ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Evaluation du risque d’accidents d’exposition au sang (AES) chez le personnel de
santé en Bangui
Evaluation of the risk of blood exposure accidents among health personnel in Bangui
HD Mossoro-Kpindé
1
, CD Mossoro-Kpindé
2
, EC Gaunefet
3
, AMC Sépou-Yanza
4
, E Gbangba-Ngai
5
, CG
Kamalo
6
, B Fayomi
7
, A Le Faou
8
.
1
Médecin du Travail, Complexe Pédiatrique de Bangui, République Centrafricaine ;
2
Médecin Biologiste, Laboratoire National de Biologie Clinique et de Santé Publique, Bangui, République
Centrafricaine ;
3
Gynécologue-Obstétricienne à l’Hôpital Communautaire de Bangui ;
4
Pédiatre, Bureau de la représentation de l’Organisation Mondiale de la Santé ;
5
Médecin Infectiologue, Service de Santé des Armée, Bangui, République Centrafricaine ;
6
Médecin Epidémiologiste, CORDAID, Bangui ; République Centrafricaine ;
7
Médecin de santé et sécurité au travail, Université de Parakou, Bénin ;
8
Médecin Virologiste, Professeur de Virologie, Université de Nancy, France.
Auteur correspondant : Hermione Dahlia MOSSORO-KPINDE, Médecin de santé et sécurité au travail,
Complexe Pédiatrique de Bangui E-mail : dahlia_m2003@yahoo.fr
Reçu le 10 janvier 2016, accepté le 13 avril 2016
Résumé
Objectif : évaluer le risque d’AES à Bangui en vue
de proposer des axes de prévention.
Patients et méthodes : C’est une étude transversale
qui s’adressait aux personnels de soins et de
laboratoire, dans les formations sanitaire de Bangui.
A chaque agent de santé consentant, un questionnaire
anonyme était remis. Il comprenait des informations
concernant les caractéristiques socioprofessionnelles,
le statut sérologique pour le VIH, le VHB et le VHC ;
la vaccination contre l’hépatite B, les circonstances de
survenue des AES ainsi que leur prise en charge. Les
données ont été saisies et analysées sous le logiciel
Epi info 3.5.5. Le test du Chi-2 a été utilisé pour la
comparaison des proportions pour les variables
catégorielles, avec un seuil de significativité de 5%.
Résultats : Parmi 300 personnes incluses dans l’étude,
28(9,3%) étaient vaccinées contre l’hépatite B et 36%
ont déjà fait un dépistage VIH. Cent soixante deux
personnes (54,0%) ont été victimes d’AES. La nature
de l’exposition la plus représentée était la piqûre
(68,0%). Aucune des victimes d’AES ne connaissait
son statut sérologique pour le virus de l’hépatite C.
Trois pour cent des victimes d’AES étaient vaccinés
contre l’hépatite B. Les AES étaient déclarés dans 3%
des cas. Les infirmiers étaient les plus sujets aux AES.
Une procédure de gestion d’AES existait dans une
seule structure de soins.
Conclusion : Il est urgent et d’élaborer un plan
national de gestion des AES en vue de prévenir la
séroconversion professionnelle.
Mots clés : AES, VIH, VHB, VHC, établissements de
Soins, laboratoire.
Abstract
Objective: To assess the risk of blood exposure
accidents (BEA) in Bangui in order to provide
prevention axes.
Patients and methods: It is a cross-sectional study
intended for personal care and laboratory training in
health Bangui. Each consenting health worker filled
an anonymous questionnaire that included information
on socio-professional characteristics, the status for
HIV, HBV and HCV, the vaccination against hepatitis
B, the circumstances of the occurrence of the blood
exposure accidents and their management. Data were
captured and analyzed in Epi Info 3.5.5 software. The
Chi-2 test was used for the comparison of proportions
for categorical variables, with 5% as a significance
level.
