ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
aussi le cancer le plus répandu de la femme au
Cameroun avec une fréquence de 48,12% [3]. En
République Centrafricaine les données sont peu
connues. La prise en charge du cancer du sein repose
fondamentalement sur le couple IRM-chimiothérapie
néo-adjuvante aujourd’hui. Cette attitude
thérapeutique donnerait la possibilité d’augmenter le
taux de conservation mammaire [4,5]. En effet, la
mastectomie constitue un évènement bouleversant
dans la vie d’une femme ; le sein, organe superficiel,
visible, représente la féminité, la maternité, la
sexualité et la beauté. Son ablation a des conséquences
plus ou moins importantes sur le reste de la vie d’une
femme et de ses relations au sein de son couple, de sa
famille et de son entourage. Ces conséquences sont
d’autant plus importantes que la femme est jeune.
Aujourd’hui, l’extension de la chimiothérapie néo-
adjuvante aux tumeurs volumineuses, nécessitant une
mastectomie d’emblée est un espoir en matière de
prise en charge des cancers du sein car elle permet de
réduire considérablement la taille de la tumeur initiale
augmentant ainsi les chances d’un traitement
conservateur [4,5]. Mais cette chimiothérapie devrait
avant tout s’appuyer sur l’IRM qui est la meilleure
modalité d’imagerie pour l’évaluation du reliquat
tumoral c’est-à-dire la présence et la taille du reliquat.
L’évaluation précise de la réponse tumorale après
chimiothérapie d’induction est fondamentale pour
guider le geste chirurgical [6,7]. Une surestimation ou
une sous-estimation du reliquat tumoral pourrait
conduire à une erreur thérapeutique avec des
conséquences graves, qu’il s’agisse d’une résection
large inutile voire une mastectomie ou de risque de
récidive en cas de minimisation de la résection du
reliquat. Cette étude a été menée au Centre
Hospitalier du Sud Francilien (CHSF) en France qui
était doté d’une IRM et avait pour but de montrer que
les performances de l’IRM dans la détection du
reliquat tumoral du cancer du sein pouvaient
contribuer à l’augmentation des chances de
conservation mammaire.
Patients et méthodes
Il s’agissait d’une étude transversale réalisée au
Centre Hospitalier du Sud Francilien (CHSF) en
France dans la période d’Août 2011 à Novembre 2012
(16mois). Elle a concerné toutes les patientes prises en
charge pour des cancers du sein invasifs non
métastatiques, inaccessibles ou difficilement
accessibles à une chirurgie conservatrice d’emblée.
Elles étaient traitées par chimiothérapie néo-
adjuvante en vue d’une éventuelle chirurgie
conservatrice. Une IRM a été réalisée avant, pendant
et après la chimiothérapie en vue d’évaluer le résidu
tumoral. Le protocole de chimiothérapie néo-
adjuvante en vigueur au CHSF associait 3 cures de
FEC 100 (5 Fluoro –uracile 500mg/mm,
Cyclophosphamide 500mg/mm, Epirubicine
100mg/mm) puis 3 cures de Docetaxel (taxotere,
100mg/mm) administrées toutes les 3 semaines. En
cas de surexpression du récepteur HER2, le
Trastuzumad (Herceptin) était introduit en association
avec le docetaxel (Taxotère) lors des 3 derniers cycles
de chimiothérapie néo-adjuvante et poursuivi pendant
1 an après le traitement chirurgical. Suivant la réponse
au traitement d’induction, le traitement chirurgical
consistait en une tumorectomie ou une mammectomie
associée à un curage ganglionnaire axillaire. Notre
étude s'est intéressée exclusivement à la tumeur
mammaire primitive en excluant les adénopathies
axillaires qui devaient faire l’objet d’une autre étude.
L'appareil utilisé pour la réalisation des examens était
une IRM TOSHIBA de 1,5Tesla avec antennes
dédiées, mise en service en 2006. Une première IRM
mammaire a été réalisée avant la chimiothérapie néo-
adjuvante, une deuxième IRM a été réalisée après 3
cures de chimiothérapie (IRM post taxane) et la
dernière en fin de traitement (IRM post antracycline).
Après les séquences de repérage dans les plans axial,
sagittal et coronal, le protocole suivant a été réalisé :
Séquence anatomique Spin Echo en pondération T1
(TR/TE=700/10ms, angle de bascule =90°,
matrice=320x240, nombre d’excitation =1, épaisseur
de coupe=3mm, temps d’acquisition=3mn,) ; séquence
anatomique T2FATSAT (TR/TE=8100 /90ms, angle
de bascule=90°, matrice=320x240, nombre
d’excitation =1, épaisseur de coupe=3mm, temps
d’acquisition=2mn30s) ; séquence de diffusion (pour
certaines patientes) T1=6900, épaisseur 7mm, temps
d’acquisition=2,05ms, nombre d’excitation = 2, angle
de bascule = 90°, matrice = 104X112. Séquences
dynamiques en T1 écho de gradient avec saturation de
la graisse et injection dynamique de chélates de
gadolinium (0,2ml/kg) poussés par du sérum
physiologique (TR/TE=11/5,5ms, angle de
bascule=12°, matrice =256x240, nombre
d’excitation=1, épaisseur de coupe =3mm, temps
d’acquisition =1,09mn). Toutes les IRM mammaires
ont été lues de façon conjointe par deux Radiologues
experts (un Radiologue sénior et un junior) en
Imagerie mammaire sur console Vitréa et console
dédiée "Cadstream.». La première étape consistait à
déterminer le type d’anomalie sur les séquences
anatomiques. Devant une masse, on décrivait son
signal, sa forme, ses contours, on mesurait son plus
grand axe selon les critères de RECIST (Response
Evaluation Criteria In Solid Tumor). La deuxième
étape était l’étude du rehaussement interne
(homogène, hétérogène), de l’intensité de ce
rehaussement sur les différentes séries. La troisième
étape étudiait la courbe de rehaussement : progressif
(type 1), en plateau (type 2) avec lavage ou wash-out
(type 3). La mesure de la taille du reliquat tumoral
était effectuée dans les 3 plans de l’espace, aux temps
précoces ou tardifs, en fonction de la meilleure
visibilité de l’image. Seule la plus grande dimension
du reliquat était retenue. Devant un rehaussement
sans masse, il fallait préciser la forme du
rehaussement et le type de rehaussement.