ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Contribution de l’IRM à la prise en charge des cancers du sein après chimiothérapie néo-
adjuvante au Centre Hospitalier du Sud Francilien
MRI contribution in the treatment of breast cancer after neoadjuvant chemotherapy in
Centre Hospitalier du Sud Francilien
F Kouandongui Bangue Songrou
1
,
T Mobima
2
, S kofi-mensa savi de tove
3
1
Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale du Centre Hospitalier du Sud Francilien (CHSF), France.
2
Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale de l’Hôpital de l’Amitié (République Centrafricaine).
3
Service de Radiologie de l’hôpital Parakou (Bénin).
Auteur Correspondant: Francky Kouandongui Bangue Songrou, Service de Radiologie et d’Imagerie Médicale
du Centre Hospitalier Universitaire de Bimbo, (République Centrafricaine). Tél. +(236) 75727562/72384400
E-mail: fkouando@gmail.com
Reçu le 12 décembre 2015, accepté le 08 juin 2016
Résumé
Objectif : Evaluer les performances de l’Imagerie par
Résonance Magnétique (IRM) dans la détection du
reliquat tumoral du cancer du sein après
chimiothérapie première.
Patients et méthodes : il s’agissait d’une étude
transversale réalisée au Centre Hospitalier du Sud
Francilien (France) dans la période d’Août 2011 à
Novembre 2012. Elle a concerné les femmes
atteintes de cancers du sein invasifs non
métastatiques, inaccessibles ou difficilement
accessibles à une chirurgie conservatrice d’emblée.
Elles étaient traitées par une chimiothérapie néo-
adjuvante et ont toutes réalisé une IRM mammaire
avant, pendant et après la chimiothérapie première,
l’IRM a été confrontée à l’histologie (gold standard)
en vue d’une éventuelle chirurgie conservatrice.
Résultats : Quinze patientes ont été retenues. L’âge
moyen était de 52.6 ans avec les extrêmes de 32 et
81ans. La sensibilité de IRM dans la détection de la
présence du reliquat tumoral des cancers du sein était
de 88,88% ; cependant, elle a sous-esti la taille
résiduelle tumorale dans 80% des cas. Toute fois elle
a permis une évaluation satisfaisante du résidu
tumoral avec une corrélation de 73%. La réponse
pathologique complète obtenue à l’IRM était
sensiblement égale à celle obtenue à l’histologie (5/15
versus 6/15). Après chimiothérapie première une
chirurgie conservatrice a été réalisée dans 53% des
cas, aucune mastectomie de rattrapage n’a été
signalée. L’absence de réponse pathologique et la
sous-estimation de la taille résiduelle étaient à
l’origine de 7 cas de mastectomie sur 15.
Conclusion : L’IRM n’est pas une histologie virtuelle
mais elle a permis toutes fois d’augmenter les chances
de conservation mammaire. Cela doit être confirmé
par des études sur de plus grands effectifs.
Mots-clés : IRM, Cancer du sein, Chimiothérapie-
néo-adjuvante, Corbeil Essonne, France.
Abstract
Objective: To Evaluate the performance of the
magnetic resonance imaging (MRI) in the detection of
breast cancer residual tumor after first chemotherapy.
Patients and methods: it was a cross sectional study
carried-out in the radiology department of the Centre
Hospitalier Sud Francilien (France) from August 2011
to November 2012. It concerned all women treated for
non-metastatic breast cancer with neoadjuvant
chemotherapy. They underwent breast MRI before
during and after neoadjuvant treatment, MRI has been
confronted to surgical pathology results in order to get
conservative surgery.
Results: Fifteen patients were involved in this study;
the minimum age was 31 years and the maximum was
81 with a mean of 52.7 years. MRI was sensitive in
the detection of the presence of residual breast cancer
with 88.88% of sensitivity. It underestimated residual
tumor size in 8 cases (80%). The correlation between
residual tumor size measured by MRI and
histopathology was high (r=0.73). Magnetic
Resonance Imaging showed 5 complete responses and
histology showed 6 complete responses. After
neoadjuvant chemotherapy, 8 patients of 15 had breast
conservation treatment. 7 cases of mastectomy were
due to underestimation and no complete pathology
response.
Conclusion: MRI is not a virtual histology but it
allowed conservative surgery following neoadjuvant
chemotherapy in patient with breast cancer. This result
must be confirmed by a bigger strength study.
Key words: MRI, Breast cancer, Neoadjuvant-
chemotherapy, Corbeil Essonne, France.
