que celles rapportées par certains
auteurs [7,8]. La plupart des malades dans notre
étude appartenaient à la tranche d’âge de 6 à 59
mois (79,24%) comme l’ont décrit d’autres auteurs
[10-12]. Il s’agissait d’enfants de moins de cinq ans
qui n’avaient probablement pas encore acquis une
prémunition contre le paludisme et présentaient par
conséquent une vulnérabilité élevée face à cette
maladie. Par contre, au-delà de 59 mois en zone
d’hyper et d’holo-endémie palustre, la protection
immunitaire est assez performante pour protéger
l’enfant des formes graves de paludisme [9]. Les
nourrissons de 1 à 6 mois représentaient 1,75% des
cas. Ce faible taux serait dû à deux facteurs
essentiels que sont, la transmission trans-placentaire
des anticorps maternels et la présence de
l’hémoglobine fœtale défavorable à la croissance du
parasite dans les hématies [1, 13-16]. La
prédominance masculine est relevée par certains
auteurs [16-19]. La majorité des enfants (66,67%)
étaient venus directement de leurs domiciles sans
passer par un centre de santé. Ce choix des patients
serait lié au manque d’information sur le circuit
d’accès aux soins d’autant que 77,35% des malades
viennent directement de leurs domiciles [20].
La fièvre, la pâleur, les vomissements, la polypnée
et les convulsions sont des signes qui font évoquer
le paludisme grave en zone d’endémie palustre
justifiant le traitement présomptif [21]. Les signes
de gravité cliniques et biologiques étaient les
mêmes que ceux décrits par l’OMS [6]. Plus de la
moitié des malades (53,2%) étaient venus en
consultation à partir de la 72
ème
heure après le début
des symptômes. Moyen et al. [10] à Brazzaville
avaient rapporté un retard de 8 jours entre le début
de la symptomatologie et la prise en charge. Ce
retard dans l’accès aux soins pourrait s’expliquer
par le recours fréquent aux traitements traditionnels
dont l’efficacité n’est pas prouvée ou à
l’automédication qui n’est souvent pas appropriée
du fait de la qualité ou de la posologie des produits
utilisés. En effet, le traitement traditionnel a été
appliqué par 65,20% des parents. Diaby et al. [22] à
Abidjan ont rapporté que les malades se faisaient
traiter par les tradipraticiens d’abord avant de venir
à l’hôpital à un stade très évolué ou tardif.
Les formes cliniques sont dominées par la forme
anémique seule à 47,95% et neurologique à
25,44%. Ces résultats sont similaires à ceux des
auteurs [11,16,20,23-26]. Par contre l’étude de
Camara et al. à Dakar [27] avait montré que les
manifestations neurologiques (52,5%) étaient plus
fréquentes au cours du paludisme grave que celles
de l’anémie dans 21,6%. La létalité était élevée,