
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
ou lentement progressive comme l’a rapporté Bardjij
Imad [10]. Selon la localisation, la leucodermie est
apparue sur la face puis s’est étendue sur presque
toutes les autres parties du corps. Cette forme
généralisée correspond au type Vitiligo Non
Segmentaire (VNS) qui s’étend souvent de manière
symétrique contrairement au Vitiligo Segmentaire
(VS) qui est souvent unilatéral [9]. Par ailleurs, une
autre étude a rapporté qu’un pourcentage élevé,
d’antécédents familiaux de maladies auto-immunes, a
été observé chez les enfants atteints du VS par
rapport à ceux ayant un VNS [11]. Le dos est
généralement l'un des endroits touchés en dernier par
le vitiligo, contrairement à l'abdomen qui est un site
commun d’apparition précoce des lésions. La région
péri-anale et les fesses, sont des zones de prédilection
du VNS chez les jeunes enfants, ce qui suggère le
rôle du phénomène de Koebner déclenché par les
couches et les soins d'hygiène [12]. Chez notre
patient les facteurs sont combinés et confus à savoir
le début marqué par la diarrhée, suivi de
l’automédication à base de plantes traditionnelles, et
enfin l’apparition de l’urticaire. Les lésions de
vitiligo chez notre malade ont une variante clinique
de type vitiligo inflammatoire. Il est décrit que les
lésions peuvent parfois avoir une bordure
érythémateuse soulevée [13]. Toutefois,
l'inflammation de nombreuses lésions en même
temps est très rare. Un léger prurit pourrait être
associé. Lorsque l'inflammation disparaît, la peau
devient dépigmentée ; cette inflammation est parfois
rapportée dans le cas du vitiligo professionnel [14].
Dans ce cas les patients doivent être interrogés sur
des éventuelles expositions chimiques. Dans notre
cas cette exposition peut être évoquée devant la
plante Chromoelana odorata qui est utilisé pour faire
l’injection intra-rectale. L’aspect clinique de notre
patient était typique de vitiligo. Nous n’avions pas
réalisé l’examen anatomopathologique. Le dosage
des anticorps sériques anti-mélanocytaires n’était pas
disponible dans les laboratoires de la place, encore
que son résultat positif n’est souvent retrouvé que
chez des patients ayant un vitiligo universalis [10].
Par ailleurs ces anticorps anti-mélanocytes peuvent
être trouvés dans d'autres pathologies comme la
candidose cutanéo-muqueuse. De ce fait, la recherche
des anticorps anti-mélanocytes ne fait pas partie des
examens de routine [15]. L’infection à VIH,
découverte fortuitement, constitue un terrain fragile
chez notre patiente. Le niveau socio-économique des
parents ne nous avait pas amené à prescrire un
traitement, ce d’autant plus que les lésions étaient
stables.
Conclusion
Le vitiligo du nourrisson est rare. C’est pour la
première fois qu’une plante, Chromoelana odorata, est
incriminée dans son apparition. Nous pouvons retenir
que l’apparition de ce vitiligo est foudroyante suite à
une telle intoxication. Par ailleurs, la forme généralisée
des lésions de vitiligo marque la particularité de ce cas.
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