Introduction
Le cancer du sein se situe par sa fréquence au 1
er
rang
de tous les cancers, elle est la première cause de
mortalité chez les femmes entre 50 et 54 ans dans les
pays occidentaux [1]. En France, avec 48763
nouveaux cas en 2012, le cancer du sein est le premier
cancer de la femme avec un taux d’incidence
standardisé de 88 cas pour 100000 personnes-années.
Il a été responsable de 11886 décès en 2012 [2]. C’est
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Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
aussi le cancer le plus répandu de la femme au
Cameroun avec une fréquence de 48,12% [3]. En
République Centrafricaine les données sont peu
connues. La prise en charge du cancer du sein repose
fondamentalement sur le couple IRM-chimiothérapie
néo-adjuvante aujourd’hui. Cette attitude
thérapeutique donnerait la possibilité d’augmenter le
taux de conservation mammaire [4,5]. En effet, la
mastectomie constitue un évènement bouleversant
dans la vie d’une femme ; le sein, organe superficiel,
visible, représente la féminité, la maternité, la
sexualité et la beauté. Son ablation a des conséquences
plus ou moins importantes sur le reste de la vie d’une
femme et de ses relations au sein de son couple, de sa
famille et de son entourage. Ces conséquences sont
d’autant plus importantes que la femme est jeune.
Aujourd’hui, l’extension de la chimiothérapie néo-
adjuvante aux tumeurs volumineuses, nécessitant une
mastectomie d’emblée est un espoir en matière de
prise en charge des cancers du sein car elle permet de
réduire considérablement la taille de la tumeur initiale
augmentant ainsi les chances d’un traitement
conservateur [4,5]. Mais cette chimiothérapie devrait
avant tout s’appuyer sur l’IRM qui est la meilleure
modalité d’imagerie pour l’évaluation du reliquat
tumoral c’est-à-dire la présence et la taille du reliquat.
L’évaluation précise de la réponse tumorale après
chimiothérapie d’induction est fondamentale pour
guider le geste chirurgical [6,7]. Une surestimation ou
une sous-estimation du reliquat tumoral pourrait
conduire à une erreur thérapeutique avec des
conséquences graves, qu’il s’agisse d’une résection
large inutile voire une mastectomie ou de risque de
récidive en cas de minimisation de la résection du
reliquat. Cette étude a été menée au Centre
Hospitalier du Sud Francilien (CHSF) en France qui
était doté d’une IRM et avait pour but de montrer que
les performances de l’IRM dans la détection du
reliquat tumoral du cancer du sein pouvaient
contribuer à l’augmentation des chances de
conservation mammaire.
Patients et méthodes
Il s’agissait d’une étude transversale réalisée au
Centre Hospitalier du Sud Francilien (CHSF) en
France dans la période d’Août 2011 à Novembre 2012
(16mois). Elle a concerné toutes les patientes prises en
charge pour des cancers du sein invasifs non
métastatiques, inaccessibles ou difficilement
accessibles à une chirurgie conservatrice d’emblée.
Elles étaient traitées par chimiothérapie néo-
adjuvante en vue d’une éventuelle chirurgie
conservatrice. Une IRM a été réalisée avant, pendant
et après la chimiothérapie en vue d’évaluer le résidu
tumoral. Le protocole de chimiothérapie néo-
adjuvante en vigueur au CHSF associait 3 cures de
FEC 100 (5 Fluoro uracile 500mg/mm,
Cyclophosphamide 500mg/mm, Epirubicine
100mg/mm) puis 3 cures de Docetaxel (taxotere,
100mg/mm) administrées toutes les 3 semaines. En
cas de surexpression du récepteur HER2, le
Trastuzumad (Herceptin) était introduit en association
avec le docetaxel (Taxotère) lors des 3 derniers cycles
de chimiothérapie néo-adjuvante et poursuivi pendant
1 an après le traitement chirurgical. Suivant la réponse
au traitement d’induction, le traitement chirurgical
consistait en une tumorectomie ou une mammectomie
associée à un curage ganglionnaire axillaire. Notre
étude s'est intéressée exclusivement à la tumeur
mammaire primitive en excluant les adénopathies
axillaires qui devaient faire l’objet d’une autre étude.
L'appareil utilisé pour la réalisation des examens était
une IRM TOSHIBA de 1,5Tesla avec antennes
dédiées, mise en service en 2006. Une première IRM
mammaire a été réalisée avant la chimiothérapie néo-
adjuvante, une deuxième IRM a été réalisée après 3
cures de chimiothérapie (IRM post taxane) et la
dernière en fin de traitement (IRM post antracycline).