Results: Studied population was three hundred
including 9.3% vaccinated people against hepatitis B,
and 36% have an HIV screening. One hundred sixty
two (162) were victims of BEA. The needle shot
(68%) was often implicated in the BEA. None of the
BEA victims did not know his Hepatitis C Virus
status. Three percent of victims of BEA were
vaccinated against hepatitis B. Over all, 3% of cases
were BEA. Nurses were the most susceptible to BEA.
A BEA management procedure existed in only one
care structure.
Conclusion: It is urgent to develop a national BEA
management plan in order to prevent occupational
seroconversion.
Keywords: BEA, HIV, HBV, HCV, care facilities,
laboratory.
16
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Introduction
Un Accident d’Exposition au Sang (AES) correspond
à tout contact accidentel avec du sang ou un liquide
biologique contaminé par du sang ou potentiellement
contaminant, survenant par effraction cutanée ou par
projection sur une muqueuse ou une peau lésée.
Certains liquides biologiques non sanglants peuvent
contenir des agents infectieux et donc nérer un
risque de transmission en cas d’exposition [1]. Les
AES ont été identifiés comme un risque mesurable et
évitable concernant les professionnels de soins [2]. De
nombreux agents infectieux peuvent être transmis au
cours d’un AES [3-5], mais la prévention concerne
particulièrement le Virus de l’immunodéficience
humaine (VIH) et les virus des hépatites B et C (VHB
et VHC) [6,7]. D’ailleurs la surveillance des
contaminations professionnelles par ces 3 virus chez le
personnel de santé est complémentaire à celle dues
aux AES [8]. L’avènement de l’infection à VIH est
suivi d’une grande prise de conscience des AES avec
l’élaboration des réglementations les concernant.
Celles-ci indiquent les principes applicables à la
prévention, à la prise en charge et au suivi des AES
[6,9,10]. Elles relèvent aussi que le Médecin de travail
a un rôle central à jouer dans la prévention et la prise
en charge des AES [11] et que les contaminations
surviennent surtout lors des prélèvements veineux
[8,12,13]. Le facteur de risque est l’utilisation
d’aiguilles de gros calibre en intravasculaire [14,15].
La mise en place d’un système de surveillance est
donc indispensable dans le déclenchement d’actions
de prévention [16]. En République Centrafricaine, la
séroprévalence de l’infection à VIH, des hépatites B et
C, qui sont des maladies cibles de la prévention des
AES sont respectivement de 4,9% [17], 11,6% et 0,6%
[18]. Pour l’infection à VIH, la RCA fait partie des
pays les plus touchés dans la sous-région [19,20] ;
mais contrairement aux autres pays [9,21-24] aucun
référentiel n’a été élaboré sur les risques biologiques
notamment les AES bien que le risque semble
augmenter. En effet, avec l’accès universel au
traitement antirétroviral subventionné par le fond
mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le
paludisme, les soins aux personnes vivant avec le VIH
ont connu une flambée. Ainsi, la clientèle de la
majorité des Médecins est constituée quasi
exclusivement des malades du VIH. Les accidents
d’exposition au sang constituent l’un des risques
auxquels sont exposés les professionnels de santé dans
l’exercice de leur profession. Ils ont été identifiés
comme un risque mesurable et évitable concernant les
professionnels de soins [2]. De nombreuses études
leurs sont consacrées dans le monde depuis
l’avènement de l’infection à VIH pour identifier les
facteurs favorisants et organiser la prévention. Mais si
la pandémie est suivie d’une grande prise de
conscience des AES avec l’élaboration des
réglementations les concernant [3], il n’en est pas de
même en République Centrafricaine. Malgré les
prévalences élevées de l’infection à VIH et de
l’hépatite B, 2 des 3 risques majeurs des AES [6,7],
aucune étude n’est encore réalisée à ce sujet et la
prévention est quasi-inexistante. L’objectif de cette
étude était d’évaluer le risque d’AES, au moment
l’accès universel au traitement antirétroviral entraine
un débordement des services et des personnels de
santé. Cette étude devrait permettre d’identifier les
circonstances de survenue et les facteurs favorisants
en vue de proposer des axes de prévention.