Après les séquences de repérage dans les plans axial,
sagittal et coronal, le protocole suivant a été réalisé :
Séquence anatomique Spin Echo en pondération T1
(TR/TE=700/10ms, angle de bascule =90°,
matrice=320x240, nombre d’excitation =1, épaisseur
de coupe=3mm, temps d’acquisition=3mn,) ; séquence
anatomique T2FATSAT (TR/TE=8100 /90ms, angle
de bascule=90°, matrice=320x240, nombre
d’excitation =1, épaisseur de coupe=3mm, temps
d’acquisition=2mn30s) ; séquence de diffusion (pour
certaines patientes) T1=6900, épaisseur 7mm, temps
d’acquisition=2,05ms, nombre d’excitation = 2, angle
de bascule = 90°, matrice = 104X112. Séquences
dynamiques en T1 écho de gradient avec saturation de
la graisse et injection dynamique de chélates de
gadolinium (0,2ml/kg) poussés par du sérum
physiologique (TR/TE=11/5,5ms, angle de
bascule=12°, matrice =256x240, nombre
d’excitation=1, épaisseur de coupe =3mm, temps
d’acquisition =1,09mn). Toutes les IRM mammaires
ont été lues de façon conjointe par deux Radiologues
experts (un Radiologue sénior et un junior) en
Imagerie mammaire sur console Vitréa et console
dédiée "Cadstream.». La première étape consistait à
déterminer le type d’anomalie sur les séquences
anatomiques. Devant une masse, on décrivait son
signal, sa forme, ses contours, on mesurait son plus
grand axe selon les critères de RECIST (Response
Evaluation Criteria In Solid Tumor). La deuxième
étape était l’étude du rehaussement interne
(homogène, hétérogène), de l’intensité de ce
rehaussement sur les différentes séries. La troisième
étape étudiait la courbe de rehaussement : progressif
(type 1), en plateau (type 2) avec lavage ou wash-out
(type 3). La mesure de la taille du reliquat tumoral
était effectuée dans les 3 plans de l’espace, aux temps
précoces ou tardifs, en fonction de la meilleure
visibilité de l’image. Seule la plus grande dimension
du reliquat était retenue. Devant un rehaussement
sans masse, il fallait préciser la forme du
rehaussement et le type de rehaussement.
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ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Tout rehaussement en masse ou sans masse, précoce
ou tardif, situé dans le lit tumoral, était considéré
comme suspect de reliquat jusqu’à preuve de
contraire. L’interprétation de l’IRM après
chimiothérapie était ensuite confrontée à l’IRM pré
thérapeutique afin de s’assurer de la concordance
topographique avec le site tumoral initial. En cas de
présence de plusieurs zones de rehaussement
distinctes (suspicion de fragmentation) sur le lit
tumoral initial, le diamètre maximal incluait les
rehaussements les plus éloignés. La classification
d’évaluation thérapeutique de Sataloff [5] qui est la
plus utilisée a été choisie pour définir la réponse
tumorale à la chimiothérapie. Une réponse était
considérée comme complète en l’absence de cellules
carcinomateuses invasives. Le plus grand diamètre du
reliquat tumoral mentionné par le pathologiste a été
retenu. Les logiciels SPSS (Statistical Package for
Social Science) version 17 et Excel ont été utilisés
pour la collecte et l’analyse des données. Les valeurs
de la sensibilité, de la spécificité de l’IRM ont été
calculées pour évaluer les performances de l’IRM
dans la détection de la présence résiduelle tumorale.
L’examen de référence pour l’évaluation de l’IRM
était l’histologie. Le coefficient de corrélation (R) a
été utilisé pour l’évaluation de la performance de
l’IRM dans la détection de la taille du reliquat
tumoral.
Résultats
Quinze patientes ont été incluses dans cette étude avec
un âge moyen de 52.7 ans et les extrêmes de 32 et
81ans. La tranche d’âge la plus représentée est celle de
42 à 51ans. Le diagnostic histologique était obtenu par
micro biopsie percutané et a permis d’obtenir
initialement 12 cancers canalaires infiltrants (12CCI),
2 cancers canalaires infiltrants associés à du
carcinome canalaire in situ (2 CIS+1CCI) et 1 cancer
lobulaire infiltrant 1(CLI) (tableau I).
Tableau I: Principales caractéristiques tumorales lors du diagnostic et traitement
Cas
Age
(année)
Histologie
SBR
RH
HER2
KI67
1
59
CCI
III
-
+
60%
2
60
CCI
III
+
+
50%
3
81
CCI
II
+
-
40%
4
37
CCI
III
+
-
20%
5
51
CCI
II
+
-
30%
6
32
CCI
II
+
-
65%
7
51
CCI
II
+
-
60%
8
44
CCI
II
+
-
40%
9
52
CCI
III
+
-
50%
10
79
CCI+CIS
III
-
+
35%
11
78
CCI
III
+
+
10%
12
32
CCI+CIS
II
-
+
30%
13
46
CCI
III
-
+
50%
14
40
CLI
II
+
-
30%
15
48
CCI
III
+
-
25%
Nota bene : CCI : carcinome canalaire infiltrant ; CLI : carcinome lobulaire infiltrant ; CIS : carcinome in situ.
SBR : grade histopronostique de Scarff Bloom Richardson ; expression significative de HER2 : + ; RH+ :
expression des récepteurs hormonaux >25%.
Onze tumeurs avaient une expression significative de
l’anticorps monoclonal HER2. Après la
chimiothérapie première, l’IRM a détecté 11 reliquats
tumoraux contre 10 à l’histologie. La quasi-totalité des
reliquats tumoraux retrouvés à l’histologie ont été vus
à l’IRM, 9/10 soit 90%. Si l’on considère la présence
ou non du reliquat tumoral chez les 15 patientes
traitées , notre étude avait retrouvé 8vrais positifs
(8VP), 3 faux positifs (3FP) , un faux négatif (1FN) et
3 vrais négatifs (3VN). L’IRM avait une sensibilité
élevée (Se=88,8 %) dans la détection de la présence
du reliquat tumoral. Toute fois la spécificité était de
50% (tableau II).
Tableau II: Confrontation IRM/histologie exprimée
en sensibilité (Se), spécificité (Sp), valeur prédictive
positive (VPP), valeur prédictive négative (VPN)
Se (%)
Sp (%)
VPP (%)
VPN (%)
88,8
50
72,7
75
La réponse pathologique complète obtenue à l’IRM
était sensiblement égale à celle obtenue à l’histologie
(5/15 versus 6/15) (tableau III).
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Tableau III : Type de chirurgie par rapport aux
caractéristiques des tumeurs.
Caractéristiques
N
Chirurgie
radicale
Chirurgie
conservatrice
Nombre de tumeurs
initiales
Reliquats tumoraux en
IRM
15
7
8
Sous-estimation
8
5
3
Surestimation
2
1
1
Réponse pathologique
complète
4
0
4
Réponse partielle et échec
11
7
4
Histologie
Réponse pathologique
compète
6
2
4
Réponse pathologique
partielle et échec
9
5
4
Concernant la concordance en termes de taille entre
l’IRM et l’histologie le coefficient de corrélation était
de 0.73 si on prenait en compte tous les reliquats
tumoraux (tableau IV). Sur les 10 reliquats tumoraux
détectés à l’IRM, nous avons obtenu 8cas de sous-
estimation (80%) et 02 cas de surestimation (20%).
Un cas (cas 3) parmi les sous-estimations était plus
proche de la réalité histologique (13mm v 15mm), 5
cas présentaient une différence supérieure à 1 cm dont
un cas (cas 10) la différence de taille entre l’IRM
et l’histologie ne pouvait être mesurée, il
correspondait à un reliquat de 17mm à l’IRM
contrairement à l’histologie qui mettait en évidence
plusieurs reliquats fragmentés difficilement
mesurables. Les 02 cas de surestimation avaient une
différence de taille infra centimétrique entre l’IRM et
l’histologie. A la fin de la chimiothérapie
néoadjuvante, sur les 15 patientes présentant un
cancer du sein initialement inaccessible à une
chirurgie conservatrice, une conservation mammaire
avait pu être réalisée chez 08 patientes soit 53.3%.
Tableau IV: Confrontation entre l’IRM et l’histologie par rapport à la taille du reliquat
Cas
Taille
reliquat
IRM (mm)
(Taille du reliquat
histologique mm)
Concordance
IRM /histologie
Ecart de taille
IRM versus
histologie
1
12
8
Surestimation
4
3
13
15
Sous-estimation
2
5
40
63
Sous-estimation
23
7
17
24
Sous-estimation
7
8
12
6
Surestimation
6
10
17
Difficilement
mesurable
Sous-estimation
Impossible.
11
23
36
Sous-estimation
13
12
16
40
Sous-estimation.