Patients et méthodes
C’est une étude transversale qui s’est déroulée dans
les formations sanitaires de Bangui, République
Centrafricaine du 1
er
avril au 30 juin 2012. Elle a
concerné les personnels de soins et de laboratoire de
toute catégorie. Les personnels de santé enquêtés ont
été rencontrés sur leur lieu de travail. L’étude s’est
déroulée dans 4 formations sanitaires dont 2
laboratoires indépendants des hôpitaux. L’une des
structures appartient au secteur privé. Dans chaque
service retenu pour l’étude, une réunion d’information
et de sensibilisation sur l’organisation de cette étude.
a été organisée. A l’issue de cette réunion, la fiche de
consentement était distribuée à chaque agent de santé
qui a donné son consentement. Les données ont été
collectées sur un questionnaire anonyme et comprenait
des informations concernant les caractéristiques
socioprofessionnelles, le statut sérologique pour le
VIH, le VHB et le VHC ; la vaccination contre
l’hépatite B, les circonstances de survenue des AES et
les caractéristiques et la prise en charge des AES.
Toutes les catégories de personnel de santé exerçant
dans les différentes spécialités médicales et
paramédicale ainsi que des scientifiques ont été
incluses. Les données ont été saisies et analysées sous
le logiciel Epi info (Organisation mondiale de la
Santé, Genève et Center for Diseases Control and
Prévention, Atlanta). Le test du Chi-2 a été utilisé pour
la comparaison des proportions pour les variables
catégorielles.
Résultats
Nous avons inclus 300 personnes travaillant dans
toutes les spécialités médicales (Médecine, Pédiatrie,
Chirurgie, Gynécologie - obstétrique, Laboratoire),
ainsi que le personnel d’entretien. Les catégories
socioprofessionnelles sont présentées dans le tableau I.
L’âge moyen des agents de santé était de 38,3 ans
9,5 ans) avec des extrêmes variant entre 22 et 60 ans.
Les femmes étaient les plus représentées (54,7%). Le
sex-ratio était de 0,83. Vingt-huit personnes (9,3%)
étaient vaccinées contre l’hépatite B et 36% avaient
déjà fait un dépistage VIH dont 7,3% dataient de
moins de trois mois. Cent soixante-deux personnes
(54,0%) ont été victimes d’AES, les circonstances sont
résumées sur la figure 1.
17
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Tableau I : Catégories socioprofessionnelles des
sujets de l’étude.
Catégories professionnelles
n
%
Médecins/Scientifiques/Chercheurs
31
10,3%
Techniciens Supérieurs de Laboratoire
74
24,7%
Infirmiers (ères)
88
29,3%
Sages-Femmes
79
26,3%
Anesthésistes
13
4,3%
Personnels d'entretien
15
5,0%
Total
300
100,0%
La comparaison des proportions des infirmiers
victimes d’AES avec les autres professions est
présentée dans le tableau II.
Tableau II. Comparaison des infirmiers et non infirmiers
pour la déclaration : effectif théoriques.
Professions
Victime d’AES
Oui
Non
Infirmiers
29
19
Autres
46
68
Total
75
87
Les piqûres par une aiguille constituaient le principal
mécanisme de survenue des AES (68,0%). Les
accidents percutanés (piqûre et coupure réunies)
constituaient 88,0%. Les activités de soins (59%)
étaient les plus concernées par les AES.
Aucune des victimes d’AES ne connaissait son statut
sérologique pour l’hépatite C. Les AES étaient
déclarés dans les 2 jours qui suivent dans 3% des cas
(figure 1). Trois pour cent des victimes d’AES étaient
vaccinés contre l’hépatite B. Les infirmiers sont la
catégorie professionnelle qui compte le plus grand
nombre de personnes victimes d’AES. Le dépistage
post AES concerne surtout le VIH (Tableau III).
Tableau III. Caractéristiques des affections dépistées et
leur prise en charge (N = 47).
Caractéristiques
%
Dépistage post AES de la victime
VIH
100,0%
VHB
31,0%
VHC
2,1%
Statut sérologique de la source*
VIH
25,0%
VHB
0,0%
VHC
0,0%
Prophylaxie post AES
Victimes traitées
20,0%
Victimes non traitées
80%
* Statut sérologique du patient source connu d’avance ou
dépistage suite à l’AES.
Une procédure de gestion d’AES existe dans une seule
structure parmi les 4 s’est déroulée l’étude et
70,0% des personnes enquêtées dans ce centre
n’étaient pas au courant de cette procédure.
* 90% des déclarations d’AES dans les 2 premiers jours ont été faites par les médecins.
Figure 1. Circonstances de survenue des AES (N = 162)
18
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
Discussion
La prévalence des AES dans notre étude était de
54,0%. Cette fréquence est légèrement supérieure à
celles des études réalisées en Afrique de l’ouest qui
varient de 39,7% à est de 45,7% [25,26]. La
prévalence élevée dans notre étude (54,0%),
supérieure à celles des autres pays africains montre
l’importance du problème que constituent les AES et
souligne l’absence de la réglementation et de la
communication concernant les AES en Centrafrique.
En effet, en RCA, seuls les médecins formés à la
prescription d’antirétroviraux néficient d’une
sensibilisation contre les AES. Cela explique
pourquoi seulement 3% des victimes ont déclaré leur
accident dans les 2 jours qui suivent l’accident.
Pourtant la prévalence en RCA de chacun des 3 virus
ciblés dans la prévention des AES devrait inciter à une
grande prise de conscience de ce phénomène. Cette
étude qui s’est déroulée en un jour, sur la base du
volontariat n’a pas pris en compte les absents et les
personnes non consentantes. La prévalence des AES
seraient donc sous estimées comme dans les pays
tous les aspects relatifs aux AES sont bien codifiés par
une réglementation rigoureuse. Trois pourcent des
victimes et 9,3% de l’échantillon étaient vaccinés
contre l’hépatite B. Cette proportion est trop faible
pour un pays à forte endémicité d’hépatite B. Si
certains auteurs estiment que le risque VHB devrait
être nul à cause de la vaccination [7], ce n’est pas
encore le cas en RCA. Le risque VHB reste élevé pour
tout adulte centrafricain, particulièrement le personnel
de santé. Cela s’explique par le fait que le vaccin
contre l’HVB est d’introduction récente dans la liste
des vaccins du programme Elargi de Vaccination
(PEV) et ne concerne que les enfants de 6 semaines à
5 ans. Les adultes ne sont pas concernés et chez le
personnel de santé il n’y a pas de campagne de
sensibilisation ni de vaccination contre l’HVB.
Trois pourcents des AES étaient déclarés dans les 2
jours et 35,7% au-delà de 2 jours (figure 1). D’autres
séries aussi ont noté cette sous déclaration des AES
[26-28]. Notre pays ne dispose pas encore d’un
système national de déclaration des AES qui
permettrait de le confronter aux déclarations obtenues
par l’interrogatoire de cette étude contrairement à ce
que font les pays qui ont une expérience dans la lutte
contre les AES [28]. Dans notre série, seuls les
médecins (90%) déclarent leur AES dans les 2 jours
qui suivent ; pourtant l’efficacité de la prophylaxie
post AES dépend de la précocité de sa mise en route et
partant de la précocité de la déclaration de l’AES.
Cette différence s’explique par le fait que depuis la
subvention de la prise en charge des malades du SIDA
par le fond mondial, tous les médecins passent par un
séminaire de formation à la prise en charge des
malades du SIDA avant la fin de leur étude. Ils sont
régulièrement conviés à cette formation par la suite ;
ce qui n’est pas le cas pour les autres catégories
socioprofessionnelles. Les médecins sont donc mieux
informés, mieux préparés à déclarer tôt leur AES que
les paramédicaux. Un recyclage concernant le risque,
la prévention et la prise en charge des AES destiné à
toutes les catégories de personnel de santé doit être
mis en place pour permettre à tous de réagir
efficacement contre les AES et particulièrement les
déclarer à temps pour une meilleure prise en charge.