24
13
6
Sous-estimation
6
14
8
20
Sous-estimation
12
Cette chirurgie conservatrice avait consisté à une
tumorectomie. Aucun cas de mastectomie de
rattrapage n’a été rapporté dans notre série. Toutes les
patientes ayant présenté une concordance entre l’IRM
et l’histologie en termes de réponse pathologique
complète (cas 4, cas 9 et cas 15) et le cas de fausse
positivité (cas 2) ont bénéficié d’une chirurgie
conservatrice. 4 cas de discordance de taille entre
l’IRM et l’histologie ont aussi subi une tumorectomie.
La sous-estimation de la taille du reliquat tumoral
(surtout supra centimétrique) à l’IRM et l’absence de
réponse pathologique complète étaient à l’origine de la
chirurgie radicale chez 7 patientes.
Discussion
Cette étude avait montré que l’IRM était performante
dans la détection de la présence du reliquat tumoral du
cancer du sein après chimiothérapie avec une
sensibilité de 88.88%. Nos résultats étaient proches
de ceux de Belli et al. en 2006 [9] qui avaient
rapporté une sensibilide 90.5%. Partridge et al. en
2002 [10] et Morvan et al. en 2010 [11] avaient
obtenu tous deux une sensibilité de 100%.
46
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Cette différence de sensibilité entre leurs travaux et les
nôtres pourrait s’expliquer par le fait qu’ils n’avaient
pas eu de fausse négativité dans leur série alors que
nous avons trouvé un cas de fausse gativité. Ce cas
de fausse négativité (cas 13) correspondait à un
reliquat carcinomateux de petite taille à l’histologie
post chimiothérapie (6mm). Dans la littérature les
petits reliquats tumoraux peuvent échapper à l’IRM
[12]. En termes de la détection de la taille du reliquat
tumoral, l’IRM mammaire avait permis une
évaluation satisfaisante du résidu tumoral post
chimiothérapie avec une corrélation significative de
73%. Les mêmes résultats avaient été obtenus par
d’autres auteurs [13,14] qui ont rapporté
respectivement 72% en 2004 et 71% en 2008 en
Angleterre. Une étude réalisée en Corée en 2011 [15]
avait noté une excellente corrélation supérieure à la
nôtre (90%). Cependant, si la concordance de taille
des reliquats tumoraux entre l’IRM et l’histologie
était bonne, il faut aussi souligner que sur les 10
reliquats tumoraux confirmés à l’histologie, l’IRM
avait sous-estimé la taille du reliquat tumoral 8 fois
sur 10 soit 80% et avait surestimé la taille du reliquat
2 fois sur 10 soit 20%. Cette tendance à sous-estimer
la taille des reliquats tumoraux était soulignée par
les travaux de Yeh et al. en 2005 aux Etats Unis [16]
sur une série de 31 patientes et les travaux de
Laurence venat en 2004 en France [17] sur 20
patientes. Nos résultants étaient différents de ceux de
Hyun et al en 2007 [18] en Corée du sud qui
trouvaient plutôt une tendance de l’IRM à surestimer
la taille des reliquats sur une série de 50 patientes.
Toutes fois ces deux auteurs (Yeh et al. et Hym et al.)
avaient noté une concordance quasi identique de la
taille du reliquat tumoral entre l’IRM et l’histologie
(71% pour le premier et 72% pour le second). Par
contre, Boates et al. en 1995 en France [19] n’avaient
pas rapporté de différence entre la taille du reliquat
tumoral en l’IRM et à l’histologie. A l’issue de la
chimiothérapie première, sur les 15 patientes retenues
pour l’étude, 8 patientes avaient bénéficié d’une
chirurgie conservatrice soit 53,3%, toutes tumeurs
confondues, identique à une étude réalisée en Italie en
2008 [20]. Arianne Darut-Jouve et al. en 1999 en
France [21] avaient plutôt rapporté un taux de
conservation inferieure à la nôtre à 40%. En dehors de
l’absence de réponse pathologique complète à l’IRM
et/ou l’histologie, la sous-estimation de la taille du
reliquat était à l’origine de la chirurgie radicale,
confirmée par les travaux de Morvan et al [11].
Conclusion
Cette étude a mis en exergue le rôle fondamental
qu’a joué l’IRM dans la prise en charge des cancers
du sein non métastatiques localement avancés ou
opérables d’emblée au prix d’une mastectomie et qui
étaient traités par chimiothérapie première. Elle a
permis d’augmenter la possibilité du traitement
chirurgical conservateur après réduction du volume
tumoral, ce qui constitue un espoir en matière de prise
en charge des cancers du sein mais cela doit être
confirmé par des études sur de plus grands effectifs.
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