Dans notre étude, les infirmiers étaient plus concernés
par les AES que les autres professionnels de santé.
Nos résultats corroborent les données d’autres études
multicentriques menées en Afrique de l’ouest
(Abidjan, Bamako, Dakar) [25,26]. Ces résultats
démontrent que les infirmiers constituent les groupes
socioprofessionnels les plus vulnérables. Dans notre
étude, les infirmiers sont les plus touchés par les AES,
d’autres études ont montré que les infirmiers et
surtout ceux qui travaillent en réanimation et en soins
intensifs étaient les plus atteints [29,30] Cette forte
vulnérabilité des infirmiers serait liée à leur proximité
des malades et aux fréquences élevées des soins qu’ils
leurs prodiguent. Soixante huit pourcent des accidents
étaient dus à des piqûres. Ce phénomène a été rapporté
par de nombreux auteurs [26,29,31]. Ce résultat a
conduit à de nombreuses autres études pour mieux
connaitre le risque et proposer des axes de prévention
appropriés [4,28,32-34]. La piqûre comme mécanisme
ou l’aiguille comme agent vulnérant des AES
occupent le premier rang dans les circonstances de
survenue des AES. Cette forte fréquence de la piqûre
s’expliquerait par le fait que dans les formations
sanitaires de la RCA, le collecteur d’objets piquants
ou tranchants est quasi inexistant. Même dans les
structures sanitaires ils sont disponibles, le
personnel n’en fait pas un bon usage faute de
formation et continuent à capuchonner
systématiquement les aiguilles après usage ce geste
dangereux est portant prohibé Les déchets à risque
infectieux ne sont pas triés, les collecteurs se
remplissent très rapidement et ne sont pas remplacés.
En ce qui concerne la prise en charge des AES
déclarés, toutes les victimes (100%) ont été dépistées
pour le VIH contre 31% et 2,% respectivement pour le
VHB et le VHC. Ces résultats montrent qu’en cas
d’AES, la prise en charge vise surtout la prévention de
la contamination par le VIH. Les virus de hépatites B
et C ne sont pas tellement concernés et
particulièrement le VHC. Pourtant, la gestion des AES
a pour finalité la prévention de la transmission de ces
3 virus [6,8]. Même la séroconversion post AES pour
le VIH est la plus connu, celle concernant le VHB et
VHC qui sont des virus dont le risque de transmission
est plus élevé, ne doit pas être sous-estimée [7]. Le
VHB en plus de sa forte transmissibilité est le plus
prévalent de ces 3 virus. Le statut sérologique des
patients source connue uniquement pour le VIH
confirme bien cette tendance. La méconnaissance de 2
des 3 virus ciblés dans les AES peut être due à
l’absence de procédure de gestion des AES dans les
structures sanitaires enquêtées, d’autant plus que
parmi les 4 centres visités, un seul dispose de cette
procédure, qui de surcroit n’était pas pleinement
19
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL. 2, N°001 / Juin 2016 -
utilisée et n’était connue que de 30,0% du personnel.
Chaque service dans les formations sanitaires devrait
disposer d’une procédure de prévention et de gestion
des AES largement diffusée à toutes les catégories de
personnel y travaillant pour être appliquée dès que le
besoin se présente. La formation, la sensibilisation sur
les AES et la vaccination contre le VHB, la mise à
disposition des services des dispositifs de sécurité, et
la réalisation des études sur les AES sont des activités
à mener de façon soutenue pour espérer une
diminution significatives des AES [ 28,32,35].
Conclusion
Cette étude, menée dans des centres de référence de la
capitale, a permis d’apprécier les circonstances de
survenue et de prise en charge des AES. Elle indique
que la contamination professionnelle serait importante
et souligne le besoin d’une étude plus étendue pour
connaitre la réalité de cette situation. Il y a donc une
nécessité de la mise en place d’un programme national
de prévention et de gestion des AES, et de formation
continue des agents de santé du pays sur ce thème.
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